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La France au secours des entreprises

2 mars 2006, 00:00

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Le gouvernement est prêt à mobiliser, à titre provisionnel, une enveloppe de 60 millions d?euros afin de compenser les pertes d?exploitation subies par les entreprises affectées par l?épidémie de chikungunya. Deux fonds vont être activés : le premier concerne les petites structures de commerce, d?artisanat et de service, le second les autres secteurs de l?économie touchés par la crise.

?L?État fera face à toutes ses responsabilités?. Cette petite phrase prononcée par Dominique de Villepin dès son arrivée à la Réunion trouve une traduction sur le plan économique. En marge du renforcement du dispositif sanitaire, le Premier ministre a annoncé dimanche que ?le gouvernement prendra sa part à l?effort nécessaire pour soutenir l?économie réunionnaise?, et qu?il compensera les pertes d?exploitation subies par les entreprises dont l?activité est directement affectée par la crise. Matignon serait prêt à mobiliser une enveloppe de 60 millions d?euros, un acompte qui pourra être révisé à la hausse en fonction des besoins.

Pour aider les petites et moyennes entrepri-ses, l?État activera deux outils utilisés souvent en cas de catastrophe naturelle. Le premier dispositif existe déjà : le Fonds d?intervention pour le soutien à l?artisanat et au commerce. L?abondement de cette ligne de crédit permettra aux petites structures artisanales et commerciales éligibles à ce mécanisme de bénéficier de subventions publiques.

Le second dispositif concerne tous les autres secteurs de l?économie (tourisme, agriculture, bâtiment...) touchés par l?épidémie. L?État s?apprête à créer un fonds de secours exceptionnel dans lequel pourront puiser les entreprises confrontées à une perte sèche de chiffre d?affaires.

<B>?Que les besoins soient pris en compte?</B>

Dominique de Villepin n?a pas précisé dimanche la répartition de ces moyens. Ceux-ci seront en fait arrêtés par le préfet, la Région et le Département en fonction des spécificités de chaque secteur. À ces efforts financiers réclamés par l?ensemble des acteurs économiques depuis plusieurs semaines et censés répondre immédiatement à leurs difficultés s?ajouteront des mesures structurelles.

Inscrivant son action dans la durée, le Premier ministre souhaite?préparer l?avenir? et ?mettre en ?uvre de nouveaux moyens pour renforcer les politiques prioritaires?. Celles-ci concernent le logement, les infrastructures et les équipements collectifs, entre autres.

Le chef de file du gouvernement a promis de concrétiser ces engagements très rapidement. D?abord à l?occasion de la signature du prochain contrat de plan entre l?État et les collectivités locales, puis au moment de la renégociation du nouveau programme de fonds européens, une échéance attendue avec une certaine fébrilité par le tissu économique local. ?La Réunion perçoit le plus de fonds de l?Union européenne. (...) Je veillerai personnellement aux arbitrages qui seront rendus cette année sur ces budgets afin que les besoins de l?île soient pris en compte?, a souligné Dominique de Villepin.

<B>Florent Corée et Séverine Dargent

Clicanoo.com</B>

<B>?La mobilisation a été payante !?</B>

Elle demandait une ?première enveloppe immédiatement disponible de 50 millions d?euros pour le secteur touristique?. Jocelyne Lauret, la présidente du comité du tourisme de la Réunion (CTR), se disait, dimanche, dans l?expectative, malgré l?annonce par le Premier ministre, dans la matinée, du déblocage d?une enveloppe, à titre provisionnel, de 60 millions d?euros, pour l?ensemble du secteur économique.Nous prenons acte des propos du Premier ministre, Domi-nique de Villepin, en considérant que nous avons enfin une annonce, affirme Jocelyne Lauret. La mobilisation des acteurs locaux, publics et privés, a été payante. Après cette déclaration d?un montant provisionnel, les réponses doivent être à la mesure des demandes. Le secteur touristique représente 360 millions d?euros de recettes à l?export, par an, dans l?économie réunionnaise, rappelle Jocelyne Lauret. Au-delà de ce chiffre, le secteur impacte très fortement toutes les autres activités. Concernant le fonds de secours annoncé, poursuit-elle, nous attendons les modalités de mise en ?uvre, les clés de répartition entre les différents secteurs et les délais de versement de subventions.

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