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L?opinion mondiale a le sentiment d?un risque terroriste

2 mars 2006, 00:00

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L?intervention militaire américano-britannique en Irak a-t-elle augmenté la menace terroriste dans le monde ? Pour la majorité de la population de 33 pays, la réponse à cette question est ?oui?. Tel est le principal résultat d?une enquête menée par la BBC à travers 35 pays dans le monde. Seules les opinions nigérianes et mexicaines perçoivent majoritairement, depuis, une diminution de ce risque. Dans les autres pays où le sondage a été effectué, 60 % de la population considère que l?invasion de l?Irak a augmenté la menace terroriste, contre 12 % qui pense l?inverse, et 15 % pour qui cela n?a rien changé

Les pays où les avis sont les plus tranchés sont la Chine, où 85 % des personnes interrogées pensent que la menace est plus importante aujourd?hui, la Corée du Sud (84 %) et l?Egypte (83 %). Dans certains pays européens, on atteint des proportions du même ordre : 81 % en Italie, 80 % en Allemagne, 79 % en Espagne.

Chez les principaux pays concernés, le sentiment d?une menace accrue est aussi vivace : en Grande-Bretagne, 77 % des personnes interrogées partagent cet avis, ainsi que 75 % des Irakiens et 55 % des Américains. En France, 67 % pensent que la menace terroriste a augmenté, contre 27 % qui pensent le contraire.

Sur la question des suites à donner à l?intervention en Irak, une majorité se dégage dans 20 pays ? dont la France ? en faveur du retrait des troupes étrangères d?Irak dans les prochains mois, contre 9 pays où la majorité se prononce pour l?option inverse. Les scores s?inversent néanmoins quasi symétriquement si le maintien d?une présence des troupes étrangères devait relever d?une demande du gouvernement irakien. Dans ce cas de figure, il ne resterait que 11 pays dans lesquels une majorité de la population serait favorable au départ des troupes.

Les Irakiens sont, eux, très partagés : 49 % sont favorables au maintien des troupes étrangères dans leur pays, autant estiment qu?elles doivent partir au plus tôt. Le sondage montre aussi que 56 % des Britanniques et 58 % des Américains sont pour le maintien de leurs troupes en Irak. En France, 34 % des personnes interrogées sont pour le maintien des troupes jusqu?à la stabilisation du pays, 56 % pour leur départ immédiat.

Enfin, l?un des résultats les plus surprenants concerne la question de la destitution du président irakien Saddam Hussein. Dans presque deux tiers des pays où l?enquête a été menée (21), une majorité des personnes interrogées a estimé qu?il s?agissait d?une erreur : en Europe, c?est notamment le cas en Espagne (65 %), en Allemagne (61 %), et même en France (50 % contre 32 % qui y ont vu une action bénéfique). Il ne se trouve que 11 pays où une majorité juge bénéfique la destitution de l?ancien dictateur, et en premier lieu l?Irak (74 %), mais aussi les Etats-Unis (60 %) et la Grande-Bretagne (49 %).

SÉQUELLES

<B>Près de 20 % des soldats de retour d?Irak souffrent de troubles psychologiques</B>

■ Un tiers des soldats américains de retour d?Irak ont eu besoin d?au moins une consultation avec des services de santé mentale et 19,1 % d?entre eux ont été diagnostiqués avec des troubles psychologiques, selon une étude publiée aux Etats-Unis.

Ils étaient 11,3 % parmi les soldats de retour d?Afghanistan et 8,5 % pour ceux ayant été déployés dans d?autres zones, selon cette recherche publiée dans le Journal of the American Medical Association du 1er mars. Cette enquête a porté, un an après leur retour, sur 303 905 soldats, dont 222 620 revenaient d?Irak, 16 318 d?Afghanistan et 64 967 d?autres zones comme le Kosovo ou la Bosnie. Peu après le début de la guerre en Irak en 2003, le Pentagone a imposé aux militaires revenant des zones de combat de répondre à un questionnaire pour évaluer leur état psychologique et décider d?une éventuelle aide médicale pour ceux qui en auraient besoin, minimisant ainsi les problèmes mentaux sur le long terme.

Pour les conflits précédents, les traumatismes du combat subis par les soldats n?étaient étudiés que plusieurs années plus tard, a expliqué le docteur Charles Hoge, de l?Institut Walter-Reed de recherche de l?armée de terre, à Silver Spring (Maryland). Ce médecin, qui a conduit l?enquête, a précisé : ?Pour cette guerre, nous avons une approche différente.? ?Notre espoir est que nous aurons un taux moins élevé de traumatismes mentaux résultant des combats que dans les guerres précédentes?, a encore souligné le docteur Hoge.

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