Publicité

Un prix international pour ?L?argile et la flamme?

28 février 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nous assisterons cette semaine (en 2006) à un nouvel effort de mettre à l?honneur le cinéma mauricien produit par des Mauriciens pour, entre autres, des Mauriciens. Le cinéma Star du Caudan programme, en effet, de nouvelles représentations publiques des Moussons intimes, le film gandhien d?Alain Gordon-Gentil, et de Bizanvil, le court métrage de David Constantin, résumant tous les charmes du transport par autobus à Maurice (voir « l?express » de dimanche).

Il y a 25 ans, un de leurs précurseurs les plus habiles et talentueux, Harrikrishna Anenden, décrochait le 1er Prix du Concours international du Court-Métrage, organisé par l?Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT), grâce à son ?uvre inoubliable, L?argile et la flamme. La presse de l?époque parle de première dans l?histoire du cinéma mauricien. Le mérite d?Anenden est d?autant plus grand que ce concours a confronté des cinéastes, amateurs et professionnels, occasionnels ou à plein temps, de 32 pays.

Le film dure 18 minutes. Dix-huit minutes d?émerveillement. Il décrit si bien le travail quotidien d?un potier, connu de tous, puisqu?il s?agit de celui du village d?Arsenal. Les images d?une beauté saisissante s?appuient sur un texte d?une grande qualité littérataire puisqu?il est signé par Ananda Devi Nirsimloo-Anenden. Georgie Espitalier-Noël, the Voice of Mauritius, prête sa voix grave et convaincante au succès de l?entreprise. Les 18 minutes passent aussi vite qu?un enchantement. Le spectateur reste sur sa faim, ce qui vaut toujours mieux que l?effet de saturation.

C?est la première ?uvre cinématographique d?Anenden. Le budget disponible étant des plus modestes, il a dû tout faire lui-même, le tournage comme le montage. Le tout en trois semaines pour respecter les délais impartis. Un possible record.

Le réalisateur occupe le poste de ?Broadcasting Coordinator? de la section cinéma-photographique du Collège des Ondes que dirige alors un autre cinéaste talentueux et confirmé, Kenneth Noyau.

Harrikrishna Anenden étudie à Londres de 1970 à 1973. Il se spécialise dans la photographie scientifique et médicale. Le prix qui couronne cet essai, se transformant à coup sûr en coup de maître, est l?aboutissement de nombreuses années d?efforts. Il achète son premier appareil photographique à 12 ans. A la fin de ses études secondaires, il prend de l?emploi au Studio Mimosa. Cela lui donne l?occasion de faire des stages chez Agfa à Londres à Nairobi.

De 1970 à 1973, il étudie au Collège Polytechnique de Londres. A son retour à Maurice, il prend de l?emploi à l?Université de Maurice qui lui confie son département audiovisuel. En 1976, il se rend de nouveau en Angleterre pour des études plus poussées sur le cinéma (technique de réalisation mais aussi critique des films). Il en profite pour suivre des cours à la London Film School et à l?Université de cette ville. A son retour, en 1979, il adhère à l?équipe du Collège des Ondes. Outre La flamme et l?argile, cet organisme compte à son actif d?autres réalisations du même carat, comme La charrette, L?habitat. Il a en chantier un documentaire sur Trou d?Eau Douce et un autre sur la canne à sucre. A la demande, il réalise des films promotionnels touristiques.

La flamme et l?argile est la célébration, la fête, de la main agile, sachant apprivoiser et maîtriser l?argile, pour lui faire épouser toutes les formes imaginables. Elles sont, comme le dit si bien Ananda Devi, ?de véritables magiciennes?. Elles savent exécuter de véritables ballets inédits sur des musiques intérieures qu?elles sont les seules à pouvoir entendre, pour y trouver le rythme créateur, la grâce esthétique. A ses ordres, l?argile ?se creuse ou s?évase?. Des veines se créent. Des bords s?affinent. Des courbes se définissent. La lampe devient prolongement naturel de la main pour devenir prière de luange et de gratitude, pour toutes les merveilles qui nous entourent. La lampe-création permet à la main créatrice de devenir lumière. Lumière pour soi comme pour le monde car qui s?éclaire illumine le monde.

Restons dans le domaine de l?image, mobile ou statique, pour parler de l?ouverture de Colorshop-Labo 24, le laboratoire de traitement des films Fujicolor. Il est situé à la route des Casernes, aux côtés du Forum du commissaire priseur Eric Cassette, avant qu?il ne s?installe aux Salines, les Cassis. Pourquoi ?labo 24? simplement parce que le développement et l?impression des films couleurs se font en 24 heures, sinon moins dans des cas spéciaux.

Aux commandes, Bertrand Chasteau de Balyon qui cumule ses fonctions à celles de Sales Manager du Rogers Commercial Centre voisin à la rue Edith-Cavell. Il a eu l?occasion de s?initier en Europe comme en Extrême-Orient à ce qu?il y a de plus sophistiqué en matière de matériel et d?équipements photographiques. Il est aidé dans sa tâche par M. Raymond Montocchio, lui-même, un de nos meilleurs photographes. C?est Tim Taylor, alors en mission au Japon, qui négocie la représentation exclusive à Maurice de la marque Fuji. Comme celle-ci a déjà un concessionnaire à Maurice, il faut attendre 1978 et la fin de ce contrat pour que Rogers devienne le représentant attitré de Fuji à Maurice. La compétition entre la boîte verte (Fuji) et sa principale concurrente, la boîte jaune (Kodak) ne fait que commencer.

Publicité