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Plus que cinq usines sucrières en opération
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Plus que cinq usines sucrières en opération
La centralisation des usines sucrières risque de s?accélérer. Raison : la baisse du prix du sucre annoncée par l?Union européenne (UE) et le seuil des mesures d?accompagnement qu?elle propose. Deux sucreries, Mon-Trésor-Mon-Désert et Riche-en-Eau, gérées par la Société usinière du Sud (Suds), comptent faire une demande de fermeture après la coupe 2006.
D?après la loi, les deux usines doivent faire leur demande avant fin octobre si elles ne comptent pas rouler pour la coupe 2007. Cette requête s?ajoutera à celle déjà faite depuis l?année dernière par St. Félix et depuis deux ans par Mon-Loisir. Le gouvernement n?a pas encore donné son feu vert à ces fermetures.
Les cannes de Mon-Trésor-Mon-Désert et de Riche-en-Eau seront envoyées à Savannah pour y être broyées. D?ailleurs, les travaux d?agrandissement de Savannah sont en cours, ainsi que la construction d?une nouvelle centrale bagasse-charbon dans cette région.
Avec les demandes de fermetures déjà présentées et celles à venir, une modification du paysage sucrier se dessine. Cette nouvelle configuration conduirait probablement d?ici trois ans à quatre ou cinq usines sucrières seulement, contre 11 actuellement. Elles seront dotées chacune d?une capacité accrue de production annuelle de 100 000 à 125 000 tonnes de sucre. On comptera Belle-Vue au Nord, Médine à l?Ouest, Savannah au Sud, alors que l?Est abritera Fuel et Deep-River-Beau-Champ.
St. Félix sera très probablement la prochaine sucrerie à cesser ses activités dans le Sud. ?Notre demande de fermeture date d?octobre 2005. Nous attendons une réponse du gouvernement. Nous ne savons pas encore si nous allons rouler pour la coupe 2006?, explique Frédéric Léon Robert, directeur de St. Félix. ?Je pense que d?autres fermetures d?usines devraient intervenir dans trois ans, soit bien avant 2010, vu la gra-vité de la situation créée par la baisse du prix du sucre de l?UE?.
St. Félix est l?une des plus petites unités de l?île, avec une production annuelle de 21 000 tonnes de sucre. Ses cannes seront acheminées vers Union St. Aubin, en attendant la fermeture de cette dernière, prévue en principe pour 2008.
Jacques d?Unienville, directeur de Suds, précise que la demande de fermeture d?Union St. Aubin sera liée à l?installation d?une troisième ligne de production d?électricité dans la nouvelle centrale bagasse-charbon de Savannah et aux résultats des négociations avec le Central Electricity Board (CEB) sur prix de l?électricité.
Compagnie régionale Est
Du côté de Mon-Loisir, le vo-lume de cannes de cette usine, qui seront broyées par Fuel et Belle-Vue si elle ferme, fait objet de des discussions entre les parties concernées. Ces deux grosses usines misent sur un apport supplémentaire de cannes pour augmenter la capacité de leurs centrales bagasse-charbon.
Dans ce contexte, le rapport de PriceWaterhouseCoopers sur la nouvelle configuration des ?factory areas? est attendu avec impatience. Mon-Loisir emploie 160 personnes, dont 143 artisans, et produit entre 36 000 et 44 000 tonnes de sucre annuellement.
Dans le cadre du nouveau paysage sucrier qui s?annonce, une réflexion est déjà engagée entre Fuel, Deep-River-Beau-Champ et Mon-Désert-Alma. Elle porte sur un projet de création d?une compagnie régionale Est pour la gestion des activités sucrières et thermiques de cette partie de l?île. Cette réflexion concerne en même temps un projet de production additionnelle d?électricité que les centrales de l?Est vendront au CEB.
Ces centralisations sucrières vont se réaliser si toutes les procédures sont suivies, si les demandes de fermeture sont approuvées par les actionnaires des compagnies, pour ceux qui ne l?ont pas fait encore, et si le feu vert du gouvernement est obtenu.
Jugées vitales et urgentes pour assurer la viabilité à long terme de l?industrie sucrière, elles sont aussi liées aux mesures d?accompagnement accordées par l?UE aux pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) pour la réforme de l?industrie sucrière. La Commission européenne a fixé un seuil maximal de 15 % pour ces mesures d?accompagnement, ce dès 2006, alors que Maurice fournit 38 % du quota d?exportation de sucre. La situation n?est guère réjouissante si l?on ajoute le fait que le prix garanti du sucre ACP sur le marché européen chutera de 36 % en 2009-2010. Cette situation, décriée tant par le gouvernement que les planteurs, entraînerait des pertes substantielles de revenus pour Maurice, mettant du même coup en péril la réforme de l?industrie sucrière.
?The writing is on the wall. Avec le contexte international, il y a besoin urgent de réduire les coûts des opérations, et cela passe par la centralisation?, affirme Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association. ?Une réflexion est engagée au sein des usines pour voir le programme à mettre en place pour rationaliser leurs activités sucrières. L?exercice de réflexion n?est pas terminé. Nous allons vers un plan audacieux. Mais avant d?y arriver il y a plusieurs étapes financières, techniques, et au niveau de l?actionnariat des sucreries à franchir, tenant en compte les intérêts respectifs et l?avenir du secteur sucre.?
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