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Le Parti travailliste se relooke pour ses 70 ans

26 février 2006, 00:00

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Requinqué par son retour aux affaires, le Parti travailliste (PTr) continue de surfer. Il entend consolider sa présence sur le terrain et se doter d?un siège social digne de ce nom. Son leader, Navin Ramgoolam, a profité, jeudi après-midi, d?un rassemblement marquant les 70 ans du parti pour annoncer qu?un projet de rénovation du vieux bâtiment du square Guy Rozemont est à l?étude. Une telle restauration, dit-il, nécessitera l?apport conjoint des sympathisants et du trust qui gère les avoirs du parti.

Une réfection longtemps souhaitée puisque le manque d?espace auquel fait actuellement face le Labour handicape lourdement les activités de la Labour Agents Association. Guy Narainsamy, un des responsables, confie en effet, que cette association qui, dans le passé tenait chaque semaine des sessions d?animation au quartier général des Rouges et qui a longtemps été une des principales courroies de transmission entre la direction et la base, est en veilleuse depuis plusieurs années.

Pour nombre de ceux qui ont repris du poil de la bête au sein du Labour, cette remise en état du vieux bâtiment du square Guy Rozement redonnera du tonus à ceux qui s?activent sur le terrain. Depuis sa triple victoire de l?an dernier, aux législatives, aux municipales puis aux villageoises, le Labour est sollicité de toute part. Il a mis sur pied de nombreuses antennes mais n?a pas de lieu approprié pour ses grandes réunions. Le bâtiment qu?il utilise à ce jour suffit à peine pour abriter son secrétariat.

L?exiguïté du présent siège était tout à fait évidente jeudi au moment où le parti créé par le Dr Maurice Curé, le 23 février 1936, fêtait ses 70 ans. La salle était archicomble et l?assistance à l?intérieur, qui dépassait à peine 300 personnes, a eu à rester debout lors de l?allocution de Navin Ramgoolam. Un tiers de ceux qui avaient fait le déplacement a eu à se tenir à même la rue.

<B>Une manifestation alliant le passé et le présent</B>

Et puisqu?il est toujours aisé de voler au secours de la victoire, de nombreux néo-convertis, dont deux anciens ministres MSM, ont joué des coudes pour se faire remarquer lors du dépôt de gerbes au pied de la stèle érigée en face à la mémoire des pères fondateurs du parti. Des nominés siégeant aux conseils d?administration d?organismes parapublics en ont fait de même.

Cette affluence n?a d?ailleurs pas laissé le leader insensible. « Je sais que vous êtes nombreux à vouloir me rencontrer personnellement. Je ferai de mon mieux pour trouver du temps pour venir vous voir. »

Pour bien marquer cette manifestation commémorative, le Labour a tenu à l?enrober de tout un symbolisme, alliant le passé au présent. C?est ainsi que par un heureux panachage, la vieille garde représentée à la fois par Angidi Chettiar et deux autres vétérans ? l?incontournable Kanagasabai Singaravelloo, plus connu sous le nom de Comra, et Guy Narainsamy ? s?est retrouvée à la table d?honneur aux côtés du leader. Y était également installé le secrétaire général Dharam Gokhool, qui a fait ses premières armes au sein du Mouvement militant mauricien avant un bref passage à l?ex- Renouveau militant mauricien.

Dans un entretien exclusif à l?express-dimanche, Guy Narainsamy, qui soufflera ses 75 bougies le 27 avril prochain, évoque ses 60 ans de militantisme au sein du PTr. Il parlera ainsi du premier meeting auquel il a assisté. C?était un dimanche matin au jardin de la Compagnie.

« À la sortie de la messe, je me suis laissé entraîner par un ami d?enfance, j?avais à peine 14 ou 15 ans. J?ai été tout de suite impressionné par la physionomie d?Emma-nuel Anquetil. La première fois que je l?ai aperçu, il se tenait à l?arrière de la statue d?Adrien d?Épinay. Il avait une allure d?ascète, au visage amaigri par des privations. Il portait une veste de tweed et avait des mains écorchées par le labeur. Malgré son air maigrichon, c?était un fougueux orateur. Il a disserté sur le joug du travail, de l?exploitation qui force l?ouvrier à courber l?échine et a invité la classe ouvrière à se réveiller. »

<B>Défaites au goût amer</B>

Depuis, notre homme a toujours milité sous l?étendard rouge. Vivant avec un même acharnement les victoires et les défaites. De ces défaites au goût amer de la défection des amis d?hier.

« J?ai eu envie de vomir quand, quelques jours après la défaite de 1982, quelqu?un qui venait de perdre son fauteuil de ministre m?a demandé de ne plus lui adresser la parole en chemin parce que son épouse est fonctionnaire. »

Malgré les hauts et les bas, Guy Narainsamy n?a rien perdu de sa passion. Et même s?il lui arrive parfois « de pese nene boire diluile », il a toujours fait confiance au flair du leader, qui « a apporté une bouffée d?air frais » à la vieille bâtisse du square Guy Rozemont.

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