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Le FBI dénonce les techniques d?interrogatoire
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Le FBI dénonce les techniques d?interrogatoire
Des agents du FBI se sont élevés contre l'utilisation par les militaires de la prison de Guantanamo de «techniques d'interrogatoire agressives» illégales, mais n'ont pas été entendus, selon des documents rendus publics jeudi.
Le FBI estime que ces techniques, qui utilisent aussi bien des films pornographiques ou de la musique diffusée très fort, sont non seulement illégales, mais aussi inefficaces.
Ces documents, diffusés par l?Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) qui les a obtenus sur décision de justice, mettent une nouvelle fois en lumière le fossé qui sépare la police fédérale du Pentagone sur le traitement des prisonniers soupçonnnés de liens avec le terrorisme par les Etats-Unis et enfermés dans la prison située sur la base navale de Guantanamo Bay, à Cuba.
Dans un des documents, un agent du FBI dit avoir vu deux enquêteurs militaires à Guantanamo interroger un détenu en lui montrant des films pornographiques mettant en scène des homosexuels tout en utilisant un éclairage stroboscopique dans la pièce.
L'agent indique que les enquêteurs militaires se font régulièrement passer pour des agents du FBI et qu'ils soumettent les prisonniers à des interogatoires pouvant durer 16 à 18 heures. Parmi les techniques d'intimidation, les prisonniers peuvent être enveloppés dans le drapeau israélien ou bien encore soumis à une musique diffusée à un très fort niveau sonore.
Détenus violentés
Le major Michael Shavers, un porte-parole du Pentagone, a rétorqué que le département de la Défense n'avait jamais encouragé ni fermé les yeux sur les violences contre des détenus à Guantanamo, selon 12 enquêtes réalisées. «Le département de la Défense traite et continuera à traiter humainement tous les individus détenus à Guantanamo», a-t-il affirmé.
Dans une note daté du 30 mai 2003, les policiers du FBI font part de leur préoccupation sur l'activité des enquêteurs militaires à Guantanamo et signalent que le responsable de la prison de Guantanamo à l'époque, le général Geoffrey Miller, a rejeté leurs inquiétudes.
Dans un document daté du 5 mai 2004, le FBI affirme que les menaces de violences sur les prisonniers et les techniques visant à les humilier ont été «approuvées à un haut niveau» du Pentagone.
La semaine dernière, des chercheurs de l'Onu en matière de droits de l'homme ont estimé que les détenus de Guantanamo étaient soumis à des traitements équivalent à la torture. Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a demandé la fermeture du centre de détention.
Selon l'avocat de l'ACLU Jameel Jaffer, ces nouveaux documents «montrent de façon concluante que les violences et la torture à l'encontre de prisonniers à Guantanamo ne sont pas le fait d'éléments isolés mais plutôt la conséquence d'une politique délibérément adoptée par des responsables militaires et du Pentagone à un haut niveau.»
Will Dunham
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