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Les blessures de Ramlogun passées à la loupe
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Les blessures de Ramlogun passées à la loupe
Les raisons ayant conduit la commission à soupçonner une brutalité policière sur Rajesh Ramlogun, mort en détention policière, sont multiples dans le rapport des commissaires. Sa femme, Bindoo, et ses collègues du ministère de l?Agriculture, affirment qu?avant son interrogatoire le 12 janvier, il jouissait d?une santé relativement bonne. Cependant, il était en congé de maladie du 3 au 7 janvier pour des douleurs à l?estomac, au dos et des faiblesses. Les officiers de la MCIT sont, eux, catégoriques : le détenu se comportait normalement avant son interrogatoire et il ne portait aucune blessure.
Un des policiers de la MCIT l?ayant arrêté à Lallmatie et accompagné à sa cellule de détention, Homadeven Manaroo, dit avoir uniquement remarqué des ?injuries on Ramlogun?s face? quand ses collègues du Line Barracks Detainee Centre (LBDC) ont attiré son attention sur ses blessures, ?à 23 heures 55, le 12 janvier 2006? (soit après l?interrogatoire qui a suivi son arrestation). C?est donc à cette heure-là, soit juste avant son incarcération, qu?Homadeven Manaroo a ?countersigned? une entrée des officiers du LBDC, faisant état des blessures.
Pourtant, il avait écrit dans le MCIT Diary Book à la fin de l?interrogatoire et peu avant d?amener Rajesh Ramlogun au LBDC qu?il n?avait constaté aucune trace de violence. Et ce sont les policiers Soomarie et Koo Wan Cheung affectés à LBDC qui écrivent dans leur Diary Book que Rajesh Ramlogun portait ?a scratch and red marks on left cheek?.
Le 13 janvier, au matin, à l?heure du thé, les codétenus de Ramgolun remarquent des ?marks on his face?. Vers 13 heures, ce même jour, le policier Dokhoo inscrit une note dans le Diary Book et parle de ?scratch mark? sur la joue gauche.
Dans ses conclusions, la Commission avance qu?elle n?a pas obtenu de preuves directes que le détenu est tombé ou a reçu des coups pouvant causer sa mort. Néanmoins, un des codétenus de Rajesh Ramlogun au centre de détention, Mahaboob, affirme que des policiers sont venus voir le suspect dans l?après-midi du 13 janvier et que l?un d?eux l?a ?pushed him to the floor?. Et pourtant, le Diary Book du LBDC ne fait nullement mention de cette visite de la MCIT.
Au premier examen médical de Ramlogun dans la soirée du 13 janvier, les policiers affirment aux médecins que le suspect est alcoolique. Le Forensic Science Officer du Forensic Science Laboratory (FSL), Abdoolatiff Ramtoolah, soutient toutefois que les prélèvements du sang de Rajesh Ramlogun ne révèlent aucune présence d?alcool, de drogue ou de poison dans le corps.
Dans le rapport qui présente les versions données par les différents médecins qui ont examiné Rajesh Ramlogun, plusieurs divergences sont notables. La commission relève toutefois un élément important du témoignage apporté par le médecin légiste de l?Etat, le Dr Gungadin. ?When questioned by the commission about the injuries to the feet, Dr Gungadin stated that they were the result of ?purely blunt force and could have been sustained through beating, but were not the cause of death??.
La commission soutient par là trois arguments. ?There is no evidence that Ramlogun had sustained any injury before he was taken into custody by MCIT?. Ainsi, Ramlogun n?est pas tombé de sa motocylette ou n?a pas fait de chute. Dhiraj Seetulsingh et ses commissaires écartent également la possibilité que le détenu se serait lui-même fait mal. ?The possiblity that Ramlogun inflicted injuries on himself which led to his death can be ruled out as there is no evidence of the same ?? Autre conclusion : aucun de ceux interrogés n?avance qu?il a fait une chute en cellule policière ou à la MCIT.
La Commission fait aussi remarquer que les policiers du LBDC ont noté les blessures ou autres marques se trouvant sur Ramlogun, avant qu?il n?entre dans sa cellule le 12 janvier. Confrontés aux photos, ces policiers ont affirmé que les ?marks were not so pronounced ?.
Dhiraj Seetulsingh estime aussi que les témoignages des codétenus est ?material? car ils avaient vu Rajesh Ramlogun en proie à des douleurs le matin du 13 janvier. Le surintendant de police, Prem Raddhoa, avait prévu de convoquer Rajesh Ramlogun ce même jour mais ses hommes avaient trouvé qu?il avait l?air fatigué. Une version qui concorde avec celle du codétenu Mahaboob qui a affirmé que des policiers sont venus le chercher ce jour-là.
Il se comportait comme un ?madman?
La Commission fait aussi ressortir que le témoignage de Mahaboob concernant l?identité du policier qui l?aurait agressé doit être vérifié. Comme la Commission n?a pas le pouvoir d?organiser une parade d?identification, c?est à la police de le faire.
Dans sa déposition, le surintendant Raddhoa explique qu?il n?a pas procédé à l?interrogatoire parce que ses officiers l?ont informé peu après 17 heures que Rajesh Ramlogun se comportait comme un ?madman?.
C?est ainsi que devant toutes les preuves recueillies ?the Commission finds that it would be difficult to attribute the responsibility for Ramlogun?s death to the LBDC officers, the codetainees at the LBDC or the SSU.? Elle ne fait cependant aucune mention des officiers de la MCIT.
Le rapport note qu?après son interrogatoire du 12 janvier, Rajesh Ramlogun a à peine parlé. Le délai entre la fin de l?interrogatoire (22 h 15) et l?heure d?arrivée au centre de détention (22 h 58) intrigue également les commissaires. Les policiers Lutchmun, Manaroo et Arnasala expliquent qu?ils ont été retardés car il a fallu remplir une charge sheet et par la suite le détenu est parti aux toilettes. La commission se pose ainsi une question, à savoir : ?Did Ramlogun sustain injuries between 22 h 15 and 22 h 58 on Thursday 12 January ? PC Manaroo explanations about the entries he made at MCIT and signed at LBDC are far from satisfactory.?
La Commission note que les membres de la MCIT font preuve d?un silence total quant à la façon dont Rajesh Ramlogun ?sustained injury?. Mais que ?there is no direct evidence of the same as the MCIT officers collectively denied that he was subjected to brutality. There is no independent witness who could testify to same except for codetainee Mahaboob who related incident at LBDC on 13 January?.
Ce qui n?empêche pas la Commission de soutenir que ?these injuries were sustained between the time Ramlogun was taken from Lallmatie to the time he was admitted at the LBDC on 12 January 2006. The nature of the injuries to the soles of his feet, namely the six linear parallel shaped bruises ranging from 3 to 5 cm in length on the centre of his left sole give rise to serious concern?.
De plus, Rajesh Ramlogun ne s?est ni plaint en cour, ni aux officiers du LBDC et de la SSU ni aux médecins. Mais il aurait tout de même confié à deux de ses codétenus avoir été brutalisé.
Quoiqu?il en soit, comme la Commission n?est pas habilitée à déterminer la culpabilité des suspects, elle laisse à l?enquête policière qui se poursuit le soin d?établir si un délit a été commis ?beyond reasonable doubt? et de situer la responsabilité des officiers concernés dans cette affaire.
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