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Plans sans actions?
par Stéphane SAMINADEN
Cette semaine sera marquée par un autre événement important pour l?économie : les très attendues Assises du tourisme qui se tiennent jeudi et vendredi. Après le textile la semaine dernière, place au tourisme donc.
En premier lieu, sans vouloir négliger l?importance et la qualité des discussions de la semaine dernière sur le textile, il faut admettre franchement que pratiquement aucun des diagnostics faits n?a été une réelle découverte, exception faite peut-être de la faiblesse des entreprises à concevoir une architecture financière taillée sur mesure et l?absence d?imagination dans ce domaine. Faute de ne pas se tenir informées des derniers produits financiers disponibles, les entreprises de textile ont toujours recours aux mêmes instruments traditionnels qui leur coûtent plus cher. Et dans ce secteur, il n?y a pas de petites économies.
De même, les remèdes préconisés pour redresser l?industrie du textile et de la confection ont été archi-ressassés. Depuis le temps que l?industrie insiste pour une approche nationale à la compétitivité? Les gains en productivité en interne ont des limites. Arrive vite un moment où il faut s?attaquer au problème à l?échelle nationale, en commençant par les pourvoyeurs de services (eau, électricité, tout-à-l?égout, transport en commun, port, aéroport).
Ce constat avait été réitéré par la ?Textile Emergency Support Team? qui avait préconisé une approche à deux niveaux, soit à celui des entreprises puis et parallèlement au niveau des services publics et autres services au sein desquels l?État a une influence. Mais il est clair que la balle est restée dans le camp des entreprises et quand le secteur privé a tenté de demander au gouvernement de faire sa part, celui-ci a préféré botter en touche.
C?est le même scénario qui risque de se répéter si on n?y fait pas attention. Malgré toute la bonne volonté affichée par Amédée Darga et son enthousiasme à porter ce dossier, la grande question demeure : l?hôtel du gouvernement le suivra-t-il ? De nombreuses mesures préconisées dépendent de la volonté politique. Et le grand test sera de voir comment le gouvernement traitera la question du coût du fret aérien qui est crucial pour la survie de ce secteur.
L?autre danger est que requinquées par une éventuelle série de mesures de soutien, des entreprises relâchent l?effort pourtant si crucial pour se restructurer et se réinventer un avenir. Amédée Darga a raison, les industriels ne peuvent pas se contenter de se plaindre de la cherté du fret aérien ou de l?électricité s?ils n?éliminent pas d?abord chez eux le gaspillage et la mauvaise gestion.
En fait, tout est une question d?honnêteté, de bonne foi, de détermination et de confiance mutuelle. Il s?agit de bannir le ?faire semblant? et le ?lips service?. Le gouvernement comme le secteur privé doivent surtout ?put their money where their mouth is?. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les grands-messes telles que le forum du textile et les Assises du tourisme de cette semaine ne serviront à rien. Jusqu?ici, il y a eu beaucoup de plans mais d?actions point. ?Bann tirer plan?, dites-vous ?
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