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Echange de coups au comité central MMM
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Echange de coups au comité central MMM
Le projet d?alliance électorale MMM-MSM bute sur quelques grains de sable, les uns plus irritants que les autres. La direction des Mauves laisse entendre qu?elle démissionnera en bloc si l?assemblée des délégués, convoquée pour fin février, ne ratifie pas cet accord électoral. Plusieurs tendances se manifestent au sein du comité central. Elles s?opposent à cette stratégie de s?allier à Harish Boodhoo.
Lalit Travayer, une aile très influente au sein du comité central, fait circuler un document intitulé : Déba lor stratézi MMM. Elle ne veut pas du PSM comme partenaire électoral. Lalit de classe parvient à la même conclusion mais à la suite d?un cheminement différent. Idem pour le Mouvement chrétien pour le Socialisme (MCPS) que dirige Reynolds Michel.
L?express annonce que les choses se sont envenimées lors du comité central de la mi-janvier 1981. A tel point que deux membres finissent par venir aux coups. Un dirigeant traite de?soûlard? un autre opposant à l?accord électoral MMM-PSM. Une façon comme une autre de lui clore le bec mais confirmant une certaine tendance mauve au manzer-boire.
Le politburo en tout cas va de l?avant avec son projet et propose, plutôt démocratiquement ? chose rarissime dans la classe politique ? le calendrier suivant aux troupes mauves :- examen à la fin de janvier des propositions finales du politburo ; mi-février : assemblée ?débats? des délégués pour examiner en profondeur le contenu de l?accord MMM-PSM ; fin février : assemblée ?décision? des délégués pour approuver ou rejeter l?accord MMM-PSM par un vote.
L?express interroge Paul Bérenger, secrétaire général ? le No 1, en fait, selon la nomenklatura communiste ? du MMM et lui demande s?il prend l?engagement de respecter le résultat du vote de l?assemblée des délégués. ?Le bureau politique reconnaît la valeur du vote de l?assemblée des délégués?, répond-il. Mais si la proposition d?accord électoral du MMM avec le PSM d?Harish Boodhoo n?est pas soutenue par une majorité de délégués, il cédera sa place aux représentants de la tendance majoritaire. Il ne s?agit pas de chantage mais d?une décision logique, facile à comprendre. L?accord électoral MMM-PSM s?inscrit dans la ligne d?action du MMM concernant les considérations de classe. Le PSM, selon Bérenger, ne représente aucunement la classe possédante mais la petite bourgeoisie et la classe des travailleurs. L?accord MMM-PSM est donc une consolidation de la lutte des travailleurs. Sa priorité des priorités est d?ailleurs l?élimination de l?Industrial Relations Act (IRA) et du Public Order Act (POA).
Lalit Travayer est d?un autre avis. Cette tendance explique doctement et dans un créole châtié que le PSM est un parti de petits bourgeois, mécontents de l?alliance de la bourgeoisie d?Etat et des ?grands Blancs?, grâce aux bons soins du Parti travailliste. Ces contestataires utilisent l?arme de la dénonciation des fraudes et de la corruption pour affaiblir la bourgeoisie d?Etat et obtenir des concessions. Seewoosagur Ramgoolam est cependant trop ?amarré? avec les gros propriétaires sucriers et économiques ainsi qu?avec la bourgeoisie d?Etat pour pouvoir offrir quelques consolations aux contestataires. D?où la création du PSM, le parti des Ti-Bourzois.
Lalit Travayer avoue sa préférence pour une lutte anti-capitaliste afin de pouvoir donner pleine satisfaction aux revendications des travailleurs, des chômeurs, des femmes, des miséreux, des? petits bourgeois. Au-delà des prochaines élections législatives, il y aura toujours un système capitaliste que les socialistes et les marxistes devront combattre de toutes leurs forces.
En janvier 1981, le MMM veut tellement ratisser large qu?il tend même un rameau d?olivier à Vijay Jundoosingh. On lui demande seulement d?accepter 50% des fautes que lui reproche la direction mauve. Il soutient que c?est la pagaille générale au sein du MMM. Cela laisse supposer qu?il ne serait pas étranger à la rédaction de l?information ci-dessus, faisant état de conflits au sein du MMM. Il accuse la direction mauve de ?totalitarisme? et Bérenger de faire du chantage. Si le MMM est aussi fort qu?il le prétend pourquoi ne va-t-il pas seul aux élections ? demande-t-il. La tendance Jundoosingh pourrait obtenir l?appui de certaines propriétés sucrières et du gouvernement travailliste qui accorderaient aux travailleurs licenciés après les grèves d?août 1979 des faveurs, refusés à ce jour à Bérenger. Jundoosingh estime qu?il y a ballottage dans l?est du pays et que le MMM va vers l?éclatement.
L?histoire retiendra qu?il fut un temps où Paul Bérenger se battait pour Harish Boodhoo.
Le bêtisier politique mauricien s?enrichit d?un nouvel élément de taille. Il s?agit d?Harold Walter. Il rentre tout guilleret d?une réunion de l?OUA, annonçant fièrement que les pays d?Afrique producteurs de pétrole offriront gratuitement aux pays africains le carburant dont ils ont besoin. Sacré Harold va !
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