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?Nous allons vers une consolidation dans le secteur bancaire?
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?Nous allons vers une consolidation dans le secteur bancaire?
● Comment se porte la Barclays à l?aube de 2006 ?
Nous avons réalisé des résultats très satisfaisants en 2005. Nos bénéfices consolidés (avant impôt) ont dépassé la barre de Rs 1 milliard. Nos profits pré-impôts ont d?ailleurs progressé de 18 % par rapport à 2004.
Nous devons cette performance en grande partie à nos activités de global business. J?ai mis beaucoup d?emphase sur nos opérations internationales en raison de la tenue des élections générales à Maurice l?année dernière car il y a généralement un certain attentisme chez les opérateurs économiques trois mois avant et trois mois après la tenue des élections. J?avais un peu peur que les projets ne se concrétisent pas comme prévu. Nous avons donc réorienté nos efforts vers le marché international. Nous avons effectué plusieurs missions de prospection à l?étranger. Cela a porté ses fruits. Nous finançons de gros projets à l?échelle internationale, dont une opération de dragage au Palm Islands à Dubayy.
Nous pouvons compter sur le vaste réseau de Barclays au niveau international et sur notre brand name pour faciliter notre démarche. Nous profitons également de la bonne crédibilité que jouit le centre financier mauricien.
Je dois faire ressortir que malgré nos craintes, le marché domestique n?a pas mal fait non plus. Il y a eu beaucoup de projets dont des Integrated Resorts Schemes (IRS). Je pense que cela va durer cette année-ci.
● Quels sont les principaux leviers de votre stratégie de croissance ?
Depuis que je suis à la tête de la Barclays, mon action repose sur un système de valeurs que nous appelons ici les cinq ?C?. Ces cinq ?C? signifient collègues, clients, compagnie, communauté et contrôle.
Si les collègues ne sont pas heureux dans leur travail, ils ne vont pas servir les consommateurs de manière satisfaisante. Nous avons fait beaucoup d?effort dans la formation de nos employés.
Nous mettons beaucoup d?emphase sur la communication au sein de l?organisation. J?ai débuté une pratique de morning coffee qui consiste à rencontrer les membres du personnel une fois tous les mois. Ces exercices sont très utiles dans la mesure où ils aident les employés à s?identifier aux objectifs que nous voulons atteindre.
La Barclays est perçue comme un employeur de choix. Une récente enquête auprès de notre personnel en témoigne. Nous avons des employés très motivés pour servir la clientèle.
?Nous adoptons une gouvernance très stricte à tous les niveaux de nos opérations. Nous serons bientôt la toute première entreprise à Maurice à évoluer aux normes très rigoureuses de la loi américaine Sarbanes and Oxley.?
● Comment réagissent les clients ?
à la Barclays nous n?oublions jamais que ce sont les clients qui payent nos salaires. Nous mettons à leur disposition toute une gamme de services et produits de qualité afin de les satisfaire. Nous sommes toujours prêts à parcourir the extra mile pour notre clientèle.
La différence est visible dans nos différentes succursales à travers le pays. Nous y avons tout réaménagé. Il y a plus d?espace et les services sont plus rapides. Nos offrons divers types de produits pour répondre aux besoins spécifiques et au profil économique de nos différentes catégories de clients particuliers.
Dans le cas de la corporate banking, notre démarche consiste à aller vers le client et lui offrir un service-conseil en sus des produits bancaires conventionnels. Nous nous efforçons toujours de mieux cerner leurs besoins. Notre démarche se résume comme suit : modernité, dynamisme et accessibilité.
Quand nos clients sont satisfaits, nous pouvons nous attendre à une meilleure rentabilité. D?où notre emphase sur l?autre ?C?, soit la compagnie. Lorsque nous réalisons une meilleure profitabilité, ce sont les actionnaires qui en sont les principaux bénéficiaires.
La Barclays jouit d?une excellente crédibilité auprès des investisseurs. Pour preuve, notre dernière émission d?obligations a été sursouscrite.
● Dans quelle mesure les développements survenus à Barclays au niveau mondial peuvent être bénéfiques à la branche locale ?
Au niveau mondial, la Barclays qui est actuellement parmi les dix premières banques, aspire à faire partie des cinq plus grosses enseignes. Nous pourrons réaliser cet objectif soit en prônant une stratégie de développement en interne ou en adoptant une politique de rachat. L?acquisition de l?Amalgamated Banks of South Africa (ABSA) répond à cette démarche. Cela fait de nous une des plus importantes banques en Afrique.
Les conséquences pour Maurice sont très bénéfiques, surtout concernant les opérations internationales. Nous pouvons mieux accompagner les exportateurs et opérateurs sur le continent. Nous pouvons leur assurer une banking relationship moins chère.
● Barclays a fait des efforts particuliers dans le segment de la ?retail banking?. Quel en est le but ?
Nous voulons rendre les transactions bancaires plus aisées et moins chères. Nous avons, dans cette optique, rabaissé et même aboli dans certains cas les commissions et autres frais bancaires sur une gamme de services que nous proposons à la clientèle des particuliers. Nous avons aujourd?hui des clients heureux. Je suis content de constater que d?autres banques nous ont emboîté le pas.
Nous innovons beaucoup. La Barclays a été pionnière dans bien de domaines. L?innovation sera d?ailleurs un des thèmes majeurs pour 2006. Nous organisons régulièrement des sessions de brainstorming afin de dégager de nouvelles idées. Cela nous a permis d?accroître notre part de marché. En octobre de l?année dernière, nous occupions 15 % du marché. Au moment où je prenais les commandes de la banque, ses parts de marché étaient à 11 %.
Nous mettons beaucoup d?attention à la retail banking car c?est là que nous assurons les dépôts. À mon arrivée à la banque, j?ai voulu revoir les tarifs de nos services. C?est ainsi que nous avons baissé les commissions pour les entreprises et les particuliers.
● Quel est l?apport de la technologie à la qualité de vos prestations ?
Nous avons un plan stratégique par rapport à l?utilisation des technologies dans nos services. Nous avions attendu que l?intégration avec l?ABSA soit complétée avant de mettre à exécution le plan. L?année 2006 verra l?introduction de plusieurs produits qui seront à base de technologie informatique.
Mais je m?empresse de préciser que le métier de banquier demeure avant tout un people business. La technologie facilite mais n?est la force motrice de nos prestations. L?informatique est essentielle dans la mesure où elle nous permet de développer des nouvelles voies pour distribuer nos produits.
● Vous évoquez aussi une attention particulière sur le contrôle. Dans quelle mesure la Barclays est-elle différente des autres banques ?
Notre rigueur dans le contrôle va au-delà des attentes. Nous adoptons une gouvernance très stricte à tous les niveaux de nos opérations. Nous serons bientôt la toute première entreprise à Maurice à évoluer aux normes très rigoureuses de la loi américaine Sarbanes and Oxley.
Il ne faut pas sous-estimer non plus la mise en place des standards de régulation de Basle II. C?est un travail de longue haleine qui nécessite beaucoup de temps et de ressources.
● Les clients se plaignent-ils des règles jugées lourdes et peu conviviales ?
Effectivement les nouvelles exigences de la loi peuvent frustrer certains clients, surtout ceux qui sont là depuis longtemps. Je pense qu?il faut éduquer les gens et leur expliquer le sens et l?utilité des règles tel le know your customer. Les gens sont aujourd?hui mieux informés qu?au moment de l?introduction des normes il y a quelques années.
Les régimes de compliance ont beaucoup évolué ces dernières années, en particulier avec les événements du 11 Septembre. Il fallait mettre de l?ordre dans les entreprises. Dans le secteur bancaire, l?on accorde aujourd?hui une plus grande attention à la gestion des risques.
Les nouvelles règles sont bienvenues à mon avis. Elles permettent aux banquiers de dormir tranquille. Je dois saluer dans cette optique la démarche de la Banque de Maurice de mettre sur pied le Mauritius Credit Information Bureau. Cette structure permet aux banques d?échanger des données qui sont pertinentes à la solvabilité des clients et va dans le sens d?une meilleure maîtrise des risques de crédit.
● Le gouverneur de la Banque centrale dit prévoir pour 2006 des fusions et des acquisitions dans le secteur bancaire à Maurice. êtes-vous de cet avis ?
Nous allons être influencés par le contexte mondial. Le processus de consolidation dans le secteur bancaire va se poursuivre sur les places financières développées à travers une plus grande activité de fusions et d?acquisitions.
La même chose se passera à Maurice. Nous allons vers une consolidation dans le secteur bancaire. Je tiens à saluer l?arrivée de la State Bank of India sur le marché. Il s?agit là d?une institution qui jouit d?une bonne réputation sur le plan international. à mon avis elle se montrerait intéressée à racheter les petites banques.
● Avez-vous des projets de rachat similaires ?
Pour l?instant, ce n?est pas dans nos plans. De par sa philosophie d?acquisition, la Barclays ne s?intéresse pas à racheter des parts minoritaires dans une autre entreprise bancaire. De manière générale, nous optons pour l?acquisition complète.
Nous sommes toujours à la recherche de ce genre d?opportunités. Si nous voyons des bonnes banques à vendre, nous sommes prêts à considérer.
● Comment prévoyez-vous l?évolution du business en 2006 ?
La performance de la banque va certainement dépendre en grande partie du contexte des affaires en général. Je suis confiant de la bonne performance de l?économie pour l?année. Il y a de gros projets en chantier dont les développements hôteliers et les IRS. Il y aura une continuité dans le business.
De notre côté, nous allons faire de notre mieux pour continuer à alléger les tarifs et rendre les transactions bancaires moins cher et plus accessibles à la clientèle.
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