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Madagascar se veut le verger, grenier et potager de Maurice
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Madagascar se veut le verger, grenier et potager de Maurice
L?avenir réside dans la coopération régionale. Fort de ce raisonnement, Maurice et la Grande Ile raffermissent leurs relations économiques en insufflant un nouvel élan à la coopération agricole. L?atelier sur les opportunités d?investissement et de partenariat, qui a démarré hier après-midi, à Antananarivo, a permis à tous les partenaires d?exprimer leurs visions, attentes et craintes.
?Il n?y a que 6 % du territoire malgache qui est sous culture?, a affirmé hier matin, Harison Edmond Randriarimanana, ministre malgache de l?Agriculture lors d?un entretien accordé à des journalistes mauriciens. Il a ajouté qu??il faudrait que les deux pays s?entre aident mutuellement. Madagascar peut devenir le verger, le grenier et le potager de Maurice?. De la région même, a renchéri son homologue, Arvin Boolell, à l?ouverture de l?atelier, à l?hôtel Hilton, auquel participe une trentaine d?entrepreneurs mauriciens.
De la somme des importations mauriciennes, la Grande Ile ne représente que 2 %, se déclinant en produits halieutiques (63 %), fruits et légumes frais (16 %), les oléagineux (8 %) et les épices (5 %). Ces données sont très loin du potentiel à exploiter dans la Grande Ile, avec une superficie de 590 000 kilomètres carrés, soit 300 fois supérieures à celle de Maurice.
Le contexte prévalant sur le plan mondial incite à réduire les frais à l?importation sans cesse plombés par le coût galopant du fret et de l?assurance. D?ailleurs, Cyril Monty, de la Chambre d?agriculture, s?est étonné que Maurice importe 75 000 tonnes de maïs argentin annuellement alors que le ?grenier? qu?est Madagascar n?est qu?à deux jours de bateau.
L?agriculture, un secteur porteur
Pour que des investisseurs mauriciens soient prêts à apporter leur savoir-faire dans la Grande Ile, il faudrait que toutes les conditions soient réunies. Au-delà de la proximité géographique, la langue et la culture, Cyril Monty, motivant le choix stratégique de Madagascar sur le Mozambique et la Tanzanie, a énuméré les paramètres nécessaires qui aboutiront à ce partenariat solide et durable tant attendu : favoriser le développement des filières, mettre l?accent sur la qualité, bâtir les infrastructures adéquates, harmoniser les normes phytosanitaires, éliminer les lourdeurs administratives et privilégier l?accès à la terre.
La transformation des produits agricoles est un secteur porteur. La Grande Ile, en dépit de sa production locale importante, se voit contrainte d?importer ces aliments en boîte. Le ministre Randriarimanana le concède volontiers : ?Dans n?importe quel village de Madagascar, des tonnes de tomates sont jetées.? Autant les conserver en s?appuyant sur l?investissement et l?expertise mauriciens.
Pour le ministre malgache, ?il faudrait que l?investisseur mauricien vienne avec un sentiment de confiance et de respect?. Le partenariat est privilégié. Car l?investisseur mauricien, en agissant en solo, fait face à des contraintes administratives auxquelles son homologue malgache est habitué. De son côté, Arvin Boolell a fait ressortir que les services mauriciens seront prêts à assurer la formation et à entreprendre des recherches sur les produits qui ont un potentiel commercial et d?exportation.
Le partenariat régional serait également une voie essentielle pour se positionner dans le commerce mondial. ?Jusqu?ici, il y a une dimension de la coopération régionale qui a été occultée. Il s?agit pour nous de créer les conditions pour que les multinationales et les compagnies investissent ici. Nous devons développer les complémentarités entre les deux pays, joindre nos forces, créer des synergies et intégrer l?économie mondiale de la meilleure façon qu?il soit?, a fait ressortir Rajiv Seervansingh, secrétaire général adjoint à la Chambre de commerce et d?industrie.
Concrétiser les accords
L?accent hier a également été mis sur la volonté politique des deux pays à accélérer le processus. Il s?agit désormais de concrétiser les accords existants sur papier. Et le ministre Randriarimanana n?a pas manqué de souligner, à maintes reprises, ?l?absence de volonté du régime précédent d?insuffler un nouveau dynamisme à la coopération agricole entre les deux pays?. ?Avec l?ancien gouvernement, il manquait un déclic?, a-t-il affirmé.
L?atelier, placé sous l?égide de la FAO, prend fin jeudi. Aujourd?hui, place à l?interaction entre les entrepreneurs mauriciens et malgaches. Le ministre Arvin Boolell visite demain la région de Vanikaratra avant de partir pour Antsirabe.
Kamlesh BHUCKORY (de Madagascar)
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