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Pédagogue ou politicien ?

23 janvier 2006, 20:00

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Les dirigeants politiques auraient-ils la volonté d?atteindre les institutions censées ?apolitiques? ? En tout cas, un pas supplémentaire vers le contrôle absolu des administrations publiques par un parti est franchi depuis la nomination de Lucien Finette au poste de directeur du Mauritius Examinations Syndicate. Si même la direction d?une institution comme le MES peut être confiée à un nominé politique, il y a très peu de structures publiques qui peuvent encore survivre à l?emprise des dirigeants politiques.

Conseiller au bureau du Premier ministre de 1999 à 2000, il est candidat aux élections législatives de septembre 2000 où il se fait battre, avec Arnaud Godère et Indira Gyaram, à Beau Bassin ? Petite Rivière. Lucien Finette décide alors de repartir pour l?université Laval au Canada pour enseigner la langue, la civilisation et la littérature latines. En juin 2005, il posait avec Gérard Lemaire et Amrita Kisnamah pour une séance de photos lors de la présentation des candidats travaillistes de la circonscription no 20. Il sera remplacé à la dernière minute par Percy Laxade.

La pratique des nominations politiques n?est pas nouvelle et son principe pas forcément mauvais. Pour une gestion harmonieuse des affaires nationales, le Premier ministre peut nommer à des postes de responsabilité des hommes à qui il fait confiance. Les nominations politiques sont également acceptables si le nominé possède des aptitudes reconnues dans sa sphère de compétence. De même, le Premier ministre peut légitimement choisir des personnes avec qui il a des liens de proximité pour les institutions politiquement sensibles, telles que la MBC. Finalement, on peut tolérer le choix des présidents des corps parapublics de moindre importance en fonction de critères de copinage et de clientélisme. Mais, le MES est une institution de grande importance qu?il faut détacher totalement du pouvoir politique. Personne ne peut accepter de laisser planer un doute sur la neutralité de cet organisme.

Les anciens directeurs du MES ont tous été des techniciens bien rodés qui connaissent les rouages de l?administration publique. Cela a permis à cet organisme de réussir un parcours honorable, particulièrement en ce qui concerne la préparation des questionnaires et la correction des épreuves du CPE. Lucien Finette est le premier non-technicien placé au sommet de cet organisme. Du coup, l?opinion commence à soupçonner une volonté de transformer la vocation du MES. Souhaite-t-on en haut lieu que cet organisme d?utilité publique ait désormais une utilité politique ?

La nomination au MES d?un directeur issu du monde politique et n?ayant pas connu une carrière administrative est totalement inopportune. Elle coïncide avec l?application d?une réforme qui pèche par manque de transparence et suscite déjà la méfiance. Face aux demandes d?éclaircissements sur sa réforme, le ministre Dharam Gokhool s?est contenté jusqu?ici de déclarer qu?il reviendra au MES d?en définir les modalités. C?est donc dans le secret le plus parfait que le MES allouera les 1 260 places disponibles dans les collèges les plus convoités.

Quant à la réflexion sur la mauricianisation des examens du SC dans le but d?assurer la pertinence des programmes d?études au contexte local, ce n?est pas sous Lucien Finette qu?elle sera engagée au MES. Ce dernier, agissant en tant que président du conseil d?administration du conservatoire François-Mitterrand, déclarait récemment : ?Nous voudrions que nos étudiants prennent part aux examens de Cambridge.?

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