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L?hypertension gagne plus de la moitié de la population

22 janvier 2006, 20:00

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C?est un véritable record au niveau planétaire que détient le pays. Selon les normes internationales et médicales, uniquement 10 % d?une population devrait être concerné par des problèmes d?hypertension. Mais voilà qu?une étude du ministère de la Santé et l?Organisation mondiale de la santé en 2004 révèle que plus de la moitié de la population souffre de cette maladie. En 1997, l?hypertension concernait seulement 30 % de Mauriciens de plus de 30 ans selon une étude effectuée sur 600 personnes.

La présente étude a été cette fois réalisée sur un échantillon de 3 000 personnes. Et plusieurs constatations sont accablantes pour nos m?urs. L?étude OMS -ministère de la Santé démontre qu?un Mauricien sur cinq consomme abusivement de l?alcool, surtout les jeunes. Cela, sachant que l?alcool est un autre fléau qui contribue à l?apparition de maladies non transmissibles telles que le diabète, l?hypertension, les problèmes rénaux, cardiovasculaires et même des formes de cécité.

Pour enfoncer le clou, le rapport conclut que les Mauriciens sont en général paresseux. Un peu moins de 30 % de la population âgée entre 35 à 54 ans exerce un sport. Alors que le taux aurait dû être de 60 % de la population.

Et puis, il suffit de se rendre à la mer un dimanche pour se rendre compte que nous avons des habitudes alimentaires qui devraient être remises en question. A Flic-en-Flac, par exemple, le sport favori des Mauriciens, c?est la bouffe et des boissons alcoolisées sous un filao. Le pique-nique prend fin dans l?après-midi sans que personne n?ait nagé ou effectué une marche à pied. Ils sont en effet peu nombreux parmi les Mauriciens, et beaucoup plus chez les touristes, à avoir pleinement profité de la mer, pour au moins45 minutes.

<B>Plan d?action</B>

L?étude a aussi comparé la progression et la régression des maladies non transmissibles ces 17 dernières années. Les résultats ont été compilés et sont en voie d?être finalisés à travers un volumineux document qui sera remis au gouvernement d?ici le début du mois de mars. D?ores et déjà, il est question d?un plan d?action qui devrait cibler quelque 600 000 Mauriciens concernés par les maladies non transmissibles.

D?ici là, d?autres chiffres évoqués par cette étude donnent la chair de poule. En 1987, 14,3 % de la population était diabétique et en 2004, on avoisine les 20 %, soit un Mauricien sur cinq, âgé de plus de 30 ans, souffre de diabète.

Un taux élevé de triglycérides, provoqué par un excès de consommation de fritures, de margarine dite 0 % en teneur de cholestérol et autres, touche 29 % d?hommes et 14 % de femmes. Ce chiffre n?a cependant pas évolué ni reculé depuis 1987.

Le cholestérol a, lui, considérablement diminué. Au-delà des 55 % de la population en 1987 en était atteinte contre environ 45 % de la population désormais. Ce taux demeure cependant très élevé. Il devrait tourner autour des 10 % de la population, car c?est l?excès de cholestérol qui va obstruer les artères coronaires et provoquer des infarctus ou encore des maladies cardiovasculaires.

Le plus inquiétant dans cette étude c?est que plus de 125 000 Mauriciens savent qu?ils sont diabétiques mais sont négligents. Ils continuent à avoir une mauvaise hygiène alimentaire et ne font aucune activité physique. Leurs médicaments, ils ne les prennent presque jamais mais ils se ruent vers les hôpitaux quand la situation a soudainement empiré?

La consommation du tabac, un des facteurs contribuant aux maladies cardiovasculaires et au cancer du poumon, est heureusement en chute libre. Ces dernières 17 années, ce taux est passé de 57,9 % de la population pour atteindre en 2004, 35, 9%.

Le facteur génétique est aussi une des causes principales de ce taux élevé de maladies non transmissibles. Mais une mauvaise alimentation des Mauriciens y est aussi pour quelque chose. Au cours de ces 17 dernières années, avec l?industrialisation du pays, les Mauriciens ont changé leurs habitudes alimentaires, précise un haut responsable du ministère de la Santé.

Les restaurants spécialisés dans le fast-food, mais aussi les marchands de dholl puri, briyani, mines et amuse-gueule de toutes sortes ont proliféré. Les Mauriciens frappés par les maladies non transmissibles ne sont en outre pas friands de poisson, de légumes et de fruits.

Ne serait-il pas temps d?introduire, comme c?est le cas dans certains pays européens, une fat tax ? Histoire de faire réfléchir à deux fois une entreprise qui écoulera sur le marché un produit avec un taux élevé de matière grasse ?

Mais il faudrait sans doute que les Mauriciens se montrent plus responsables dans leurs habitudes alimentaires. Ceux-là même qui lorsqu?ils se trouvent face à des complications de santé n?hésitent pas à râler. C?est la faute au médecin, c?est la faute au boulot?

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