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Livedoor doit répondre à la Justice

21 janvier 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le groupe internet japonais Livedoor, au coeur d'un scandale boursier qui a fait trembler cette semaine le marché de Tokyo, a été sommé hier de s'expliquer rapidement sur les soupçons de manipulations dont il fait l'objet.

Des procureurs devaient interroger dans la journée le directeur financier de l'entreprise, Ryoji Miyauchi, son directeur Fumito Kumagai et d'autres cadres de la firme, a rapporté l'agence de presse Kyodo, citant des sources proches de l'enquête.

Le président du Tokyo Stock Exchange n'a pas exclu que l'action Livedoor soit placée dans une section sous surveillance, ce qui pourrait conduire à un retrait de la cote, si la Bourse ne reçoit pas d'ici la fin de la journée le compte rendu d'une enquête interne effectuée par le groupe internet.

L'affaire Livedoor, qui a perdu depuis les premières perquisitions lundi la moitié de sa capitalisation boursière, soit 3,3 milliards de dollars, a fortement secoué la deuxième place boursière mondiale.

Stopper les transactions

La Bourse de Tokyo a été débordée par l'afflux de ventes et a dû stopper les transactions avec vingt minutes d'avance mercredi pour éviter une surcharge de son système de traitement des opérations. Le Tokyo Stock Exchange pourrait augmenter ses capacités de traitement dès la semaine prochaine.

Livedoor est soupçonné d'avoir communiqué de fausses informations aux investisseurs. Le groupe aurait émis de nouvelles actions pour «acquérir» de nouvelles sociétés qu'il possédait en fait déjà avant de revendre les titres sur le marché pour engranger des bénéfices, employés ensuite pour gonfler ses résultats.

«Chacune de ces actions reste dans les limites de la loi, mais quand on regarde l'ensemble du tableau, ces actions sont douteuses», déclare Takanobu Takehara, un expert juridique. Les procureurs devraient notamment tenter de déterminer si les dirigeants du groupe ont sciemment élaboré un plan pour tromper les investisseurs, estime-t-il.

L'affaire s'est compliquée avec l'apparent suicide d'un dirigeant d'une société d'investissement soupçonnée d'être liée aux transactions douteuses. Cet ancien confident du patron de Livedoor Takafumi Horie a été retrouvé mort mercredi après avoir été interrogé par les enquêteurs.

Cette enquête a aussi remis en cause la stratégie de cette start-up qui a connu une croissance spectaculaire par une série d'acquisitions agressives contrastant avec les pratiques feutrées et discrètes des milieux d'affaires traditionnels.

Livedoor a amassé en un temps record un large portefeuille d'une cinquantaine d'activités liées à internet. Le portail est l'un des plus populaires du Japon et le groupe détient des cabinets de consultants, des sociétés de logiciel, de gestion de réseau ou encore de commerce en ligne.

Ces deux dernières années, la société a tenté en vain d'acheter une équipe de base-ball, de s'emparer de Fuji Television. Horie a aussi été candidat aux élections législatives, mais sans succès.

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