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Docks disponibles après le vrac
Le chargement du sucre en vrac étant passé du rêve à la réalité, la question est de savoir comment utiliser l?espace antérieurement occupé par les anciens entrepôts sucriers, notamment au New Mauritius Dock et à l?Albion Dock, centralisés au sein de l?United Docks. Les projets ne manquent certes pas pour utiliser cette superficie désormais disponible. Le marasme économique les contrarie grandement. Il existe pourtant deux études de fiabilité effectuées en prévision d?un projet de reconversion des entrepôts existant. On prévoit cependant que 60 % des magasins disponibles seront loués à des industriels et à des importateurs. Sans être une zone franche, ces entrepôts peuvent être utilisés par ces derniers.
L?usine Serix, par exemple, s?est installée dans la zone portuaire depuis la mi-novembre 1980. Elle se spécialise dans l?impression sur tissus et dans la confection de robes paréos, kaftans. Elle n?a gardé qu?un département secondaire dans ses anciens locaux de la Plaine-Lauzun. Elle emploie 200 personnes. Elle est en opération depuis 1975. Elle exporte ses produits en Europe ainsi que dans les îles des Caraïbes et de l?océan Indien.
Des 650 000 pieds carrés appartenant aux United Docks dans la zone portuaire, 120 000 pieds seront inutilisables en raison de la construction de l?autoroute intra-urbaine. Celle-ci reliera l?autoroute du Centre (Port Louis-Phoenix) à celle du Nord, se dirigeant vers Mapou. En 1981, il est encore question de son prolongement vers le nouvel aéroport de la Plaine-des-Roches. Après l?abandon de ce projet, l?autoroute du Nord sera prolongée mais sur une voie jusqu?à l?entrée de Grand-Baie. Le marasme économique retarde la mise à exécution d?un projet de vendre 78 000 pieds carrés d?entrepôts à un joint venture de plusieurs firmes portlouisiennes.
Le New Mauritius Dock voit le jour vers 1878 pour remplacer le Mauritius Dock qui traverse alors une mauvaise passe. Le 25 août 1847, une proclamation officielle autorise MM. Mayer and Co d?utiliser certains quais et jetées lui appartenant pour le débarquement et l?embarquement de marchandises, sous la dénomination de la Mauritius Dock Company. La légalisation de ces quais aura lieu le 7 janvier 1874. Elle sera précédée par celle des infrastructures de l?Albion Dock le 15 septembre 1871. Cette compagnie portuaire fera l?histoire avec l?inauguration de sa ligne de tramway, le 14 août 1903, soit quelques mois seulement après qu?une épizootie de surra eut décimé la plupart des bêtes de somme (b?ufs, mules, chevaux, bourriques).
Autant l?Albion Dock conserve, dans une grande mesure, l?apparence qu?il avait avant le chargement du sucre en vrac, se contentant de mettre ses entrepôts disponibles à quelques industriels et importateurs, autant le panorama portuaire du New Mauritius Dock change du tout au tout pour devenir le Front-de-Mer du Caudan, heureuse initiative de la Mauritius Commercial Bank Ltd, permettant à d?anciens entrepôts portuaires de devenir la principale attraction touristique et ludique de Port Louis, attirant chaque jour des dizaines de milliers de visiteurs.
En mars 1994, on retrouve la première indication médiatique que ce projet de transformer une zone portuaire en centre d?attraction touristique coûtera, à l?époque, un milliard de roupies. A la mi-1996, on prévoit que le Caudan permettra au Port-Louis de retrouver sa vocation de capitale de culture et des loisirs. Le ministre du Tourisme, José Arunasalom, visite le chantier en juin 1996. Il se réjouit de l?aménagement de ?cet espace de convivialité?. En juillet 1996, on parle de passages souterrains pour relier le bord de mer au centre-ville, en passant sous l?autoroute intra-urbaine. On prévoit aussi des extensions de la zone de culture et de loisirs jusqu?à la place de l?Immigration. Des voix autorisées s?élèvent cependant pour contester la création du Front-de-Mer du Caudan alors qu?il existe tant de poches de pauvreté autour de la capitale. Les promoteurs vont heureusement de l?avant avec la réalisation de leur projet. On apprend, en novembre 1996, qu?il dynamisera l?artisanat local en mettant à sa disposition des boutiques et de nouveaux points de vente.
Mais il n?y a pas que les loisirs, la culture, le tourisme, la convivialité. Dès 1997, on aménage d?immenses parkings, un casino, un hôtel 5 -- étoiles (Le Labourdonnais). Le centre de Port-Louis se déplace graduellement vers le Caudan.
L?inauguration de ce complexe de huit hectares a lieu à la fin de novembre 1996. Pour son directeur, Philippe de Labauve d?Arifat, il s?agit avant tout d?un lieu de plaisir et de promenade ambitionnant, au départ, d?accueillir jusqu?à 20 000 visiteurs. En janvier 1997, un connaisseur, Gaëtan Siew, écrit : ?Le Caudan, c?est grand? J?ai vu des adultes émerveillés comme des enfants. Beaucoup découvrent des codes culturels et esthétiques insoupçonnés. Je voudrais remercier Mico Giraud pour avoir su rassembler une expression culturelle qui, autrement, serait partie en miettes? Ouvrir un tel espace à toute la population est un exploit très rare.? Et il signe : G. Siew, architecte optimiste. Tristan Bréville parle de nouveau concept spatio-social. Grâce au Front-de-Mer du Caudan, le XXI siècle peut commencer en fanfare à Maurice.
En janvier 1981, il n?y a pourtant que des docks vides de tout sac de sucre que le marasme économique ne permet pas d?utiliser de façon optimale.
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