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Abidjan accusé d’avoir orchestré les manifestations
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Abidjan accusé d’avoir orchestré les manifestations
Un haut responsable des Nations unies a réitéré mardi les accusations onusiennes selon lesquelles le gouvernement ivoirien a orchestré une série de manifestations violemment hostiles à l’Onu survenues ces deux derniers jours, ajoutant qu’elle avait exigé qu’il y soit mis un terme, a-t-on appris de sources diplomatiques. “Ce qui a été déclenché peut être stoppé”, a déclaré Jean-Marie Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix de l’Onu, lors d’une session à huis clos du Conseil de sécurité, selon des diplomates présents.
L’émissaire spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire, Pierre Schori, a rencontré mardi le président Laurent Gbagbo afin de lui demander que cessent ces manifestations, et ce dernier a promis que la situation s’améliorerait mercredi, a déclaré Guéhenno, selon les diplomates. Ces manifestations hostiles à l’Onu ont suscité des doutes quant aux efforts déployés par la communauté internationale pour réunifier le pays et y ramener la paix. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, est divisée depuis la guerre civile de 2002, sa partie nord étant aux mains de rebelles.
Les Nations unies, appuyées par des médiateurs internationaux, peinent à faire appliquer un plan de paix prévoyant la tenue d’une élection présidentielle avant la fin octobre, à l’issue d’un processus de désarmement. Les manifestations ont éclaté quand un groupe de travail international chargé de surveiller la progression du processus de paix a recommandé, dimanche, que le parlement ivoirien – dominé par des fidèles de Gbagbo, mais dont le mandat a expiré le mois dernier – soit dissous.
Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a condamné ce qu’il a qualifié les “violences orchestrées dirigées directement contre les Nations unies” à Abidjan, Daloa, San Pedro et Guiglo, entre autres secteurs. S’adressant à des journalistes après avoir présenté un compte-rendu de la situation aux 15 membres du Conseil de sécurité, Guéhenno a réitéré dans les mêmes termes le message d’Annan. Selon lui, ces violences “créent un climat menaçant pour tous le personnel international venu fournir son aide”. “C’est inacceptable”, a-t-il ajouté, confirmant que Schori avait rencontré Gbagbo pour demander qu’il soit mis un terme à ces émeutes. Nouveau coup dur pour la médiation de l’Onu, le Front populaire ivoirien de Gbagbo a annoncé qu’il se retirait du processus de paix. Il a appelé au retrait des 7 000 soldats et policiers de l’Onu et à celui des 4 000 soldats français participant aux opérations de maintien de la paix dans le pays.
<B>Irwin ARIEFF</B>
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