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Duel décisif au Chili entre Bachelet et Piñera
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Duel décisif au Chili entre Bachelet et Piñera
Les électeurs chiliens sont appelés à voter, hier depuis 7 heures, à l?occasion du second tour de l?élection présidentielle. Lors de son dernier meeting, l?ex-ministre de la Santé et de la défense, âgée de 54 ans, très souriante et vêtue d?un tailleur bleu ciel, s?est dite ?certaine de gagner?, devant 200 000 manifestants réunis dans une ambiance de kermesse sur ?Alameda?, l?avenue principale de la capitale. ?Il n?y a pas de doutes, dimanche (hier) je serai la première femme présidente du Chili?, a lancé Mme Bachelet, au milieu de cris de la foule clamant: ?Se siente Michelle presidente?. (Cela se sent, Michelle présidente).
Quelques heures auparavant, un dernier sondage publié par l?Institut Mori annonçait une large victoire (53 % contre 47 % pour Piñera) pour cette candidate anti-conformiste qui se définit ironiquement comme ayant tous les ?péchés? comme socialiste, mère célibataire et agnostique. Si ces prévisions se vérifient, elle sera la première femme élue au suffrage direct à la présidence d?un pays d?Amérique du sud et la quatrième en Amérique latine.
Dans son discours de fin de campagne, elle a évoqué son engagement politique précoce et la dictature d?Augusto Pinochet sous le régime duquel son père, un général proche de Salvador Allende, est mort torturé en prison, en rendant un ?hommage à tous ceux qui tombèrent dans cette tragédie?. Elle a aussi remercié chaleureusement les personnalités venues la soutenir comme les chanteurs espagnols Miguel Bosé, Ismael Serrano, Ana Belen, Victor Manuel ainsi que l?ex-chef du gouvernement espagnol Felipe Gonzalez et l?ancien ministre français de la culture Jack Lang.
Devant ses partisans, Sebastian Piñera, col de chemise déboutonné, sans cravate, s?en est pris à la Concertation démocratique, la coalition de centre-gauche au pouvoir depuis la fin de la dictature il y a 16 ans, dont Mme Bachelet est la candidate.La Concertation ?mérite-t-elle de gouverner quatre ans de plus ?? a-t-il lancé. ?Non?, a répondu la foule. Le Chili a ?besoin d?une alternance de gouvernement pour qu?entre l?air frais et que la lumière du soleil illumine notre pays?, a-t-il lancé.
Le matin, le candidat qui défend les couleurs de son parti de la droite modérée Rénovation nationale mais aussi de l?Union démocrate de droite (ultra-conservatrice), avait paru envisager un verdict défavorable des urnes promettant ?une opposition constructive? à un parterre d?industriels. Il tentera hier de priver Mme Bachelet d?une partie de l?électorat centriste de la Démocratie chrétienne, parti clef représentant un tiers de l?électorat. Car selon le sociologue Eugenio Tironi, M. Pinera séduit les électeurs conservateurs, urbains et masculins de la classe moyenne émergente.
@ Le Monde 2006. Distribué par The New York Times Syndicate
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