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L?éducation réveille l?opposition

14 janvier 2006, 20:00

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En énonçant son projet de réforme dans le domaine éducatif, alors que le pays était encore en période festive, le ministre Dharam Gokhool était loin de penser qu?il allait s?attirer autant de foudre.

Le tumulte a fini par faire sortir l?opposition de sa torpeur. Le débat qui fait actuellement rage est animé à la fois par des éducateurs et des parents. Il est particulièrement axé sur l?admission dans neuf des collèges d?État qui seront classifiés collèges nationaux, à partir de janvier 2007 et sur les critères qui départageront les 1 260 meilleurs élèves du Certificate of Primary Education devant accéder aux neuf collèges nationaux.

Les deux principaux partis de l?opposition appellent à la mobilisation. Paul Bérenger, leader du Mouvement militant mauricien (MMM) et de l?opposition, s?élève en particulier contre le manque de transparence en ce qui concerne les critères qui seront utilisés par le Mauritius Examination Syndicate pour répartir les 1 260 places qui seront disponibles dans les neuf collèges nationaux.

Campagne de sensibilisation

À ses yeux, la réforme annoncée constitue « un crime impardonnable contre l?enfant mauricien, nous ramène à plus de 50 ans en arrière et est pire que celle qui était en vigueur avant la dernière réforme.»

Steeve Obeegadoo, ancien ministre de l?Éducation et porte-parole du MMM sur ce dossier, en rajoute. Il est d?avis que la formule envisagée se résume à la réintroduction du système de ranking. Or, insiste-t-il, le gouvernement n?a pas de mandat pour réintroduire une telle formule. Il précise à cet effet que l?actuel Premier ministre de même que Dharam Gokhool avaient affirmé dans une déclaration à la presse le 1er juillet dernier qu?il n?était pas question de revenir à ce procédé.

Mention n?avait pas été faite non plus des neuf collèges nationaux qui absorberaient les 1 260 élèves les mieux classés aux examens de fin d?études primaires. « Le projet du ministère est à contre-courant de la tendance mondiale en matière éducative. » Il note que des neuf collèges nationaux, deux seulement se situent en milieu rural.

Tout en appelant à la mobilisation pour faire échec au projet gouvernemental, le leader de l?opposition met en garde contre tout « dérapage communal ». Le MMM envisage une campagne de sensibilisation et n?écarte pas l?éventualité d?un recours en justice.

Le Mouvement socialiste militant (MSM) ne va pas non plus de main morte. Son leader, Pravind Jugnauth, qualifie le ministre de l?Éducation de « bourreau qui est en train de décapiter nos enfants » Le projet, dit-il, va créer « deux types de collèges, deux catégories d?élèves et d?enseignants. » Il fustige également l?opacité des critères à être utilisés par le MES et craint que la nouvelle formule ne pénalise les familles démunies.

Une réforme à contresens de la « démocratisation »

Tous craignent que la formule n?accentue la pression sur les élèves et ne stigmatise ceux qui ne parviennent pas à obtenir de la place dans les collèges nationaux. Pravind Jugnauth considère que cette réforme va à contresens de la « démocratisation » en matière éducative prônée par le gouvernement MSM?MMM.

L?opposition a aussi évoqué la flambée des prix. Le MMM note sous ce chapitre que « le mood de la population a énormément changé ces dernières semaines ». Ce qui pousse Paul Bérenger à prévoir « de grands bouleversements dans le courant de cette année. »

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