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Averses à l?horizon et craintes d?inondations
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Averses à l?horizon et craintes d?inondations
L?été sera chaud et? pluvieux. Ce qui n?augure rien de bon pour ceux qui doivent subir, année après année, le contrecoup des grosses averses. Et le constat est sans appel. En effet, dans plusieurs faubourgs de la capitale et ailleurs, les habitants s?attendent encore à patauger dans l?eau, malgré l?effort fait par les autorités pour assurer le bon fonctionnement du système des drains.
« On peut faire preuve de compréhension quand il s?agit d?un cyclone très pluvieux. Mais lorsqu?on se retrouve avec de l?eau jusqu?aux genoux après deux heures de grosses pluies, là ça dépasse l?entendement », tempête Bouck, un habitant de Canal-Dayot. Ce canal est obstrué par la boue charriée par la rivière St.-Louis. Les habitants maintiennent que les autorités n?ont pas respecté leur promesse de le nettoyer. Quant aux gabions placés sur les berges de la rivière, ils s?écroulent un à un, réunissant tous les ingrédients nécessaires pour une inondation.
À Morcellement Foondun, Terre-Rouge, des drains ont bien été aménagés, à la satisfaction des habitants. La région est habituellement transformée en véritable cuvette à chaque averse mais, comme les Khoyratty, on se fie maintenant à l?efficacité des nouveaux drains. Pour d?autres, il ne faut pas trop y compter. « Il y a encore un gros risque de débordement dans la région, car des détritus se sont accumulés en amont du ruisseau Terre-Rouge », souligne Lindsay Morvan, travailleur social de Roche-Bois. Et là l?incivisme des riverains est encore une fois fustigée?
Yousoof Dauhoo, le président de SOS pauvreté à Vallée-Pitot, se préoccupe de la situation dans ce quartier bordé de montagnes. Le Canal Anglais, censé recueillir l?eau de pluie, ne remplit pas complètement sa mission car il est bouché depuis son commencement.
« Larzan ki leta inn depanse pou debouss so de branss ki trouv pli ba pa finn servi narie. » Même cri du c?ur à Bain-des-Dames, où plusieurs familles, dont celle de Rolande Caprice, doivent enjamber le mur entourant les maisons pour rentrer chez elles par temps de pluie.
Les Forces vives de Cité-Atlee sont également amères. « Notre demande, en 2002 et en 2003, pour une commission d?enquête sur les travaux dans notre cité a été refusée. Il y avait eu plusieurs inondations et ces travaux ne semblaient pas répondre à la situation. Les faits sont venus nous donner raison : les sites inondables le sont toujours, malgré des soit-disant travaux », expliquent Christian et Percy, qui sont membres des Forces vives.
Un exemple : à la rue Greenwood, un drain long de 300 mètres s?arrête brusquement? en pleine rue. Toute l?eau charriée se retrouve alors emprisonnée et déborde dans les cours et maisons avoisinantes. « Et pourtant, il y a eu des ingénieurs qui ont supervisé ces travaux et l?État a payé la somme due à l?entrepreneur concerné. Qui est le dindon de la farce ? »
Des drains qui pêchent par manque d?efficacité
Les habitants des maisons qui sont régulièrement inondées affirment avoir exprimé leurs doléances dès avant les élections, mais ni la mairie, ni les députés, ni les ministères concernés et ni la National Development Unit (NDU) « n?ont fait quoi que ce soit ». Durant la campagne électorale, « ils nous avaient assuré que les travaux des drains allaient se poursuivre. Aujourd?hui, personne ne s?y intéresse ».
Dans certaines régions, des drains ont bien été aménagés, mais ils pêchent par leur manque d?efficacité. C?est le cas à Cité-Mangalkhan, où ils ne comportent que peu d?ouvertures pour que l?eau puisse se déverser. De plus, ces rares ouvertures sont bouchées, car elles ne sont pas entretenues. « La rue devient une rivière, l?eau enlève l?asphalte et on se retrouve avec d?immenses nids-de-poule ! De plus, il faut parfois faire appel aux pompiers », soupire Joyce. Dans certaines rues, les drains n?ont pas la dénivellation nécessaire pour évacuer l?eau.
« Guvernma ale guvernma vini nu lakaz inonde »
À Quatre-Bornes, les conduits censés évacuer les eaux qui descendent de la colline Candos ne mènent nulle part et se retrouvent dans un cul-de-sac. Conséquence : elles se déversent dans un terrain légèrement en contre-bas et créent un « lac » naturel. Pour-tant, en ce 2 janvier, il n?a plu que pendant deux heures?
À un jet de pierres de la MSPCA se trouve la Rivière Sèche : on aperçoit à peine le cours d?eau, perdu dans d?épaisses broussailles. « Le lit de la rivière n?est jamais nettoyé. Chaque averse sur les hauts plateaux apporte de la boue qui s?entasse et forme de petites ?îles?, avec une végétation dense. L?eau a moins de place pour se frayer un passage et déborde, causant érodant encore plus les berges. Faudra-t-il que cela provoque un glissement de terrain important, avec des maisons situées au bord des falaises tombant à l?eau pour que les autorités agissent ? », se demande Pierre, un riverain.
« Guvernma ale, guvernma vini, nu lakaz inonde. » 2006 verra certainement cette doléance revenir souvent.
Les autorités se penchent sur les caniveaux
Le ministère de l?Environnement et la NDU s?assurent que les drains et les canaux sont bien entretenus avant l?arrivée des grosses pluies. « Des directives ont été données aux collectivités locales pour dégager les conduits obstrués et enlever tout obstacle bloquant l?écoulement des eaux pluviales. La Development Works Corporation s?occupe des grands drains qui nécessitent un dragage. Tous ces travaux sont effectués sous la supervision d?un inspecteur », souligne Hurrydeo Bholah, Project Manager à l?Environnement. Vu le nombre de murs et de bâtiments construits sur des cours d?eau naturels, difficile de garantir un été sans inondations? La NDU poursuit, quant à elle, la construction des drains dans 91 endroits jugés prioritaires et identifiés en 2003.
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