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Année faste pour les artistes
<B>King : Fly me to the moon</B>
2005 aura été l?année King. Son morceau, Let me fly, est passé du bruissement au phénomène. Phénomène radiophonique d?abord, puisque le morceau est diffusé en boucle sur toutes les radios du pays, avant de devenir un phénomène populaire, fredonné par tous.
Let me Fly est choisi par les DJs, pour faire danser les noctambules, sur les pistes de danse. Let me fly, né un après-midi de brume, dans le studio personnel de Jenkins Kheejoo, alias King, n?était pas censé sortir de son studio. Morceau gospel, à la gloire de Dieu, Let me fly, plaît aux amis de son créateur.
Ces derniers poussent King a démarché les radios privées. Et c?est l?engouement. Ce mélange de langues et de genres, emballe les auditeurs. Le succès du morceau prend de cours son auteur-compositeur-interprète. D?abord réticent à l?idée de sortir un CD, King fini par accéder aux demandes de ses fans. Let me fly, le maxi four, sort chez tous les disquaires le 15 octobre dernier.
Humble devant le succès, King qui a fait de Let me fly, sa profession de foi, explique «Je n?en tire aucune gloire, sauf peut-être la satisfaction d?apporter le gospel dans les foyers mauriciens. »
Orphelin de père à neuf ans, King a connu une véritable descente aux enfers. Après un passage à vide, il rencontre Dieu. C?est la résurrection. Il compose des chants religieux, sort cinq albums gospel, jusqu?à ce que Let me fly le sorte de l?ombre. Réconcilié avec la vie, King est un bel exemple de réussite.
<B>Mighty Jah : Au c?ur du succès</B>
C?est le coup de génie de l?année ! Un refrain accrocheur, un mélange inspiré de ragga, de seggae et de séga. C?est comme cela qu?est né Sanz twa. Voici l?histoire de Curtis, Johnny et Wesley, appelés les Mighty Jah.
Leur chanson aurait pu être un slogan publicitaire. «Esaye sanz twa, mo pe dir? » Mais ils ont préféré participer à quelques manifestations populaires lors de la campagne électorale pour les dernières élections générales. Il faut dire que leur refrain cadrait parfaitement avec le thème de campagne d?un parti politique. On a moins apprécié, mais c?était leur choix. Il n?empêche que Sanz twa a le mérite d?avoir marqué l?année 2005. D?abord et surtout parce que cette chanson, née dans la tête de trois garçons, a su admirablement marier les genres.
Dans leur appartement à Baie-du-Tombeau, Curtis, Johnny et Wesley, la vingtaine triomphante, se sont librement inspirés des réalités d?aujourd?hui, pour confectionner un album de huit titres, porté par ce fameux Sanz twa.
Décidés à sortir de l?ombre, ils frappent à la porte de Cabana Productions et tapent dans l??il de Michael et Guérino. Quelques arrangements par ci, et le tour est joué. Deux mois plus tard, le disque est dans les bacs. Avec son cachet personnel, son rythme bien mauricien, Sanz twa, est devenu l?hymne de cette année. Chapeau les Mighty Jah !
<B>Evolozik : Artisans du son C?est la révélation de </B>
Rêve de star, malgré leur absence au palmarès de ce concours orchestré par IBL. Ils ont perdu une bataille, mais pas la guerre. Faute d?avoir plus au jury, Attane la pli passé, a pris de la place dans le c?ur du public. Et c?est le principal. Andy, Rory, Yannick et Jean-Paul, ont eu le mérite de créer le «saga», mélange de séga et ragga, pour composer Attane la pli passé. C?est dire qu?Evolozik n?a pas le goût des tendances actuelles. Bidouilleurs de son, grâce au savoir-faire de Rory, mordu d?informatique, ces quatre jeunes misent sur l?authenticité et la créativité.
Pour eux, un artiste n?a pas besoin de faire du spectaculaire pour triompher. Il doit simplement être vrai. Il doit innover, créer et se surpasser. Le morceau se devait d?être vrai, porté par des arrangements innovateurs. Ils acceptent les influences dont la musique locale est baignée, sans se laisser vampiriser. Ces quatre garçons d?une authentique gentillesse, savent ce qu?ils veulent. Ils se concentrent sur les possibilités d?un renouveau : le saga.
«Nous sommes artistes avant d?être chanteurs. Etre artiste c?est sans cesse innover, c?est faire avancer les choses, explorer d?autres pistes.»
Yannick, surnommé «Skandale», ne mâche pas ses mots. Si Rêve de star a été un beau tremplin pour sortir de l?ombre, le public attend désormais, l?album qui viendra confirmer qu?Evolizik mérite qu?on s?attarde sur eux.
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