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La guigne s?acharne?et le joueur aussi

30 décembre 2005, 20:00

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La chance ne lui a jamais souri, ou alors rarement. Comme des milliers de Mauriciens, Rozario a attendu hier avec fébrilité le tirage des numéros de la loterie verte. Agé de 47 ans, cet aide-chauffeur, originaire de Beau-Bassin, est ce qu?on appelle un zougader. C?est un accro des jeux de hasard : courses hippiques, jeux de cartes, paris sur les matchs de foot anglais et, bien évidemment, la loterie verte. Une « grosse » partie de son salaire mensuel y passe, ce qui n?est pas sans provoquer des disputes au sein de son couple. Mais qu?importe, il ne se lasse jamais de jouer et espère un jour décrocher le gros lot.

Rozario ne se rappelle plus vraiment le moment où il a commencé à s?adonner à des jeux de hasard. « C?était sûrement lorsque j?ai commencé à jouer aux cartes avec les collègues durant la pause déjeuner. » Et puis, ça a été les matchs de foot et les courses hippiques. Au début, il ne pariait que de petites sommes, mais, par la suite, il a augmenté ses mises, jusqu?à engager près de la moitié de son salaire. Il n?a connu, à aujourd?hui, pratiquement que des défaites.

« J?aurais ma chance un jour, j?en suis sûr, » nous a-t-il assuré, quand nous l?avons rencontré en début de semaine. Il venait d?acheter pour Rs 600 de billets de loterie au marché central. Loin de se laisser démotiver par son soy (guigne), Rozario joue régulièrement pour multiplier ses chances. Il déclare fièrement avoir tout de même déjà gagné aux courses. « J?ai gagné deux fois aux courses. Environ Rs 2 000 à chaque fois, » lâche-t-il fièrement. Mais quand on lui demande ce qu?il a fait de ses gains, il avoue les avoir perdus en pariant de nouveau sur une autre course.

<B>Tout son salaire</B>

Son goût immodéré pour les jeux de hasard, confie-t-il, n?a pas été sans lui causer quelques problèmes dans son couple. Marié depuis dix ans, il raconte que sa passion pour le jeu l?a amené à être obligé de découcher à plusieurs reprises. « J?ai besoin de parier, c?est plus fort que moi. C?est comme aux courses, j?adore ressentir l?adrénaline quand les chevaux sont dans la dernière ligne droite. »

Son amour pour les jeux de hasard lui a coûté son premier mariage. A cette époque, fait-il ressortir, il lui arrivait régulièrement de parier tout son salaire sur un match de foot, ou encore au casino. « J?ai compris la leçon. Aujourd?hui, je m?efforce de faire plus attention aux sommes que je dépense sur les paris.» Il indique qu?il consacre maintenant quelque Rs 800 chaque mois aux paris. « C?est ma femme qui m?a obligé de diminuer mes mises. J?ai essayé de lui faire comprendre que si je gagnais, on vivrait mieux, mais elle ne veut rien entendre. »

Pour le grand tirage de la loterie de fin d?année, son épouse, explique-t-il, a consenti à le laisser puiser un peu plus dans le budget familial. En espérant que la nouvelle année lui porte chance?

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