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Leur journal de l?année?
Benoît Lejeune
Mo ti bizin minis lenvironmen moi ! Oui, je pense être très à cheval sur les principes. Et lorsque je vois une demoiselle jeter inconsidérément un bout de papier sur le trottoir, je suis même capable de la réprimander ! Pas besoin de vous dire alors comment certains événements de l?année m?ont touché au plus profond de moi. Au premier plan, il y a bien sûr les différents concerts que j?ai donnés à travers l?île. Celui qui m?a le plus fait de l?effet ? Tout simplement le concert à Rodrigues à la fin de novembre. C?était un public chaud et l?accueil m?est allé droit au coeur. J?ai aussi mangé des fruits de mer tous les jours !!! Ce qui n?est pas négligeable !
Plus sérieusement, pour moi-même, cette année m?a beaucoup apporté sur le plan de la réalisation de soi. Je suis bien plus responsable et moins insouciant que je ne l?étais avant. D?ailleurs, en témoigne la construction de ma maison, qui progresse également. Vous savez aussi ce qu?est ma plus grande victoire ? C?est celle d?avoir pu conquérir un public de tout âge, avec mon tube Mo fam lor telefone. Je pense que ce style de musique, la technosoukouss, a été bien apprécié et que c?est une évolution dans le paysage musical mauricien. Et puis, il faut le dire, c?était un sujet à la limite banal, présent aux yeux de tout le monde. Pourtant, personne n?avait songé à faire une chanson de ce cliché.
Le monde musical local me met toutefois dans des colères pas possibles. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces musiciens ne se donnent pas à fond. Cela me rappelle une émission que j?ai vue une fois sur un chaîne câblée. Emission dans laquelle intervenait un chanteur mauricien. Ce jour-là, j?ai eu la honte de ma vie et j?ai même failli écraser la télé. Ce chanteur n?arrivait même pas à s?exprimer et je me suis senti du coup visé, parce qu?il donnait une mauvaise image de notre pays, alors qu?il y avait tant d?artistes qui auraient pu se retrouver à sa place et faire bien mieux. Et non, il a fallu que ce soit cet artiste-là ! Quel modèle le pays a offert à ceux qui regardaient l?émission ! Moi, tout le long, franchement, j?écumais de rage.
«Le monde musical local me met toutefois dans des colères pas possibles. (...) parce que ces musiciens ne se donnent pas à fond.»</I>
Cette année tire à sa fin. J?ai de nombreux projets en tête que je souhaite concrétiser, comme la construction de mon propre studio. Il y a aussi la Coupe du monde (vive la France !) et pour moi-même, j?ai décidé de changer de mode de vie et ne plus sortir.
Cela peut vous paraître étrange, mais c?est simple : lorsque vous sortez, des gens n?arrêtent pas avec leurs critiques et avec leur jalousie maladive. Donc, pour éviter ce genre de démêlés, une solution simple s?impose : je ne sortirai plus comme avant !
Vikram Jeetah
Mon année a été plutôt riche sur le plan éducatif. J?ai pu terminer des études supérieures que j?avais commencées en 2001, un MSc en Project Management et un MBA de Wits University à Johannesbourg. C?est l?un des meilleurs investissements que j?ai sans doute fait de toute ma vie. Je me réjouis également d?avoir pu acquérir quelque 150 bouquins sur la gestion, à Chennai, en septembre 2005. Car il faut le préciser : je suis vraiment un avide lecteur !
Professionnellement parlant, un privilège qui m?a été accordé me donne beaucoup de satisfaction : mon adhésion au groupe Sri Lankais Premadasa, très connu au niveau régional et international dans le domaine de la bijouterie. Avec cette étape, j?ai d?ailleurs pu ouvrir un magasin au Port-Louis Waterfront, Les Joyaux des Iles, en un temps record de deux mois seulement. Car le groupe a de multiples magasins de bijoux aux Maldives et au Sri Lanka.
Par contre, ce qui m?énerve vraiment question délai est le fait qu?un permis pour la vente de produits alcoolisés pour ma boutique touristique au Port-Louis Waterfront, notamment le rhum local, m?ait été octroyé après presque neuf mois.
Je pense vraiment que pour bâtir une nation d?entrepreneurs créatifs et innovateurs, il faut s?atteler à éliminer ce type de bureaucratie. Et plus important encore, venir à bout de la corruption.
«Qu?enfin, les Mauriciens prennent conscience de la gravité de la situation et qu?ensemble (...) nous ?uvrions pour l?avancement du pays.»m</I>
J?ai eu l?opportunité de voyager et de découvrir une centaine de villes, et je suis absolument certain que Maurice a le potentiel de développer davantage son industrie touristique.
Mais vous savez ce qui me chagrine le plus ? C?est que le Mauricien ne se rende pas compte de la beauté de son pays et n?hésite pas à le salir. Il faut vraiment qu?on change de mentalité.
Ce que je voudrais réellement ? C?est que face aux defis qui nous attendent, qu?on nous explique vraiment ce qu?il en est de l?état de l?économie. Pour, qu?enfin, les Mauriciens prennent conscience de la gravité de la situation et qu?ensemble, sans aucune distinction de caste ou de religion, nous ?uvrions pour l?avancement du pays. Que nous réalisions que la diversité est notre force et non notre faiblesse.
Paula Atchia
Je pense que cette année a été très intéressante d?un point de vue politique. Les femmes mauriciennes étaient davantage conscientes de leur place dans
l?arène politique. Et je suis convaincue que la lutte pour une participation renforcée de la femme dans ce domaine se poursuivra. Ma plus grande victoire de cette année est aussi axée sur les femmes. En fait, c?est une victoire collective : l?augmentation du nombre de femmes au Parlement, même si, bien sûr, un long parcours nous attend encore.
J?ai également eu l?occasion de vivre les élections en étant aux premières loges et un élément m?a vraiment mise hors de moi : tout le processus semblait tourner autour d?une seule chose, l?argent. Je me demande aussi s?il y a vraiment une démocratie à Maurice. Je me demande si toute personne qui, comme moi, ne soutient pas activement les deux grandes coalitions peut vraiment apporter sa contribution à la société.
En dehors de ce contexte politique, je me réjouis également que ma belle-fille ait pu, et cela, malgré tous les obstacles qui se sont présentés à elle, obtenir son diplôme de la SSR Medical School. Elle fait partie de la premiere cuvée de médecins made in Mauritius. D?un point de vue plus personnel, deux événements m?ont aussi marquée : ma retraite après 42 ans dans des écoles d?ici et d?ailleurs et la satisfaction de voir l?école internationale, que j?ai mise sur pied, atteindre sa vitesse de croisière. Elle est désormais prête pour passer dans d?autres mains.
<I>«Je me demande si toute personne qui, comme moi, ne soutient pas activement les deux grandes coalitions peut vraiment apporter sa contribution à la société.»</I>
Passons maintenant à une situation bizarre que j?ai vécue cette année. Je dirai que c?est lorsque j?ai été invitée à remettre des médailles aux étudiants de quatre écoles auxquelles j?étais précédemment associée. C?était dans le cadre d?une compétition nationale de natation. Et vous savez quoi ? Un ex-étudiant du college Père Laval m?a aidée dans cette tâche. Je vous assure que cette situation m?a mise mal à l?aise.
Je terminerai en disant que pour cette année qui pointe le bout de son nez, je voudrais mettre toutes mes reserves de côté et me lancer pour offrir mes services à ceux qui en ont besoin.
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