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Harry Potter et la coupe de feu

29 décembre 2005, 20:00

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Ce film n?est pas destiné aux jeunes enfants, car Harry Potter n?est plus un enfant, et son univers devient de plus en plus sombre. Alors parents, n?emmenez pas vos jeunes enfants le voir. D?abord, ils n?y comprendront pas grand-chose, ensuite ils pourraient se réveiller en pleurs la nuit et surtout, ils ne feront que déranger d?autres spectateurs durant la séance.

Les enjeux augmentant à chaque fois que sort un nouvel épisode, on comprendra que cette fois les producteurs aient préféré confier leurs millions à un réalisateur en rapport avec le sujet, et ayant déjà fait ses preuves dans divers registres (4 Mariages et Un Enterrement, Donnie Brasco). Le quatrième tome de la série, dont le récit est plus dense que les précédents, est aussi bien plus volumineux.

Cela suppose donc quelques coupes au cours de l?adaptation à l?écran, le film faisant comme les précédents épisodes un peu plus de deux heures et trente minutes. Quant au choix qu?ont fait le réalisateur et le scénariste de chercher à satisfaire à la fois les initiés et les autres, on peut le contester, car il finit par nuire à la fluidité du récit. Cela dit, malgré l?absence de certains passages (comme le match de quiddich) Mike Newell nous livre quand même une adaptation assez fidèle au roman pour faire le bonheur des initiés.

Le cinéaste anglais a su faire ressortir le côté sombre du roman, avec ce qu?il faut de nervosité dans le récit, de décors grandioses, de scènes d?action époustouflantes et de créatures horribles. On retiendra dans cette dernière catégorie, l?acteur Ralph Fiennes métamorphosé en Voldemort. Newell a également eu la bonne idée de réunir les personnages périphériques habituels qui donnent à la série son cachet, même si quelques-uns ne restent pas longtemps à l?écran (ils sont là parce qu?ils sont importants pour les prochains épisodes).

Quant aux personnages apparaissant uniquement dans cet épisode, ils sont tels qu?on se les représentait, et les non-initiés les trouveront crédibles : les filles de Beauxbâtons, les garçons de Durmstrang et le professeur Moody.

Surtout, Mike Newell a bien compris que malgré l?action dont regorge cet épisode, l?adolescence est au c?ur du récit. Harry Potter, Ron et Hermione doivent se trouver des partenaires pour le bal de leur école et font face comme ils peuvent à toutes les incertitudes et les embarras de l?entrée dans l?âge adulte. Ce qui donne lieu à certaines scènes comiques, cocasses et parfois même émouvantes.

Ces collégiens de Poudlard ont beau être des magiciens, ils n?en sont pas moins des adolescents normaux, c?est-à-dire des êtres humains ; ils ne ressemblent donc pas à des mannequins (?à l?état larvaire?). Et puis, comme dans le roman, la représentation de l?école de Poudlard se veut aussi celle d?une Angleterre multiraciale : ainsi, Leroy, les s?urs Patel et surtout Cho-Sang ne font pas que de la figuration.

Indiscutablement le meilleur film de la série, à ce jour, Harry Potter et la Coupe de Feu est le film à voir pour terminer l?année en beauté.

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