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Retour sur l?aide de Maurice après le tsunami
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Retour sur l?aide de Maurice après le tsunami
Il y a un an, jour pour jour, le mot tsunami est rentré dans le vocabulaire collectif. Et la région indianocéanique s?en est trouvée marquée à jamais. Ce jour-là, des milliers de personnes en Thaïlande, Indonésie et au Sri Lanka, entre autres, ont vu la mer se retirer à une vitesse extraordinaire avant de revenir avec une vengeance apocalyptique en forme de vagues géantes et dévastatrices. A l?origine de cette catastrophe naturelle, un séisme de 8,9 degrés sur l?échelle de Richter au large de l?île de Sumatra. Les énormes vagues provoquées ont voyagé des centaines de kilomètres pour ravager même la côte est de l?Afrique.
Maurice n?a pas été exemptée de cet état de choc. Comment aurait-elle pu ? Avec toutes ces images de pays et de peuples massacrés qui circulaient dans la presse et des pertes de vies qui se chiffraient rapidement à des centaines de milliers.
?La population n?a rien à craindre?, rassure le directeur des services météorologiques, Soobaraj Sok Appadu, quant à une éventuelle alerte tsunami. Si cela devait arriver, Maurice aura trois à quatre heures pour évacuer les zones vulnérables, en l?occurrence le nord et le nord-est du pays.
Quoi qu?il en soit, devant tant de misère humaine après le passage de ce tsunami, le pays a réagi de façon exemplaire que ce soit sur le plan de la solidarité envers les pays affectés ou sur celui de la mise sur pied d?un centre régional de système d?alerte précoce de tsunamis.
Le peuple mauricien a adopté une position sans équivoque envers ses frères et s?urs de la région qui ont littéralement tout perdu. Et la mobilisation tant du côté des secteurs public et privé que celui de la société civile a impressionné. ?Je n?ai jamais rien vu de tel?, confirme Nand Sooredoo, président du Rotary Club de Port-Louis d?alors.
Les inondations monstres qui avait paralysé le Mozambique en 2000 n?avaient pas suscité une telle réaction. Avec l?aide de La Sentinelle, de la Deutsche Bank de Maurice et des élèves de la Northfields International Preparatory School, le Rotary Club avait réussi récolté Rs 500 000 pour les victimes du tsunami au Sri Lanka.
D?autres exemples : le Lions Club de Port-Louis avait dépêché 400 tonnes de nourriture au Sri Lanka. La State Bank of Mauritius avait présenté un chèque d?un million de roupies au Mauritius Council of Social Service qui avait récolté au total près de Rs 5 millions. Les étudiants des écoles ont contribué au fonds spécial pour les enfants victimes du tsunami qui a été remis à l?Unesco. Le Sugar Industry Welfare Fund avait recueilli presque Rs190 000 qu?il avait reversées au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Ce dernier avait contribué à la reconstruction des infrastructures, telles écoles et ponts aux Seychelles à travers son bureau local. De son côté, le gouvernement mauricien avait promis la somme de Rs1 430 000 à être partagée entre l?Inde, les Seychelles, le Sri Lanka, les Maldives, entre autres.
Mais, comme le témoignent les rumeurs de malversations et de dérives financières à la suite de l?aide international en faveur des victimes du tsunami, un suivi est tout aussi important que les dons eux-mêmes.
Nand Sooredoo précise que seulement 10 % des Rs 500 000 récoltées par le Rotary a été reversé au Rotary Club de Sri Lanka pour la construction d?une école désignée par celui-ci. ?On attend le progress report?, souligne-t-il. Les Rs 450 000 restantes seront envoyées seulement si le Rotary Club de Port Louis est satisfait du rapport.
Maurice peut quand même se vanter d?avoir organisé une action concertée et concrète pour les victimes du tsunami. Seul point noir au tableau : lors de la deuxième Réunion internationale pour le développement d?un système d?alerte précoce de tsunami qui s?était tenu à Grand Baie en avril de cette année, ?des dons à hauteur de $40 millions à $50 millions avaient été promis. L?argent ne s?est jamais matérialisé?. C?est ce que déplore Soobaraj Sok Appadu.
Ainsi, si les Mauriciens ont réagi avec magnanimité, d?autres ont fait preuve d?hypocrisie. Le tsunami a peut-être changé le monde, mais l?humanité, elle, ne change pas.
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