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Mirella un an après

24 décembre 2005, 20:00

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S?il y a un mot, un sentiment qui se lit sur ses lèvres, et se déchiffre entre ses marmonnements, c?est bien l?espoir. « Banne dimoune fine bien aide nous. Nou meme nous pas ti croire. Nou fine reisi sorti un pe dan nou probleme », confie Mirella, 24 ans. Allongée sur son lit, deux couettes nattées, vêtue d?un haut mauve et d?un pantalon à carreaux, elle n?a pas changé. Elle ressemble toujours à une adolescente. Avec un peu de difficulté, elle se dresse et clopine vers la cuisine en tremblotant. Ce sont là les séquelles de l?incendie dont elle avait été jadis victime et qu?elle évoquait l?an dernier. Mais sa vie, par contre, a beaucoup changé.

Dans notre article en 2004, la jeune femme, enlisée dans la pauvreté, n?avait jamais pu célébrer Noël, ni offrir de cadeaux à ses enfants, Wilson et Lorianne. Après la parution de l?article, une chaîne de solidarité parmi les lecteurs et le public s?était créée. Une cinquantaine de lecteurs s?était mobilisée et certains lui avaient rendu visite et l?avaient aidée. Des étrangers de passage, touchés par son histoire, étaient allés la voir. D?autres lui avaient envoyé de l?argent pour qu?elle puisse célébrer Noël.

Les deux petits, qui rêvaient d?avoir une voiture télécommandée et une poupée respectivement, avaient été exaucés. « Nou fine gagne beaucoup cado, joujou avec banne dimoune », confie la timide Lorianne, dorlotant une petite poupée assise dans un baby-walker bleu, et qui va en chercher une autre, magnifiquement drapée dans une robe de mariée. Wilson, lui, joue avec une voiture tirée par une remorqueuse ainsi qu?une bicyclette.

Eux, qui n?avaient guère pu regarder la télévision, avait également reçu un poste d?un lecteur, touché par leur calvaire. De nombreuses denrées alimentaires, de l?argent, des vêtements, un réfrigérateur avaient été offerts à Mirella, qui vit avec ses parents, Jean et Eliette et son frère, Hansley.

La famille, qui vit dans deux chambres et une kitchenette en tôle, louées pour Rs 1 100 par mois, payée avec la pension d?invalidité de Mirella de Rs 1 300, n?avait même pas les moyens de s?approvisionner en électricité. Il y avait un compteur et des câbles électriques mais la connexion n?avait jamais été faite faute d?argent. Après notre article, nous avons effectué des démarches auprès du Trust Fund for Social Integration of Vulnerable groups, qui a alors institué une enquête sociale. Les responsables ont entrepris d?autres démarches pour aider la famille à se connecter au réseau électrique et pour que Hansley puisse trouver un travail.

Depuis janvier 2005, la famille a enfin l?électricité tandis que le frère, Hansley, est « enflé » de camion depuis huit mois. Et avec les dons en argent reçus, nous avons aussi ouvert un compte bancaire à Mirella. Ainsi elle peut subvenir aux besoins de ses enfants. Cela lui a aussi donné la possibilité de reprendre ses traitements pour ses tremblements. Grâce à la solidarité des lecteurs, Mirella a aujourd?hui retrouvé espoir. Elle s?apprête ce dimanche à célébrer Noël, simplement, dans sa petite bicoque, entourée de ses enfants et de ses parents.

RAPPEL

Le 12 décembre 2004, Mirella nous racontait son Noël en noir dans notre article. Une fête qui n?existait pas alors. De tout temps, elle a connu des tourments, affronté la violence conjugale. Maltraitée par un concubin qui forçait sur la bouteille, rouée de coups, des ecchymoses sur le corps et le nez fracturé, elle s?est finalement séparée de lui après un énième excès de violence. Mirella est devenue invalide après qu?une lampe à pétrole s?est déversée sur elle.

Aujourd?hui, elle ne peut pas parler clairement, boîte et ne peut guère utiliser ses mains. Ayant du mal à subsister et encore moins à nourrir sa famille, elle s?en allait souvent dormir la faim au ventre. Et la pensée de célébrer Noël, elle s?efforçait de la dissimuler au fin fond de son c?ur et mentait à ses enfants, qui désiraient une voiture et une poupée.

« Pou nou, pena Noël, pena narnien. Mo pas cone ki ete ene sapin, ki so coulere parski zame nou fine mette. Mo pas capav donne banne zenfant kado. Kan zotte demane moi si bolhomme Noël pou passer, mo bizin dire oui, mem si mo conne ki zame ça pou arive », disait-t-elle à l?époque.

Puis en décembre 2004, un miracle s?est produit quand les lecteurs, touchés par l?article, ont décidé d?intervenir pour aider cette famille, pour que Mirella puisse enfin célébrer Noël.

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