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FAO : Une bouée de sauvetage pour la pêche hauturière

22 décembre 2005, 20:00

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Nous parlons aujourd?hui d?ambitieux projets de seafood hub, d?entrepôts frigorifiques, de nouvelles conserveries de thon, etc. Mais à contempler nos navires de pêche, à lire les récits d?une énième disparition de marin-pêcheur à bord d?un chalutier, à entendre les doléances de nos armateurs se plaignant que nos pêcheurs sur bancs souffrent trop souvent de nostalgie aiguë après seulement 72 heures de navigation, le commun des mortels ressent une piètre opinion de notre industrie de pêche hauturière et voit difficilement comment elle pourrait devenir un nouveau et utile pilier économique, en dépit de l?étendue de notre zone économique exclusive, (y compris celle que nous accordent, malgré notre indifférence nationale, les Chagos, Agalega et Tromelin) et que nous envient maints pays industriels, à en juger par leurs bateaux braconniers qui l?envahissent par centaines, sinon par milliers, avec la complicité d?un système de surveillance à peine plus développé que celui de nos Coast Guards, incapables d?empêcher des bateaux long lines de braconner allègrement nos zones hors brisants, zones de radeaux flottants comprises. S?agit-il d?une perception erronée, dont le commun des mortels se rend coupable, ou d?un déficit de communication, dû tant aux journalistes qu?aux professionnels des relations publiques, attachés à l?industrie de la pêche ? Bien malin qui le dira. Les réminiscences d??il y a 25 ans? espèrent faire ?uvre utile, en déterrant un rapport de la Food and Agriculture Organization (FAO) concernant la pêche hauturière et rendu public à la mi-décembre 1980.

Pour cette agence de l?Onu, un package deal est nécessaire, à cette date, à la survie de cette industrie. Il ne peut y avoir de solution partielle. La collaboration des armateurs, pêcheurs, syndicalistes, fonctionnaires (!) s?impose impérieusement. C?est du moins l?avis des experts U.N. Wijkstrom et T. Kroepelien. Ils ont été dépêchés à Maurice, en 1979, pour identifier les moyens d?augmenter notre approvisionnement en protéines provenant de la mer nourricière. Ils ont aussi à se prononcer sur la nécessité de la création d?une compagnie nationale de pêche qui ne serait pas nécessairement la propriété de l?Etat (comprenne qui pourra) et sur les implications financières que cela implique. Ils doivent évaluer les investissements requis, indiquer les structures à mettre en place et analyser la situation financière de nos compagnies de pêche.

Les faiblesses de cette industrie, au dire de MM. Wijkstrom et Kroepelien sont dues à (i) un management inexpérimenté, (ii) l?usage de bateaux d?occasion comme bateaux mères, cause de réparations onéreuses et de chômage technique, (iii) un manque de planification à long terme et de facilités portuaires inadéquates, l?ignorance des compagnies des efforts gouvernementaux pour promouvoir de nouvelles techniques, (iv) un syndicalisme inexpérimenté négociant à court terme sans tenir compte des stratégies à long terme. Il n?y a pas de solution magique et rapide. Seul un package deal respecté à la lettre par toutes les parties concernées peut aboutir à des résultats probants.

En 1980, la pêche sur les bancs se limite à une prise annuelle de 10 000 tonnes et à une diminution de la prise de chaque pêcheur à mesure que l?industrie se développe. Elle ne peut prétendre créer un grand nombre d?emplois. Elle permet cependant une économie de devises et peut améliorer notre autosuffisance alimentaire.

Tout en insistant sur l?adoption impérieuse d?une stratégie à long terme, acceptée et respectée à la lettre par les parties concernées, syndicats et fonctionnaires compris, MM. Wijkstrom et Kroepelien s?aventurent à indiquer certaines mesures à court terme. Elles concernent la formation des administrateurs, des cadres, des marins-pêcheurs, l?indexation du prix du poisson sur ceux du fuel et des bateaux de pêche, l?obligation faite aux bateaux étrangers, pêchant dans notre zone économique exclusive, de débarquer leurs prises au Port Louis, introduction d?une taxe sur le poisson débarqué par des étrangers, le recrutement d?un Fleet Manager pour aider les compagnies dans la gestion de leur flotte, celui d?un architecte naval pour faire les plans de bateaux de pêche et pour reconvertir au mieux les navires achetés d?occasion, une meilleure concertation avec les autres pays du sud-ouest de l?océan Indien pour la bonne gestion des dossiers internationaux dont celui de l?octroi des permis de pêche au thon, la mise sur place d?un plan d?action visant à améliorer les relations industrielles au sein de la profession.

Le ministre de la Pêche d?alors, Iswardeo Seetaram, précise qu?il faut investir Rs 350 000, en 1980, pour créer un seul emploi dans l?industrie de la pêche. Il se permet de dire que l?expérience seychelloise en la matière est? catastrophique et que le gouvernement de l?archipel perd deux millions de roupies par bateau et par mois. Il se réfère plus volontiers au Japon, à la Corée du Sud et à Taïwan où la pêche en haute mer est entre les mains du secteur privé. Il conclut curieusement qu?il faut créer une compagnie nationale de pêche. Comprenne qui pourra. Notons que M. Kroepelien est conseiller de la FAO auprès du gouvernement? seychellois.

Notre industrie de la pêche se porte-t-elle mieux depuis la publication du rapport Wijkstrom et Kroepelien ? A ses dirigeants et porte-parole de nous répondre s?ils en sont capables.

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