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Wallace & Gromit : le Mystère du Lapin-Garou

22 décembre 2005, 20:00

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Pour ceux qui ne connaissent pas ces deux personnages, Wallace est l?inventeur quelque peu farfelu qui fait aussi office de justicier et Gromit son chien fidèle, remarquablement intelligent, qui, en plus de résoudre l?énigme, tire toujours son coéquipier (il ne saurait être question de maître) des mauvaises situations dans lesquelles se retrouve immanquablement ce dernier. Les autres, probablement moins nombreux, qui auront suivi la série télévisée dans les années 1990, et qui auront vu les deux moyens métrages qui les ont présentés à un plus grand public, conviendront que Wallace et Gromit sont parmi les personnages d?animation les plus sympathiques jamais créés.

Promis il y a cinq ans par les créateurs Nick Park et Steve Box, Le Mystère du Lapin-Garou vient donc récompenser bien des attentes. A l?heure des images créées par ordinateur, tous les films de la série Wallace & Gromit, y compris ce long métrage, sont des stop motion pictures. C?est-à-dire que ce film, dont les personnages sont en pâte à modeler, a été fait image par image, chaque étape du moindre mouvement des personnages étant façonnée à la main, puis filmée, un peu comme pour le dessin animé d?autrefois.

Le Mystère du Lapin-Garou est un film fait à la main ? à part une ou deux séquences en images de synthèse. Ce qui déjà sur le plan technique confère au film une valeur d?ouvrage de grande qualité. Pensez au nombre de fois qu?on voit une main s?ouvrir ou se refermer dans ce film, au travail qu?il faut pour reconstituer un mouvement d?une telle complexité avec de la pâte à modeler et au degré de précision avec lequel les personnages du film accomplissent ce mouvement.

Contrairement à ce qu?aurait pu laisser présager l?idée d?un film réalisé avec des personnages en pâte à modeler, l?animation est précise et fluide, les décors sont foisonnants et soignés dans les détails, même pour les éclairages. Certains des passages les plus ?lugubres? à reproduisent à merveille le ton des films d?horreur d?antan, ceux de la Hammer House.

La Hammer était une société britannique spécialisée dans les films d?horreur, et l?on ne saurait trouver de meilleure référence pour cette parodie de film d?horreur gothique, dans lequel le Mal est incarné par un lapin gigantesque portant un n?ud papillon à pois blancs qui commet ses méfaits les nuits de pleine lune, et les innocentes victimes appartiennent toutes aux familles des tubercules, des agrumes ou des cucurbitacées. Donc, pas d?hémoglobine ; mieux encore : aucun mammifère ou oiseau n?étant tué ou estropié .

Mais, cette comédie est aussi (surtout ?) destinée aux plus grands. Les habitants de la ville sont des maniaques du jardinage, obsédés par le concours du plus gros légume, organisé par une aristocrate, Lady Tottington (au plus fort de la tension, le pasteur délivre un sermon sur la punition divine accompagné par des coups de tonnerre) et le félon de l?histoire répond au nom de Quartermaine, aventurier connu des amateurs de la littérature britannique du genre... Comme quoi Le Mystère du Lapin-Garou fait aussi référence à tout ce qui fait le charme de l?Angleterre provinciale, à l?univers de P.G Wodehouse. Surtout, l?humour est britannique, donc donnant dans le loufoque, l?incongru ou l?absurde et tout en finesse, évidemment. Avis est donc donné aux très grands enfants : qu?ils se fassent accompagner de très jeunes adultes.

PORTRAIT

Roman Polanski

Le dernier film de Polanski est une adaptation assez réussie, dit-on, du chef-d??uvre de Charles Dickens, ?Oliver Twist?. Cette réalisation constitue, en quelque sorte, un nouveau départ dans une carrière qui a connu des hauts et des bas. Après l?impressionnant ?Rose-mary?s Baby?, en 1968, il obtient, en 1974, un grand succès public et critique avec ?Chinatown?, qui reçoit 11 nominations aux Oscars.

Puis, une condamnation pour le viol d?une adolescente de 13 ans le conduit à fuir les États-Unis. Il réalise alors, en Angleterre, ?Tess?, nommé six fois aux Oscars. Les années 80 et 90, malgré quelques bons films, n?apporteront pas le succès rencontré dans les années 60-70. En 2002, il refait surface, grâce à son film ?The Pianist?, Palme d?Or à Cannes, grosse production dans laquelle il évoque l?occupation de la Pologne et du ghetto de Varsovie pendant la seconde guerre mondiale.

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