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Maurice ménagée lors des négociations à Hongkong
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Maurice ménagée lors des négociations à Hongkong
L?accord commercial arraché in extremis à Hongkong fait l?affaire de Maurice. Les acquis de principe obtenus lors de la conférence ministérielle à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) nous donnent un temps de répit. Mais les négociations sur les modalités qui démarrent en début d?année pour conclure le cycle de Doha en fin 2006 ne seront pas de tout repos.
La délégation mauricienne affirme avoir pu sauvegarder les intérêts de Maurice dans les domaines de l?agriculture, des produits manufacturiers, des services et du développement. ?Nous avons réussi à sauvegarder nos intérêts en empêchant l?érosion des préférences et en obtenant un traitement spécial dans tous les secteurs de négociations?, affirme Madan Dulloo.
Sur le plan de l?agriculture, Maurice s?en sort avec le maintien de certains acquis d?importance stratégique : les préférences historiques tels le Protocole sucre ; la possibilité d?inclure le sucre sous les produits sensibles (non soumis au régime de réduction tarifaire au même titre que les autres produits agricoles); l?exemption aux engagements pour réduire les subventions accordées aux agriculteurs locaux; et l?exclusion des entreprises commerciales étatiques dans les disciplines de commerce multilatérales.
Résister aux pressions
?La reconnaissance accordée aux long-standing preferences est vitale pour nous?, déclare le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell. La libéralisation des échanges de marchandises manufacturières ne devrait pas nous déstabiliser non plus, selon les dires de nos négociateurs. Maurice ne s?engagera pas dans un processus de baisse de tarifs pendant un certain temps. Cela donne aux entreprises locales une certaine protection face à l?invasion des produits étrangers. Les difficultés rencontrées par le pays avec la perte des préférences non réciproques seront tenues en compte par l?OMC. ?Nous avons obtenu une plus grande liberté dans l?application des coefficients sur les tarifs. Cela nous a évité une baisse tarifaire trop brutale?, explique Rajesh Jeetah, ministre de l?Industrie.
La flexibilité demeure le maître mot dans les négociations sur les services. Maurice a pu résister aux pressions des pays industrialisés et les autres grands exportateurs de services tels l?Inde et la Chine. ?Nous avons pu maintenir la formule de négociations existante basée sur le principe d?offre et de requête dans un cadre bilatéral?, indique Madan Dulloo.
Déception toutefois sur la question du développement. Les ministres mauriciens disent que les contentieux sur l?agriculture et sur les pays les moins avancés ont pris beaucoup de temps et que le dossier du développement n?a pas reçu l?attention méritée. La délégation se dit néanmoins satisfaite des initiatives des Etats-Unis et du Japon pour soutenir financièrement les projets de restructuration des économies en développement.
Amédée Darga, le président de Enterprise Mauritius, qui faisait partie de la délégation, estime que les négociations sur les Trade-Related Aspects of Intellectual Property Rights (TRIPS) ouvrent la voie à de nouvelles opportunités à Maurice. La conférence de Hongkong a décidé d?amender l?accord sur le TRIPS. Cette démarche permettra aux pays pauvres et ceux en développement de s?attaquer aux pandémies au moyen des médicaments génériques. ?Nous pouvons attirer les investissements étrangers dans la production des médicaments génériques et les exporter vers les pays de la SADC et du COMESA .?
Le Secrétaire-général de la Chambre de commerce et de l?industrie, Mahmood Cheeroo, a, lui, évoqué les difficultés à venir sur les négociations concernant les modalités. Il était un des représentants du secteur privé . ?Nous avons gagné une bataille à Hongkong mais une guerre de tranchées nous attend maintenant. Maurice a su préserver certains acquis en raison des ambiguïtés lors des négociations. Les discussions sur les modalités seront difficiles. Les institutions du secteur privé sont prêtes à apporter leur soutien dans les négociations que ce soit à Genève ou à Bruxelles?, dit-il.
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