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SSR vu par Cassam Uteem
«Il serait temps aujourd?hui d?arrêter de se contenter de ce que Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) a réalisé, mais de se concentrer sur tout ce qui reste à faire», dit Cassam Uteem, ancien président de la République : consolider la démocratie, renforcer la nation, moderniser l?économie? bref, bâtir sur le formidable héritage légué par le Père de la nation.
Cassam Uteem intervenait hier, à Quatre-Bornes, lors d?un forum organisé pour commémorer la mort de SSR. L?association Selex, qui ?uvre pour l?unité et le développement, est à l?origine de cette manifestation.
Cassam Uteem donne une vision personnelle de la vie et de l??uvre de celui qu?il décrit comme «la force tranquille». Il évoque les années où celui appelé «le Père de la nation» exerçait comme médecin dans un cabinet à la rue Desforges, non loin de la rue Calcutta. Cassam Uteem y habitait lui-même. «Il recevait des patients avec des problèmes sociaux ou économiques», schématise-t-il.
L?ancien président de la République rappelle que SSR a été, dans les années précédant l?indépendance, la cible de l?oligarchie sucrière. Il porte un regard critique sur les négociations de Lancaster House, avant l?indépendance, lesquelles ont abouti à la séparation de la communauté indo-mauricienne en une majorité hindoue et une minorité musulmane. «Une faute politique, un réel désastre», soutient Cassam Uteem. Autre «faute politique monumentale» : l?accord pour l?excision de l?archipel des Chagos.
Cassam Uteem en profite pour rappeler une partie de son propre parcours politique : comment il s?est joint au Comité d?action musulman de Sir Abdool Razack Mohamed, et a été élu conseiller municipal dans une alliance avec le Parti travailliste?
L?intervenant reconnaît le leadership de SSR dans l?accession du pays à l?indépendance. Avec le recul, il qualifie la coalition avec le Parti mauricien social démocrate de Sir Gaëtan Duval de sage décision prise dans l?intérêt national. Mais il critique néanmoins la décision de l?ancien Premier ministre pour l?emprisonnement des dirigeants du Mouvement militant mauricien durant les grèves de 1971.
De SSR le parlementaire, Cassam Uteem estime qu?il était calme et poli, face à une «bande de jeunes députés peu orthodoxes». Il affirme que l?ancien Premier ministre utilisait son charme pour semer la discorde parmi ses adversaires politiques, à un moment où il gouvernait avec une infime majorité. Mais il reconnaît que SSR avait un profond respect pour la démocratie, qu?il était un humaniste.
«Il avait les défauts et les qualités d?un homme ordinaire et la sagesse et la vision des grands leaders», estime Cassam Uteem. Adepte des solutions «accommodantes», SSR avait horreur de la confrontation, «un suicide politique dans notre société multiculturelle».
Cassam Uteem admet qu?il y a eu des contradictions dans la carrière de SSR. Toutefois, il préfère retenir de son ?uvre politique le sens du respect, de la dignité, du consensus et de la justice sociale.
Cassam Uteem termine sur une note de regret. SSR aurait pu être le premier président de la République, en 1983, s?il y avait eu un consensus au sein du gouvernement d?alors pour que Maurice devienne une république.
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