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L?histoire en question
Non, il ne s?agit pas de ressasser le passé. Mais bien de coller à l?actualité. Celle du déficit d?images de l?histoire. Une discipline trop souvent perçue comme rébarbative. Trop longtemps réduite à la sécheresse des chiffres.
Mais ce sujet aux fulgurances souvent cachées entre des montagnes de documentation, ce n?est pas seulement la mémoire des dates. Ce serait alors comme limiter la lecture à une classe de récitation de ?Standard II?.
Ça y est. ?Mauricien enfants de mille races?, le premier tome de la trilogie de Jean Claude de l?Estrac, (publié l?an dernier) a fait son entrée dans les bibliothèques scolaires. Ouvrant l?accès à une approche volontairement différente.
Nous les entendons encore. Ces irréductibles qui s?interrogent : pourquoi apprendre l?histoire ? Le passé ne peut pas changer le monde. La preuve que si. Ne pas connaître son histoire, c?est ne pas avoir conscience du prix de ses vestiges ? monuments et sites ? qu?il faudrait protéger.
Elle éclaire mille facettes de notre réalité. Aide à comprendre le présent, en allant aux sources de nos croyances, de nos préjugés, de nos tabous. Apprendre l?histoire, c?est tout simplement se connaître. Faire connaissance avec ? l?autre?. Pour qu?il ne soit plus ce ?différent? dont on se méfie, que l?on méprise ou isole. Mais bien cet être avec qui nous avons une communauté de destinée. Qui partage nos peines et subit les mêmes décisions.
Maîtriser son histoire, c?est aussi s?assumer. Ne pas se laisser accabler par les stigmates associés aux ancêtres. Nous sommes des ?post-modernes?. Pourtant des pans de notre passé restent encore méconnus pour nombre de nos compatriotes. Ils n?en ont qu?une idée floue, nourrie par des on-dit si préjudiciables à la véracité. Comment dans ces cas-là, vouloir léguer un héritage aux générations futures, si nous sommes incapables d?en expliquer clairement la valeur et la portée ?
Pourquoi, par exemple, ne pas faire plus la promotion de la recherche généalogique ? Nous sommes sur un autre plan certes. Mais il faut bien se rendre à l?évidence. Les gens veulent qu?on leur parlent d?eux-mêmes, de personnes qui leur ressemblent. De leurs ancêtres. Et si les deux institutions qui proposent ce type de service : le centre Nelson Mandela pour la culture africaine et le Mahatma Gandhi Institute pouvaient prolonger leur prestations ? Et faire que rechercher ses ancêtres, soit aussi chercher à connaître l?époque à laquelle ils vivaient. Les événements marquants dont ils ont été témoins?
L?histoire, c?est aussi cet ensemble de connaissances qui permettent de tirer des leçons du passé, et éviter de commettre les même erreurs. Pouvoir dire avec certitude : plus jamais février 1999. Comprendre ?Les jours Kaya? (titre emprunté à Carl de Souza), c?est acquérir suffisamment de sagesse pour ne pas revivre ces temps troublés.``
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