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Urgence ToxSida

9 décembre 2005, 20:00

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Le talent pour la cause. Celui des anonymes, associations de bénévoles, représentés par les voix de Lynette et d?une jeune artiste du Street Theatre de Cité Mangalkan. Celui de toutes les associations qui se sont réunies au sein du collectif Tox Sida, qui regroupe PILS, le Centre Idriss Goomany, Exemp, Groupe A de Cassis, Chrysalide, Etoile d?Espérance, le Centre de Solidarité et le collectif Evasyon. Le talent aussi et la générosité de tous les artistes, eux aussi bénévoles pour la cause, qui sont venus chanter contre le sida.

La soirée a débuté avec l??uvre cinématographique du collectif d?artistes Evasyon qui a présenté un court métrage, un petit film intelligemment conçu autour du ressenti, des émotions qu?inspirent ou plutôt provoquent le sida, chez un malade, chez son entourage, chez des inconnus. Face à la peur ou l?ignorance, il faut briser le silence. Qui de mieux pour obéir à ces recommandations qu?un Masala Quintet de folie, composé de Philippe Thomas, Eric Triton, l?enfant de la ville devant son public, Menwar, Johnny Joseph et Frédéric Grenade.

Les bonnes épices ont mis le feu au c?ur des mélomanes, qui se sont volontiers enivrés de cette vraie musique, inspirée et inspirante. Reprenant tour à tour les succès de Menwar ou de Triton, le Masala Quintet a savamment dosé son rythme de blues, jazz et séga jusqu?à une reprise de Kaya absolument mémorable.

Le public, peut-être timide ou frigorifié par la nuit des hauteurs, n?a pas su applaudir à sa juste valeur la musique de ces ensembles, duos : le groupe Senfoni, la géniale Meera Mohun avec Ben Jam, l?étonnante Sangeeta Sharma, le charmeur Hardy Meunier, le volcanique OSB.

Mais il a au moins écouté et sûrement compris ce pourquoi tous ces artistes, de Maurice, Rodrigues, des Comores, de Madagascar (le feu sacré de Jaojoby), de La Réunion, des Seychelles (le géant Jean Marc Volcy que l?on aime tant), qui ont donné de la voix pour la cause.

Pour la plupart, ils ont repris les titres sur le sida, qu?ils ont enregistrés l?an dernier à l?occasion de l?album Mélodies pour la Solidarité, produit par la Commission de l?océan Indien et le PNUD. Les têtes d?affiches sont aussi restées sur la scène pour mettre toute l?ambiance possible avec leurs tubes. Le public était déjà là, c?est l?essentiel. Le public présent a aussi maintenant son rôle à jouer pour colporter le message, pour suivre les bénévoles puis les artistes et briser le silence et les tabous qui entourent malheureusement ce fléau qu?est le virus du sida. Si le public a répondu déjà présent au message lancé par le Collectif, au tour maintenant des autorités de reconnaître l?urgence d?une action.

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