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Roland Saide se demande pourquoi il a été battu
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Roland Saide se demande pourquoi il a été battu
Le monde entier célèbre la journée internationale des Droits de l?homme. Roland Saide, lui, panse ses blessures et nous fait le récit de son calvaire. «Si ou ti dan mo plas, mo krwar ou mor?», lance-t-il.
Mardi 29 novembre. Roland Saide, 47 ans, marié et père de deux enfants, agent de sécurité, se trouve près de la gare Jan Palach vers 11 h 30. Sept policiers en civil l?arrêtent. «Ki monn fer ?», demande-t-il, étonné. «Vinn dan van», lui ordonne-t-on. Saide est transporté au poste de police de Curepipe où on lui demande de grimper les escaliers. Prem Raddhoa se tient en haut des marches. Saide recevra un coup de pied en plein visage, allègue-t-il. «To mem pe rod mwa pou touye ?» lui aurait alors demandé le SP Raddhoa.
Saide est conduit dans une salle. Selon ses dires, on lui aurait alors placé un molleton sur la tête, des menottes aux poignets ? et de nous montrer des traces qui subsistent, une dizaine de jours après? Puis, affirme-t-il, ce sera une volée de «coups de pieds et coups de matraques». «Zot inn mem mars lor mwa» raconte l?homme. On le bombarde de questions, dit-il. «Mo ena tension ek mo ti pe senti tension pe monte ek enn lapolis inn al aste mo komprime apre ki monn donn li kas», allègue Roland. Entre-temps, dit-il, «mo ti pe vomi disan, disan pe sorti depi dan mo zorey.» Il s?arrête, hésite un moment avant de reprendre son récit : «Zot ti osi tir mo linz ek zet delo fre lor mwa apre inn met difil kouran devan ek derier.»
Après cet épisode, selon Roland Saide, d?autres policiers l?auraient conduit à l?hôpital Nehru à Rose-Belle où il est admis avec une côte et une jambe fracturées. Il restera deux jours à l?hôpital, sous la surveillance d?un policier, menottes aux chevilles et aux mains. Roland Saide allègue aussi qu?on lui aurait refusé le droit d?appeler sa femme.
Entre-temps, celle-ci recevra une visite des policiers qui fouillent sa maison. A ses questions sur la disparition de son mari, on lui aurait dit : «Pa kone.» Par la suite, un hebdomadaire annoncera que Roland Saide était un tueur à gages et que des armes avaient été saisies chez lui. «Ce qui est faux, dit Roland. Quand ma femme a appelé le journal en question, on lui a dit que l?information provenait de la police», affirme-t-il.
Saide rentrera chez lui, jeudi. Non sans avoir été contraint de passer au poste de police de Curepipe où on l?inculpe pour possession d?un canif. Il doit aussi se présenter en cour le lendemain. C?est ce qu?il fera. En la présence des hommes de Raddhoa. «Raddhoa est venu, m?a serré la main et m?a demandé de passer le voir dans l?après-midi. Je n?ai rien dit», affirme Roland. Il est condamné à payer une amende de Rs 2 000. Pourquoi n?avoir rien dit au magistrat ? «J?avais peur. Ils étaient là.» N?a-t-il plus peur maintenant ? «Si, répond Roland , mais mon avocat m?a convaincu de parler. Et lundi, j?ai donné une déposition à la commission des droits de l?homme.»
Il ajoute qu?à un moment on lui a demandé s?il connaissait le frère du SP Raddhoa. Qu?il ne connaît pas, dit-il. Et comment connaît-il le SP Raddhoa ? «Monn trouv so foto dan zournal.» Et de déclarer : « J?ai l?impression que les policiers se sont trompés de personne et quand ils ont réalisé leur erreur, ils m?ont inculpé parce que j?avais une arme inoffensive.»
Interrogé, le surintendant Prem Raddhoa laisse échapper : «Zot tou dir sa pou destroy charge mais moi mo péna commentaire.»
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