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Lutte farouche pour les villages dans l?Ouest
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Lutte farouche pour les villages dans l?Ouest
Les villageoises de 2005 feront date. Il n?y a jamais eu autant d?engouement ? et de candidats ? pour un scrutin local en 15 ans. Les conseils de village sont à prendre avec le conseil de district en ligne de mire. La lutte risque d?être farouche.
Le Morne n?échappe pas à cette nouvelle règle. Avec ses 483 électeurs, il semble loin de toute agitation politique, sauf pour les quelque 50 candidats qui s?affrontent. Quatre groupes se sont constitués, fait unique pour Joe Ramalingum, conseiller sortant, et l?un des plus anciens membres du conseil de Rivière-Noire. Il tente une explication : « Les gens pensent peut-être qu?il est facile de diriger un village alors ils tentent leur chance. »
Au Morne, les groupes sont de plusieurs tendances, certains sont proches de l?Alliance sociale, d?autres de l?opposition. D?autres encore essaient de mélanger les tendances et miser sur la qualité des candidats. « On choisit ceux qui vont travailler, pas ceux qui pourraient se désister à la moindre occasion », insiste le conseiller sortant qui est aussi le chef de file du Groupement social du Morne. Un schéma qui se répète à Tamarin.
<B>La Pression des politiciens</B>
Dans ce grand village de l?ouest, cinq équipes et trois candidats indépendants s?affrontent. La joute sera épique,d?autant plus que plusieurs conseillers sortants, sur la même liste en 1997, ont monté leur propre groupe.
Pourtant, tous s?accordent à le dire : le village reste une grande famille . « Nous nous côtoyons tous, buvons le thé ou la bière ensemble », décrit Anerood Chunwan, candidat du Groupement progressiste villageois de La Gaulette et ancien conseiller au conseil de l?ouest. Kemraz Ortoo, chef de file du Parti socialiste à Gros- Cailloux et ex-président du conseil de l?Ouest, évoque la pression des politiciens : « Nous avons nos opinions et les politiciens en profitent ».
Mais qu?importe les pressions, ces élections sont un moment unique, durant lequel les villageois ont la possibilité de montrer leur capacité. Et le conseil de village a un rôle à jouer.
Si un gouvernement veut démarrer un projet, il faut qu?il passe par la base, le village. Le conseil de village fait remonter les informations lors d?une réunion mensuelle avec un représentant du conseil de district. Il conseille le district et le gouvernement. L?important, c?est le contact, selon Krishna Rutnee, chef du Groupement progressiste villageois et ex président du conseil de l?ouest.
Les candidats représentent, en général, leurs quartiers. Engagés, ils sont actifs dans les comités ou les clubs. Les équipes sont souvent panachées avec des candidats représentant leurs quartiers bien sûr mais aussi différents corps de métier. à Albion, par exemple, la liste du Parti phare comprend des maçons mais aussi des experts-comptables. Pour Balmick Jeetun, chef de file du Mouvement social à Bambous, les élections villageoises peuvent révéler des talents cachés.
Malheureusement, comme le fait ressortir Kemraz Ortoo, il y a des candidats qui n?ont aucune crédibilité. « Il y a aussi des gens choisis à leur insu », surenchérit Joe Ramalingum?
<B>Tractations</B>
Durant la campagne, chacun y va de sa contribution personnelle, certains plus que d?autres. Porte-à-porte, congrès, meetings, programmes, comités, affichettes, posters géants ... « Il faut être en contact avec les gens. C?est pour cette raison que nous avons choisi pour emblème le téléphone », insiste Anerood Chunwan.
De nombreuses listes se réclament d?une indépendance de parti. Même si des candidats sont proches du gouvernement ou de l?opposition. « Nous sommes surtout les porte-parole des habitants », insiste Sham Mathura, chef de file du Parti phare d?Albion.
À La Gaulette, le Groupement progressiste villageois a lui choisi son camp : celui de l?Alliance sociale. « Lorsqu?on est dans l?opposition il y a des bâtons dans les roues», témoigne Anerood Chunwan. Il explique que le quartier de Coteau-Raffin est resté enclavé faute d?accès à la route principale pendant plus de quatre ans. « À peine arrivé, le gouvernement a déjà fait les travaux », se réjouit-il .
Les tractations font bien partie du jeu. Elles sont même intenses, dans des villages, sur certaines listes. À l?Ouest, un ancien député et junior minister travailliste joue des coudes pour placer ses poulains. À Albion, un membre du MR encadre les candidats.
Proche ou pas du gouvernement, Kemraz Ortoo mise, quant à lui, sur l?organisation et la capacité de mobilisation des villageois et de leurs représentants. « Un gouvernement doit ?uvrer avant tout pour le bien-être des communautés locales », insiste-t-il.
Mais déjà, certains voient plus loin que le conseil de village. Ils ambitionnent de se positionner pour faire partie du conseil de district, voire pour la présidence de leur région.
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