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La BoM prône la rigueur fiscale et monétaire

2 décembre 2005, 20:00

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L?économie a besoin d?une sérieuse reprise en main. L?heure est à la rigueur fiscale et monétaire. Tel est le principal message du gouverneur de la Banque de Maurice, Rameswurlall Basant Roi, qui intervenait hier soir à l?occasion du traditionnel dîner annuel de la Banque centrale.

Devant un parterre de financiers et d?hommes d?affaires, le patron de la Banque centrale a préconisé la politique de la douche froide. Pour lui, il est temps «d?apporter de grands et rapides changements plutôt que de procéder par de petits changements graduels. Un plongeon dans l?eau glacée est moins douloureux qu?une immersion graduelle», soutient-il. Il n?y a pas d?autre alternative que d?ouvrir l?économie sans aucune forme de barrière, soutient le gouverneur de la Banque centrale.

«Les problèmes existent et vont continuer d?exister. Ils existent pour être redéfinis et transformés. Ils existent pour être surmontés. Un problème partagé est un problème réduit de moitié», poursuit l?intervenant.

L?appel du gouverneur de la Banque de Maurice pour davantage de rigueur fiscale et monétaire se justifie, dit-il, par les récents développements au niveau macro-économique et au niveau de la balance externe.

Dans la plupart des grandes économies, la croissance est dans une grande mesure tirée par la consommation. Tel n?est pas le cas pour Maurice où la croissance est propulsée par l?investissement et non par la consommation.

<B>Augmentation de la consommation</B>

Dans une économie ouverte et dépendant des importations comme Maurice, la hausse de la consommation conduit à des déficits dans la balance des paiements si elle n?est pas accompagnée par une croissance comparable des exportations.

Or la consommation des ménages a augmenté de 8 % en 2005, ce qui représente le double de la moyenne de 4 % de croissance économique enregistré ces dernières années, fait ressortir Rameswurlall Basant Roi.

Ainsi, après quatre années de surplus, le compte courant de la balance des paiements montre un déficit de Rs 5 milliards pour l?année fiscale 2004-05.

Le compte des marchandises a enregistré un déficit de plus de Rs 20 milliards, soit environ deux fois plus que l?année précédente.

De plus, la note pétrolière ne cesse de gonfler pour passer à Rs 11 milliards en 2004-2005, soit le double de la valeur payée trois ans auparavant. Pour l?année fiscale en cours, nos importations de produits pétroliers dépasseront Rs 13 milliards. Au total, sur chaque Rs 100 d?importation, le carburant représentera Rs 13.

«Ces développements impliquent des politiques de rectitude fiscale et une gestion robuste de la demande», estime le gouverneur de la Banque centrale.

La rigueur fiscale se justifie par le fait qu?il existe une relation entre le déficit budgétaire et le déficit commercial. Une théorie veut que la croissance des dépenses du gouvernement est absorbée par une hausse de l?épargne et que la consommation n?augmente donc pas. Dans le cas de Maurice, la consommation a au contraire augmenté, ce qui implique que l?épargne a diminué. Et le déficit commercial s?est creusé.

« Une réduction du déficit budgétaire s?impose donc. On doit recourir à la dentisterie fiscale et les cavités doivent être bouchées. Sur le plan de la politique monétaire, une gestion rigoureuse de la demande est à l?ordre du jour », déclare Rameswurlall Basant Roi.

Le gouverneur de la Banque centrale préconise donc un tour de vis monétaire. Les taux d?intérêts devraient donc probablement augmenter.

<B>L?assainissement du secteur bancaire complété</B>

Le processus de remise en ordre dans le secteur bancaire arrive à son terme, estime le gouverneur de la Banque de Maurice, Rameswurlall Basant Roi. Malgré les critiques et commentaires, la Banque centrale a mené à bien cette tâche de consolidation de l?industrie bancaire au cours des six dernières années. « They have talked the talk, we have walked the talk», dit-il. Aussi, l?année 2006 pourrait être marquée par des acquisitions dans le secteur bancaire. «Nous avons reçu plusieurs expression d?intérêts pour des reprises de la part de plusieurs banques de bonne réputation», indique le patron de la Banque centrale.

Par ailleurs, le régulateur du système banquier a profité du dîner annuel d?hier pour répondre à ses détracteurs concernant le rôle joué par la Banque centrale lors des diverses secousses qui ont ébranlé le secteur bancaire ces dernières années. La Banque centrale ne peut prendre des mesures agressives pour résoudre les problèmes d?une banque qui souffre souvent de plusieurs maux simultanément. Si on opère un patient de la tête, des jambes, de l?épaule et d?un calcul biliaire en même temps, toutes les interventions peuvent être des succès mais le patient mourra sous le choc. «Ce n?est pas dans l?intérêt d?un régulateur et de la société que l?on tue une institution financière par un choc violent. Notre principal souci est de sauver une institution en difficulté», déclare Rameswurlall Basant Roi. Le gouverneur de la Banque centrale a aussi critiqué les actionnaires qui au lieu d?agir comme principal chien de garde pour veiller aux intérêts de l?entreprise usent de leur autorité pour défendre leurs propres agendas.

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