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Prakash, le marchand de pain devenu avocat

27 novembre 2005, 00:00

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Comptable, économiste, infirmier en psychiatrie, journaliste, Prakash Bheeroo n?en finit pas d?étonner son entourage par sa versatilité. Il donne aujourd?hui une nouvelle direction à sa carrière, troquant sa blouse d?infirmier contre celle d?avocat. Jeudi dernier, il a, en effet, prêté serment devant le juge par intérim Bernard Sik Yuen.

Pourtant, rien ne présageait une telle réussite. Issu d?une famille modeste de huit enfants, avec un père sirdar et une mère femme au foyer, le petit Prakash connaît une enfance difficile.

Pour payer les frais scolaires, il se levait à quatre heures du matin pour aller vendre du pain. « J?achetais un pain à quatre sous pour le revendre à cinq sous. En vendant 100 pains par jour, je faisais un profit d?une roupie, ce qui me permettait de payer la scolarité. »

À 21 ans, après trois ans passés à se charger de la comptabilité d?une usine de Bonne- Terre, il s?envole pour la Grande-Bretagne pour poursuivre des études en marketing et en gestion qu?il complétera en 1978. Mais il doit freiner sa fougue, car les frais d?études prennent vite l?ascenseur. « De 400 livres sterling, ils sont passés à 4 000 livres. Dans ces conditions, il était impossible pour moi de continuer. »

Prakash n?envisage pourtant pas de rentrer au pays. « Il n?y avait pas de travail, qu?aurais-je fait à Maurice ? » Comme d?autres, il suit la mouvance et rejoint en 1979 les National Health Services britanniques. Tout en se spécialisant en psychiatric nursing, il gravit les échelons jusqu?à être promu Senior Manager. « J?ai appris à aimer ce métier car il fallait être à l?écoute des personnes. » En 1991, il est admis à l?université de Luton où il veut obtenir une licence en Community Management. Mais un accident de travail met brusquement fin à sa carrière d?infirmier psychiatrique la même année.

De retour à Maurice, il travaille comme journaliste free-lance dans un hebdomadaire. Insatisfait du système éducatif mauricien, il retourne dans son pays d?adoption quatre ans plus tard. On le retrouve ensuite sur les bancs de l?université de Middlesex où il étudie le droit. Son diplôme en poche, il complète un Bar Vocational Course en mars 2004.

Il débarquera à Maurice le 21 octobre 2004. Après son pupillage effectué aux Chambers de Me Rajesh Bucktowonsing, avoué, et de Me Maxime Sauzier, avocat, il prêtera serment sous le regard ému de Soondree, sa vieille mère de 80 ans. Il a hâte de pratiquer. « J?ai un faible pour les affaires criminelles et celles concernant la famille. Toutefois Me Sauzier m?a aussi donné goût aux affaires civiles, surtout celles ayant trait à la diffamation. » Le moins que l?on puisse dire, c?est qu?il n?a rien perdu de sa fougue d?antan.

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