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Un incendie détruit les locaux de la GWF

24 novembre 2005, 20:00

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Dans l?après-midi du 25 novembre 1980, le feu détruit irrémédiablement les locaux de la General Workers Federation (GWF), à la rue Brabant, Port-Louis. Les causes du sinistre ne sont pas connues et la police enquête. Le secrétaire de la GWF, Bidianand Jhurry, est un des seuls cadres à être présent sur les lieux au moment où les sapeurs-pompiers de la Fire Brigade de Port-Louis s?activent à circonscrire l?incendie. Les députés syndicalistes du MMM sont bloqués à l?Assemblée législative où d?importantes motions passent au vote. Il s?agit de motions aussi importantes qu?une demande d?annulation de la désignation des membres des commissions administratives, tenant lieu de conseils municipaux, et de celle des nouveaux tarifs de la CWA par point d?eau.

Le feu éclate vers 15h 30. Un automobiliste voyant s?échapper la fumée donne l?alerte. Les pompiers, mandés par un voisin, arrivent tout de suite. Ils doivent briser les cadenas pour pouvoir pénétrer à l?intérieur du bâtiment. Ils ne peuvent toutefois rien faire car le mobilier et les documents sont déjà la proie des flammes. B. Jhurry se trouve dans la salle à manger de l?Assemblée législative quand Bérenger le prévient que la GWF est en feu et lui demande de se rendre sur les lieux. Lorsqu?il arrive, il se rend compte qu?il ne reste plus rien du bâtiment servant de siège social à 54 syndicats. La GWF occupe ce bâtiment depuis 1974, année où le gouvernement travailliste l?autorise à reprendre ses activités syndicales après une interdiction remontant à décembre 1971. Il est d?avis que les archives, les documents légaux, les registres des membres, les carnets de reçus ainsi qu?une certaine somme ont été la proie des flammes. Officiellement le bâtiment est loué par le député Kader Bhayat.

Généralement, les bureaux de la GWF restent ouverts jusqu?à fort tard pour permettre la tenue de plusieurs réunions syndicales. Il en va autrement le mardi, jour des réunions de l?Assemblée législative car plusieurs dirigeants et négociateurs doivent participer aux travaux parlementaires.

La présence sur les lieux de l?assistant commissaire Juggurnauth (et futur commissaire de police) souligne bien l?importance que les autorités constabulaires accordent à ce sinistre. Parmi les badauds, certains n?hésitent pas à parler d?acte de sabotage. D?autres sont d?un avis différent et mettent en avant les remous causés au sein du MMM par le depart de plusieurs députés militants. La ?Riot Unit? surveille le bâtiment et fait bonne garde. Il fait partie de l?histoire syndicale du pays. Ces murs résonnent encore des fiévreuses discussions qui s?y sont déroulées. En août 1980, des syndicalistes y ont observé une grève de la faim pour obtenir du gouvernement travailliste qu?il respecte les promesses faites en août/septembre 1979.

Passé le temps des premières émotions, le MMM réclame une enquête sur l?incendie des locaux de la GWF. Le chef de l?opposition, Anerood Jugnauth, le fait par voie d?une ?Private Notice Question? adressée au Premier ministre. Dans un geste de solidarité, le MMM met son quartier général de la rue de la Poudrière à la disposition de la GWF qui accepte l?offre. Paul Bérenger rappelle que le DPP peut à tout moment décider d?un ?Fire Enquiry? en cas d?incendie, à la lumière de l?enquête policière. Il précise toutefois n?avoir aucune indication de ?foul play? ou de sabotage.

Un malheur n?arrivant jamais seul, une des deux régionales militantes du No. 9 (Bon Accueil-Centre de Flacq) dépose des motions de blâme contre Anerood Jugnauth et Paul Bérenger. Leurs auteurs leur reprochent de n?avoir donné aucune explication au sujet de l?expulsion de Vijay Jundoosingh le Flacquois. Ils reprochent aussi à Jugnauth d?avoir déclaré à un journal qu?il ne saurait être question qu?il soit candidat sur une même liste que Vijay Venkatasmy. Ce dernier annonce sa démission du MMM le 27 novembre 1980.

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