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?Putting the economy first?

22 novembre 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Stéphane Saminaden

Le réveil a été brutal vendredi dernier pour les consommateurs. Anesthésiée jusqu?ici par les discours lénifiants et les actions populistes du gouvernement, la population a été violemment ramenée à la dure réalité : les prix des produits que nous importons ne se décident pas à l?hôtel du gouvernement.

Il en est de même pour les produits pétroliers et le gaz ménager comme pour tout autre produit importé. Port-Louis n?a pas le pouvoir de réguler le prix des marchandises sur le marché mondial. Maurice qui importe pratiquement tout ce qu?elle consomme, aurait dû le savoir. Pourtant c?est le contraire que le gouvernement a fait croire à la population en réintroduisant le contrôle des prix.

C?était du vent. Une utopie qui a pourtant déjà causé la perte de 150 emplois dans le secteur de l?empaquetage du lait. Pour rien. Après la majoration des prix de l?essence et du diesel en octobre, le gouvernement a donc une nouvelle fois été contraint vendredi dernier à prendre des mesures courageuses et impopulaires. Contrainte par la réalité des chiffres?

Faute d?une majoration, c?est la situation des finances de la State Trading Corporation qui aurait tôt ou tard explosé au visage des gouvernants.

Paul Bérenger a été ridicule hier en réclamant le gel de la hausse des prix du gaz, du kérosène et du mazout. Si encore le MMM était engagé dans les élections villageoises, on aurait pu comprendre sa posture et son insistance particulière sur la hausse du pétrole lampant? Mais ce n?était en fait que le résultat du jeu de rôle qu?on appelle ici de la politique. Un leader de l?opposition? oppose. À quoi peut-on s?attendre d?autre ?

Et lorsque Bérenger propose de réduire la taxe à valeur ajoutée sur les produits pétroliers pour réduire l?impact de la flambée des prix mondiaux, il feint d?ignorer que c?est inconcevable compte tenu du niveau élevé du déficit budgétaire. Il était de 4,9 % pour l?année financière 2004-2005 et pourrait s?élever à 5,5 % pour l?exercice en cours en raison, entre autres, du transport gratuit pour les étudiants et les vieux.

Ainsi, le gouvernement a démontré qu?il peut donc comprendre la logique des chiffres et réagir en conséquence, quitte à être impopulaire. Tout espoir n?est pas perdu. On attend maintenant de lui qu?il étudie d?autres chiffres et d?autres paramètres afin qu?il en tire les conclusions qui s?imposent et qu?il agisse.

Les faits sont là. La croissance du produit intérieur brut (PIB) cette année sera autour de 3,2 % après plusieurs années sous la barre des 4 %. Le taux de chômage devrait tourner autour de 9,5 % cette année contre 8,5 % à la fin de l?année dernière. L?investissement a chuté à 22 % du PIB alors qu?il aurait dû être de 30 %. L?investissement privé est à 14 % au lieu de 22 %.

Les priorités de l?économie sont donc la relance de la croissance et la création d?emplois à travers l?investissement. C?est la seule issue, analyse lucidement Rama Sithanen, grand argentier.

On ne peut plus compter sur le sucre et le textile-habillement comme moteurs de l?expansion économique et encore moins comme générateurs d?emplois. On apprendra cette semaine quelle sera l?ampleur de la baisse du prix du sucre sur le marché européen. Mais à mesure que les discussions avancent à l?Union européenne, on se rend compte qu?il s?agit davantage de savoir quand interviendra la baisse plutôt que d?en savoir le quantum.

Le textile qui a déjà subi de plein fouet les conséquences de l?abolition des quotas est confronté à une nouvelle menace : une baisse de 60 % des droits de douane qui nous donnait jusqu?ici un avantage sur les prix. La Mauritius Export Processing Zone prévoit 21 500 pertes d?emplois si ce scénario se réalise.

Voilà donc les réalités auxquelles nous devons faire face. Le gouvernement n?a guère d?autre choix que de changer de slogan : ?Putting the economy first.?

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