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Pour vivre debout...

22 novembre 2005, 20:00

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Une petite case en tôle à quelques mètres de la route principale. Difficile de deviner qu?une pépinière entoure cette maisonnette. Pourtant, elle est là. Rengo et Marymé Spéville vivent dans des conditions précaires, mais ils l?ont compris. Il ne faut pas compter sur les autres pour améliorer leurs conditions de vie.

Tout au début, il n?était pas question de créer une pépinière. Marymé a pris goût aux plantes grâce à sa s?ur Maryline. Les fruits et les légumes ne manquent dans son potager. Pareil chez Marymé. ?Un matin, alors que ma femme s?était rendue au marché, elle a croisé un jeune homme qui vendait des plantes et des légumes?, raconte le mari. Il y a eu un tilt. Le couple s?est dit alors : ?pourquoi ne pas faire de même?.

Marymé et Rengo empruntent la somme de Rs 3 000 à la Caisse coopérative, remboursable sur 9 mois pour l?achat de fraisiers et de semences. L?argent a servi également pour l?acquisition de quelques matériaux. Mais cet argent ne suffit pas. Le couple essaie quand même de se débrouiller. Il a construit la pépinière avec des moyens du bord. Rengo a coupé des morceaux de bois pour monter une infrastructure sur laquelle il a placé des sacs en plastique pour protéger les plantes. Malgré les difficultés, Marymé a obtenu un prix à un concours. C?est fort encourageant.

Mais le temps prend le dessus sur la pépinière. Des trous béants laissent passer trop de lumière ou trop d?eau qui ne sont néfastes aux jeunes pousses. Il y a aussi environ 400 fraisiers et des semis dans de petits sacs qui traînent dans la cour. Il n?y a pas assez de places pour les ranger. Le cyclone ne fera sans doute aucun cadeau à Rengo et Marymé. Ils se souviennent encore du passage du dernier cyclone. ?Nous avons essayé de mettre le maximum de plantes dans la maison, mais les dommages étaient considérables.?

Il est certainement difficile de ranger toutes ses plantes dans deux pièces en tôle dans lequel vit le couple avec ses deux enfants. Rengo est pêcheur de profession, mais il donne un coup de main à sa femme qui gère la pépinière. C?est aussi un débrouillard. Il a cessé de fumer et de boire uniquement pour économiser de l?argent. A chaque fois qu?il touche une allocation de mauvais temps, il achète une feuille de tôle ou quelque chose pour la pépinière. C?est son courage et sa débrouillardise qui lui ont permis de construire sa maison sur ce terrain appartenant à l?Etat. Toutefois, comme la plupart de Rodriguais, il n?a aucun papier qui fait de lui le propriétaire du terrain.

Il a entamé des démarches depuis trois ans auprès des instances appropriées pour obtenir le bail, mais les fonctionnaires prennent leurs temps pour traiter son dossier. La banque ne lui donnera pas d?argent pour développer la pépinière de sa femme tant qu?il n?aura aucun contrat attestant qu?il est le propriétaire de ce terrain.

C?est un appel venant du c?ur que lance ce pêcheur. ?Mo envi debout lor mo lipie. Mo anvi travay pou mo mem. Aide moi pou gagn mo bann papiers?, demande-t-il aux autorités locales. Aussitôt que son cas sera régularisé, il pourra emprunter de l?argent et acheter les matériaux nécessaires pour la pépinière. Et du même coup améliorer, les conditions de vie de ses deux enfants âgés respectivement de 9 ans et 12 ans.

?Je ne connais rien à la politique. Je ne suis contre aucun politicien, alors je leur demande de m?aider. Je ne peux rien faire sans le contrat du terrain.? C?est tout ce qu?il demande pour ne pas être une personne assistée.

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