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?Positionner la SEM comme une Bourse de référence dans la région?

22 novembre 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>● Quelle est l?importance de l?affiliation de la Stock Exchange of Mauritius (SEM) à la World Federation of Exchange (WFE) ? </B>

L?accréditation de la Stock Exchange of Mauritius (SEM) au statut de membre de la World Federation of Exchange (WFE) s?avère être une étape très importante dans notre stratégie de positionnement de la SEM comme une Bourse moderne, qui opère en conformité avec les normes opérationnelles, technologiques et réglementaires exigées par cette institution. Cette affiliation comporte de nombreux avantages potentiels pour la SEM.

Être membre de la WFE constitue, en premier lieu, un sceau de confiance qui confirme que la SEM dispose aujourd?hui d?une infrastructure boursière qui est comparable à celles des Bourses très connues, qui sont beaucoup plus grandes que la nôtre, opérant dans un environnement plus sophistiqué et qui possèdent une histoire bien plus ancienne.

Cela devrait conforter les différents stakeholders de la SEM que nous faisons de notre mieux pour répondre à leurs attentes, malgré les nombreuses contraintes liées à la taille de notre économie, à l?exiguïté de notre tissu industriel et au nombre limité de produits financiers qui en découle. Cette affiliation devrait aussi nous permettre de faire entendre notre voix et de participer activement aux travaux du Working Committee de la WFE, un forum où se réunissent les dirigeants des Bourses membres de la WFE et où ont lieu des discussions d?ordre stratégique. Elle nous permettrait aussi de positionner la SEM comme une Bourse de référence dans cette région du monde et d?attirer davantage de flux d?investissements étrangers.

<B>● Selon vous, quelles ont été les évolutions décisives au niveau de la SEM qui l?ont permise de se qualifier comme membre de la WFE ? </B>

L?histoire de la SEM depuis 1989 est ponctuée de plusieurs étapes décisives qui ont certainement contribué à son évolution au statut de membre de la WFE. D?où notre sentiment qu?ils sont très nombreux ceux qui depuis 1989 ont contribué à mettre en place petit à petit l?infrastructure moderne dont nous disposons aujourd?hui. Il y a eu durant ces 16 dernières années quelques étapes importantes, telles l?ouverture du marché aux étrangers en 1994, la mise en place du Central Depository System (CDS) en 1997, la démutualisation de la SEM en 1999, l?adoption de nouvelles règles de cotation en 2000, l?automatisation de notre système de trading en 2001 et l?adoption du Securities Act en 2005, entre autres.

La soumission d?un dossier complet et la défense de celui-ci par l?équipe actuelle de la SEM et du CDS lors des deux exercices d?audit par les examinateurs ont aussi été d?un apport crucial. Je tiens aussi à souligner le soutien de la Financial Services Commis-sion (FSC) lors des exercices d?audit et mettre en exergue l?apport du gouvernement dans sa détermination de positionner Maurice comme un centre financier de renom.

<B>● La petite taille du marché n?a-t-elle pas été un obstacle ? </B>

La taille du marché n?est que le reflet de la taille de notre économie. Cela dit, nous avons aujourd?hui un marché dont la capitalisation boursière ? d?environ Rs 77 milliards ? représente près de 45 % du produit intérieur brut de Maurice, ce qui est comparable à d?autres marchés émergents connus et qui souligne que la Bourse est représentative de notre économie.

Pour revenir à votre question, les examinateurs ont souligné dans leur rapport à l?assemblée générale que Maurice est l?une des plus petites Bourses affiliées à la WFE. Cependant, ils reconnaissent que malgré notre taille et les nombreuses contraintes qui y sont associées, nous nous sommes efforcés d?investir dans une infrastructure de qualité et nous avons mis en place les structures opérationnelles et réglementaires nécessaires pour nous situer au niveau requis. Notre image et notre participation active dans des forums régionaux et internationaux ont certainement été d?un apport dans le processus décisionnel.

<I>?La SEM dispose aujourd?hui d?une infrastructure boursière qui est comparable à celles des bourses très connues, qui sont beaucoup plus grandes que la nôtre, opérant dans un environnement plus sophistiqué et qui possèdent une histoire bien plus ancienne.?</I>

<B>● Comment comptez-vous exploiter cette affiliation pour mieux en faire profiter la SEM ? </B>

Nous comptons participer activement aux travaux du Working Committee de la WFE afin de tirer un maximum de l?expérience d?autres Bourses pour continuer à apporter des changements et des améliorations à la SEM afin de mieux desservir nos différents stakeholders. Nous comptons aussi accélérer notre campagne de promotion à l?étranger sur les perspectives d?investissements à la Bourse de Maurice, notamment dans les pays où les investisseurs ne peuvent qu?investir dans les bourses qui sont membres de la WFE. L?Afrique du Sud en est un exemple.

Nous comptons aussi discuter avec d?autres acteurs importants, tels le ministère des Finances, la FSC, les Management Companies dans le Global Business Sector pour dégager une stratégie visant à attirer petit à petit les fonds étrangers à se faire coter à la SEM. La réussite de cette initiative ne sera pas facile vue la compétition venant des centres tels Dublin, Luxembourg, Cayman Islands, etc., qui se sont déjà forgé une réputation dans ce domaine. Mais il nous faut chercher de nouveaux créneaux, d?autant plus que notre paysage économique est exigu, ce qui suppose que notre marge de man?uvre sur le plan strictement local demeure limitée.

<B>● On a déjà noté un regain d?intérêt des investisseurs étrangers pour les valeurs de la Bourse de Port-Louis. Comment expliquez-vous ce phénomène tandis qu?il y a quelques années, c?était le mouvement inverse ? </B>

C?est un phénomène tout à fait normal dans le cycle boursier qu?un marché ouvert aux étrangers soit jalonné par des périodes où les flux d?investissements étrangers sont parfois positifs et d?autres fois négatifs. Je pense que l?intérêt montré par les investisseurs étrangers pour les valeurs cotées à la SEM depuis fin 2002 est dû, entres autres, à la bonne performance de certaines sociétés cotées, aux ratios d?évaluation attrayants sur certaines valeurs, aux rendements attrayants générés dans le temps par le marché boursier tel que démontré par l?indice SEMTRI, aux informations et statistiques transmises régulièrement par la SEM aux investisseurs étrangers à travers divers canaux tels Bloomberg et Reuters, et les efforts entrepris par certaines sociétés de Bourse pour vendre la place financière mauricienne aux investisseurs institutionnels étrangers. L?évolution des flux d?investissements étrangers dans l?avenir sera tributaire de la performance des sociétés cotées aussi bien que de l?évolution de l?économie mauricienne.

<B>● Le marché officiel accueillera un nouveau venu ? Naïade Resorts ? le 23 novembre. Les nouvelles cotations n?ont pas été très nombreuses ces dernières années. À quoi attribuez-vous cette situation ? </B>

Je pense que la cotation des sociétés en Bourse est souvent tributaire des mouvements cycliques du marché boursier. La période 1990-1995 avait vu plusieurs sociétés se faire coter en Bourse et lever des capitaux pour financer leur développement. Cette période avait vu une croissance importante des indices boursiers, rendant ainsi les exercices d?entrée en Bourse faciles et attrayants. La période de correction qui s?ensuivit n?était pas très propice pour de tels exercices.

Depuis 2002, nous assistons à une reprise importante du marché, ce qui devrait attirer plus de sociétés vers le marché. La réalité des chiffres en est autre jusqu?ici et nous espérons que les sociétés réaliseront, à l?instar de Naïade, que le marché boursier, moyennant une bonne et transparente gestion des sociétés cotées, peut être un puissant créateur de valeur pour les actionnaires et peut permettre aux sociétés de se financer à des coûts compétitifs.

<B>● Par rapport au problème de liquidité, ne pensez-vous pas que les entreprises cotées devraient ?float? plus de 25 % de leur capital ? </B>

Je pense que l?augmentation du free-float à plus de 25 % est une situation certainement souhaitable, mais ne constitue qu?une des conditions essentielles pour assurer plus de liquidité sur le marché. Il nous faut plus de sociétés cotées, plus de sociétés opérant dans des secteurs d?activité différents, plus de produits financiers. Il nous faut surtout attirer un plus grand nombre d?investisseurs individuels et institutionnels, locaux aussi bien qu?étrangers qui peuvent avoir des vues différentes sur l?attrait des instruments disponibles et qui n?agissent pas nécessairement dans le même sens.

À travers nos efforts de promotion de la Bourse localement et à l?étranger, par le biais de la création de l?Alternative Development Market, et une ouverture vers de nouveaux produits, nous essayons à la SEM d?apporter notre contribution pour améliorer la liquidité. Mais il est clair que le choix de se faire coter, d?augmenter le free-float, ou d?être plus actif et de faire tourner les investissements plus rapidement dépendent de la décision d?autres acteurs.

<B>● Les indices de la Bourse caracolent de records en records depuis bientôt trois ans. Quelles en sont les principales causes ? </B>

Je crois que la bonne tenue du marché durant ces trois dernières années est due à une conjonction de facteurs. Le lancement du SEMTRI en octobre 2002 est venu apporter un nouvel éclairage sur la performance du marché, en soulignant que malgré l?évolution cyclique du marché boursier, celui-ci tend à générer dans le temps des rendements totaux, plus-value plus dividendes, relativement attrayants. La bonne performance de certaines sociétés à forte capitalisation boursière a aussi contribué, de même que les corporate actions entreprises par ces mêmes sociétés.

Les flux d?investissements étrangers ainsi que l?existence d?un environnement favorable de taux d?intérêts ont aussi été d?un apport certain à l?essor du marché ces dernières années. On ne doit pas non plus occulter l?apport de la technologie qui permet à l?investisseur de suivre le marché en temps réel, de mieux sentir les tendances et d?exploiter avec plus d?efficience les possibilités d?investissement qui se présentent. Finalement, une meilleure diffusion d?informations sur les sociétés cotées par la SEM permet aux investisseurs de mieux apprécier et d?analyser les perspectives d?investissement en Bourse.

<B>● Quand sera lancé le second marché et où en êtes-vous sur ce dossier ? </B>

Le lancement du Alternative Development Market est toujours d?actualité. La SEM a achevé la rédaction des règles de cotation de ce marché et nous sommes en discussions en ce moment avec la FSC pour finaliser ces règles. Nous comptons, ensuite, engager des discussions approfondies avec les sociétés identifiées qui peuvent potentiellement faire partie de ce marché et établir un calendrier de mise en place de ce marché. Nous lancerons, par la suite, une campagne de sensibilisation des investisseurs et des sociétés quant aux objectifs, aux modes de fonctionnement ainsi qu?aux avantages d?un tel marché.

<B>● On avait également évoqué la nécessité de créer un marché pour les bons ? ?government and corporate bonds.? Cette idée est-elle toujours d?actualité ? </B>

Cette idée continue à faire son chemin à travers des discussions entre les différents stakeholders, dont la Banque de Maurice et la FSC. Nous sommes d?avis qu?un tel marché est important pour le développement à terme d?un marché des capitaux plus intégré et efficient, même si son développement requiert la conjonction d?un ensemble d?éléments et de facteurs importants et ne se fera que dans le temps.

<I>Propos recueillis par</I> <B>Stéphane SAMINADEN</B>

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