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Sucre : possible sursis d?une année pour la baisse
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Sucre : possible sursis d?une année pour la baisse
L?industrie sucrière locale pourrait gagner une année supplémentaire dans la réalisation de la réforme du régime sucrier européen. C?est ce qui ressort du document de compromis qu?a circulé la présidence britannique au début de la réunion ministérielle, hier matin, à Bruxelles. Mais la baisse du prix garanti est maintenue à 39 %.
La ministre britannique de l?Agriculture, Margaret Beckett, propose à Maurice et aux pays d?Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), une baisse initiale de 5 % en 2006-2007. Ce quantum représente l?aide que verse l?Union européenne (UE) aux raffineurs. Aucun changement pour la période 2007-2008. À l?année financière qui suit, à savoir 2007-2008, la réduction passe à 25 % pour atteindre le seuil des 39 % l?année d?ensuite.
Dans la proposition initiale rendue public au mois de juin, la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel avait fixé un calendrier de quatre ans, avec une réduction de 24 % intervenant dès 2006-2007.
La proposition britannique sera ensuite débattue au niveau du Conseil des ministres, afin de trouver un accord entre les États-membres. Notons que 11 pays de ce groupe de 25 avaient élevé la voix contre le texte initial de Mariann Fischer Boel.
?Nous sommes déçus. Nous avons toujours dit qu?une baisse de 39 % serait insurmontable pour l?industrie sucrière locale et cette baisse a été maintenue. Nous constatons la légère modification en ce qui concerne l?application de la baisse de prix?, a affirmé, hier, le secrétaire-général de la Chambre d?agriculture, Jean Li Yuen Fong. Dans ses propositions, les ACP étaient pour une baisse de 19 % étalée sur huit ans.
Le compromis en date d?hier annule la baisse réduite dont des États-membres avaient évoqué à l?issu des réunions avec la Commission européenne. En fin de compte, la proposition britannique s?aligne sur ce qu?a martelé la commissaire à l?Agriculture, à l?effet qu?une baisse de 39 % est inévitable.
Bien que le pays gagnerait une année au décompte, la question du financement de la réforme accélérée refait surface. En retardant l?introduction de la baisse, la Commission ne tenterait-elle pas de gagner du temps pour boucler son budget pour 2007-2013 ?
Dans notre cas, la Commission européenne avance une mince enveloppe de Rs 1,4 milliard la première année, pour l?ensemble des pays producteurs ACP. L?industrie mauricienne exige bien plus pour faire face aux nouvelles exigences du marché européen.
Exiger des moyens plus conséquents
?Pour transformer l?industrie, le pays exige des moyens conséquents, en amont de la réforme du régime de l?UE. Quelque 220 millions d?euros seront nécessaires pour financer la centralisation, mettre en chantier les projets tels la fourniture énergétique et subvenir aux frais sociaux?, affirme Jean Li Yuen Fong.
Le roadmap de l?Etat avance un montant de Rs 23,5 milliards, requis pour mener à terme sa réforme. La grande question porte sur la disponibilité de ces fonds. Valeur du jour, la Commission européenne est intransigeante sur le décaissement initial, s?élevant à 40 millions d?euros, (Rs 1,4 milliard) pour 2006. Et mathématiquement, en sa capacité de premier exportateur ACP, Maurice percevrait quelque Rs 500 millions.
Le montant de ces mesures pour les quatre années que durera la réforme est dans le domaine de l?inconnu, sauf pour 2006 où cette enveloppe de 40 millions d?euros a été avancée. Cette somme couvre les 5,1 % d?aide aux raffineurs, supprimée dès l?année prochaine.
Le bât blesse à ce niveau. Les betteraviers européens, qui seront également touchés par la baisse, auront droit à des compensations. Un budget conséquent leur a déjà été promis, sans compter d?autres aides conséquentes qui leur seront versées les années suivantes.
Pour le pays, l?enjeu est de plaider sa cause auprès de l?Europe avec l?accent sur l?importance de ces mesures d?accompagnement. ?Nous continuerons à nous battre pour nous assurer un accord juste. Il n?est certainement pas équitable que les partenaires les plus faibles soient les plus touchés?¸ a affirmé le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, dans un communiqué du groupe ACP.
La Grande-Bretagne pour les ACP
Intervenant à la 33e session plénière de la Food & Agriculture Organisation¸ lundi à Rome, Arvin Boolell a d?ailleurs fait ressortir au sujet des accords préférentiels: ?Small economies cannot constantly wait for crumbles to fall off the master?s table. We need our dough to bake our bread, to fill our breadbasket.?
Déjà, les écueils se dressent avant que le Parlement européen ne se soit penché sur la question. Le député français, Bernard Lehideux, dans une proposition de résolution, propose que cette enveloppe passe à 80 millions d?euros mais déjà, des voix s?élèvent.
Les perspectives financières pour la période 2007 à 2013 n?ont toujours pas été définies. Et sur la question de budget, le Parlement européen, qui ne peut influer sur la réforme, aura son mot à dire.
Fervent défenseur d?une réforme, la Grande-Bretagne est cependant en faveur de moyens conséquents en faveur des ACP, proposant une aide de Rs 18 milliards par année de réforme.
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