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?Notre sort est entre les mains de l?Europe?

21 novembre 2005, 20:00

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Ils sont 25 au total. Tous ministres de l?Agriculture. L?avenir de notre sucre est suspendu à leur décision finale à Bruxelles. Maurice le concède déjà. Le lobbying bascule sur les mesures d?accompagnement que l?Europe se propose d?offrir pour mitiger l?effet de la baisse.

Le Conseil européen des ministres de l?Agriculture démarre une réunion marathon aujourd?hui. Elle aboutirait à un accord politique, ce jeudi, sur la réforme de son régime sucrier. L?aspect phare est une baisse de 39 % du prix garanti sur quatre ans, l?une des propositions en date de juin 2005 émanant de la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel.

Le Conseil européen est unanime à reconnaître l?urgence de réformer. Des discussions en cours démontrent un fléchissement quant au chiffre final de la baisse suite au refus d?une forte minorité d?accepter la réforme dans son intégralité. Et c?est au démarrage de la réunion, aujourd?hui à Bruxelles, que la présidence britannique fera circuler un quantum de compromis.

Fermer usine et licencier en vrac

?Notre sort est maintenant entre les mains des ministres de l?Agriculture. Notre future prospérité économique et stabilité sociale reposent en majeure partie sur les décisions qui seront prises par ce Conseil?, affirme Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, et porte-parole du groupe ACP dans un communiqué hier.

Car sans aide, Maurice, premier exportateur du sucre ACP vers l?Europe, sera à genoux. Une telle réduction équivaut à Rs 4 mds de manque à gagner en termes de devises. Un effet néfaste pour l?industrie qui sera contrainte de fermer usine et licencier en vrac, sans oublier ces milliers de petits planteurs ...

A l?approche du vote, Mariann Fischer Boel maintient la pression pour défendre sa proposition de réforme. ?C?est une nécessité vitale que de parvenir à une décision. Les négociations seront rudes, mais j?invite les ministres à se montrer courageux. Nous continuons à faire le siège de tous les Etats membres pour rallier le plus grand nombre possible d?entre eux à ce grand dessein. (?) Il n?existe aucune autre alternative à une réforme en profondeur?, affirme-t-elle sur le site de l?Union européenne.

Dans le Financial Times d?hier, elle se montre catégorique : ?J?ai besoin d?une baisse de prix de 39 %. Si nous acceptons tout chiffre largement en dessus, cela équivaudrait à une autre réforme dans quatre ou cinq ans.?

En contrepartie, l?Europe est prête à verser dans le budget national des mesures d?accompagnement. Pas plus tard que vendredi, Mariann Fischer l?a réaffirmé en ces termes : ?Nous aiderons financièrement les pays ACP à s?adapter à la nouvelle réforme?.

Les ACP en sont conscients. Le groupe intensifie ses efforts pour obtenir des moyens importants en amont. ?Nous accueillons l?assurance reçue de nos partenaires européens, qu?ils prendront en considération nos inquiétudes. Les ACP sont confiants que les Européens s?en tiendront à leur engagement pris auprès des pays en développement?, espère Arvin Boolell.

Même à ce niveau, la bataille sera encore rude. La Commission européenne a débloqué un montant de Rs 1,4 milliard pour les 18 pays ACP. Somme dérisoire pour cette baisse- massue.

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