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Le palais de la discorde
?Relations incestueuses?, ?conflits d?intérêt flagrants?: telles sont les raisons avancées par James Burty David, ministre des Administrations régionales, pour expliquer la décision du conseil municipal de la capitale, prise le 26 octobre, de ?modifier? le projet de construction d?un ?palais pour colporteurs?(Hawkers Palace). Le ministre intervenait lors de la séance des questions parlementaires à l?Assemblée nationale. Il s?est dit ?favorable à la mise en place d?un Fact-Finding Committee pour faire la lumière sur la question?.
Pour l?heure, ?les travaux progressent?, confirme un responsable de la direction de l?entreprise de construction Gamma Civic. Pourquoi alors ce projet, décrit comme ?un rêve qui se réalise? par Hydar Ryman, président de la Street Vendors Association (SVA), suscite-t-il tant de controverses ?
La mise en ?uvre du projet de construction avait nécessité la création d?une entreprise, DBM Properties Ltd. Les deux principaux actionnaires en sont le conseil d?administration de la Development Bank of Mauritius (DBM) et la municipalité de Port-Louis. Ils doivent se réunir pour décider de la marche à suivre. Un troisième actionnaire serait, selon James Burty David, la firme de consultants retenue pour le projet, le cabinet Lam Po Tang et Siew.
Lors de la dernière séance de l?Assemblée nationale, James Burty David a rappelé que le lord-maire d?alors, Abdullah Hossen, était également le président de la DBM. Il a aussi affirmé avoir relevé d?autres ?faits dérangeants? en épluchant le dossier : notamment, que la letter of award du projet a été émise le 20 mai 2005, ?bien après la dissolution de l?Assemblée? et que les travaux ont débuté le 3 juin 2005, ?à la vieille des élections générales?.
James Burty David a également commenté la création de DBM Properties Ltd. Selon lui, cette création, et surtout l?allocation d?actions, sont ?source de grande inquiétude en vue du fait que les consultants (NdlR : Lam Po Tang & Siew) sont devenus des actionnaires de l?entreprise?. Il a poursuivi en ces termes : ?Plus dérangeant encore, c?est qu?au lieu d?apporter le capital upfront, DBM Properties Ltd a permis que l?investissement des consultants vienne en forme de déduction de leurs claimable fees. Cela vaut la peine de mentionner que le projet vaut Rs 550 millions et que les consultants recevront 10 % de cette somme.? Le ministre a conclu en disant qu?il ?n?existe aucune indication qu?un exercice d?appel d?offres a été effectué pour la sélection des consultants?.
<B>Le souci de l?entente</B>
De son côté, l?ancien lord-maire Abdullah Hossen ?dément catégoriquement? les accusations et affirme que toutes les procédures ont été effectuées en bonne et due forme. Il souligne que la DBM et DBM Properties Ltd sont ?deux entités totalement différentes?. Il précise en outre qu?il n?a jamais été membre du conseil d?administration de DBM Properties Ltd, ayant préféré laisser le soin à son town clerk d?y siéger. ?Le town clerk n?est pas un politicien, il représente la municipalité?, lance-t-il. Quant à la décision du conseil municipal de Port-Louis de modifier le projet, Abdullah Hossen estime qu?il appartient ?à DBM Properties Ltd de plancher sur la question?.
Pour les principaux concernés, les marchands ambulants, l?objectif est de trouver une solution qui fasse l?unanimité. Loin de ce que le Hawkers? Palace, dans sa forme d?origine, laissait entrevoir. C?est dans ce souci du consensus que Hydar Ryman a rencontré le lord-maire actuel, Reza Issack, mardi. Celui-ci a souhaité mettre l?accent sur le fait que le projet de construction d?un Hawkers Palace sera bel et bien concrétisé, en précisant toutefois qu?il souhaite ?décentraliser? la question des marchands des rues. Ainsi, Reza Issack a demandé à la SVA de désigner trois sites dans la capitale ? au nord, au centre et au sud ? qui peuvent accommoder ces marchands.
Le lord-maire a aussi lancé un appel à la SVA pour qu?elle propose ses propres recommandations. Ce que la SVA ne manquera pas de faire après son assemblée générale du 10 décembre. Hydar Ryman prévoit que le dossier, qui ?prend une autre tournure?, prendra forme à partir de janvier 2006. Ce délai est nécessaire à la SVA pour amener ses membres à un consensus et pour permettre à Reza Issack de consulter les autres partenaires, notamment les commerçants et la municipalité. Le président de la SVA précise également que la polémique autour du bâtiment est loin d?être une question primordiale.
Pour rappel, le projet initial comprenait deux sous-sols avec 120 espaces de parkings, trois étages offrant 972 étals (hawking units), un étage pour des restaurants et dix étages de bureaux. Le projet est prévu être financé par une souscription d?actions pour 50 % et par un emprunt pour l?autre moitié.
Comme dans toute polémique, celle qui entoure le ?palais des marchands de rue? est composée de revanchisme, d?allégations de malversations financières et d?incertitudes quant à la nature de son aboutissement. La mise sur pied d?un Fact-Finding Committee, qui semble probable, apportera peut-être plus de clarté sur la situation. Les marchands ambulants donneront leur opinion après leur assemblée générale de décembre. Comme le conclut Hydar Ryman, l?important pour eux, c?est de ?gagner leur vie?.
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