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Les pilotes perdent une manche contre Air Mauritius

16 novembre 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les allégations avaient fait l?effet d?une bombe. Mais celle-ci a été désamorcée par l?aviation civile britannique. Russlan Ramdowar, pilote d?Air Mauritius et président de la Mauritius Airline Pilots Association (MALPA), avait semé la panique à la fin de l?année dernière en soutenant que la compagnie nationale d?aviation ne respectait pas certaines normes de sécurité. Aujourd?hui, il fait face à l?effet boomerang : Air Mauritius a été blanchi après enquête et la compagnie pourrait le sanctionner.

Temps de vol des équipages

Russlan Ramdowar avait fait une série d?allégations à l?encontre du Paille-en-Queue dans une communication officielle à l?International Federation of Airline Pilots Association (IFALPA). Ces allégations avaient provoqué une vive inquiétude dans le milieu. Dans sa communication, Russlan Ramdowar avait soutenu que le Paille-en-Queue ne respectait pas la limite sur le temps de vol des équipages et que la compagnie violait certaines normes de sécurité.

Air Mauritius avait répliqué en soutenant qu?elle se conformait ?strictement? aux règlements établis par la Civil Aviation Authority (CAA) britannique.

Étant donné la gravité des accusations, le Département de l?aviation Civile (DCA) n?a eu d?autre choix que de demander à la CAA d?enquêter. Celle-ci a alors délégué David Gibb, expert en la matière. Le rapport de ce dernier a été soumis au DCA. Rapport qui blanchit Air Mauritius sur quatre des cinq points soulevés par Russlan Ramdowar.

Pour ce qui est du cinquième, David Gibb a recommandé un changement au niveau des appellations afin d?éliminer tout risque de confusion. Ceux qui ont lu le rapport affirment que ?ce n?est qu?une question de sémantique?.

Russlan Ramdowar est suspendu de ses fonctions depuis la fin de l?année dernière. Air Mauritius lui reproche d?avoir contourné la filière prévue pour soulever les manquements liés à la sécurité.

Selon la compagnie aérienne, le pilote aurait dû s?adresser au Security Officer et non se plaindre à la fédération syndicale internationale. Cela aurait causé préjudice à la compagnie car la sécurité est le maître-mot dans l?aérien.

?Intimidation?

Air Mauritius n?a pas encore reçu le rapport de la CAA. Il est toutefois clair que les conclusions de David Gibb placent la direction dans une position de force. Elle pourrait maintenant sanctionner le pilote Ramdowar.

Le Mauritius Trade Union Council (MTUC), auquel est affilié la MALPA, estime que la suspension de Russlan Ramdowar relève de ?l?intimidation?. Cette fédération est d?avis qu?Air Mauritius met trop de pression sur ses pilotes pour ce qui est des heures de travail. Pour des raisons de sécurité, le temps de vol des équipages est limité. Cela affecte essentiellement le long-courrier, le gagne-pain de la compagnie nationale d?aviation.

Tout en admettant que la méthode de calcul du temps de vol par Air Mauritius est calquée sur le modèle britannique, Dennis Dolan, président de l?IFALPA, insiste que ?la compagnie va à l?encontre du règlement en contraignant et intimidant les pilotes à violer les limites du temps de vol?.

Nirvan Veerasamy, directeur général d?Air Mauritius, est, lui, catégorique : ?Notre méthode de calcul adhère strictement aux normes de la CAA. Elle a été soumise et approuvée par le DCA qui est notre régulateur local. Les allégations du syndicat ne sont pas fondées.?

Le rapport de la CAA ne vient toutefois pas mettre un terme au litige opposant Air Mauritius à ses pilotes sur la question du temps de vol. Un tribunal d?arbitrage devrait se réunir cette semaine afin d?examiner le problème.

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