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Flash-back sur les conditions de l?interrogatoire de Maigrot

14 novembre 2005, 20:00

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?Je suis innocent. Je n?ai rien à faire avec la mort de Vanessa Lagesse.? C?est ce qu?a affirmé Bernard Maigrot à l?assistant commissaire de police (ACP) Pregasen Vadamalay, en 2003, dans l?affaire du meurtre de la styliste retrouvée morte dans sa baignoire le 9 mars 2001.

L?ACP Vadamalay est le premier témoin à déposer, hier devant le magistrat Azam Neerooa au tribunal de Mapou, dans le cadre de l?enquête préliminaire. Il dit avoir lu, le 14 avril 2003, l?acte d?accusation contenant les faits reprochés à Bernard Maigrot avant de l?inculper formellement d?avoir tué Vanessa Lagesse. Inculpation qui a eu lieu au bureau du Central CID, en présence de Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, avocat du prévenu.

Bernard Maigrot a nié avant de consigner une déposition en 28 points pour prouver son innocence et expliquer qu?il a été torturé par les hommes du surintendant Prem Raddhoa pour qu?il ?avoue?. ?Les policiers ont usé de procédures barbares et de sévices d?une rare violence pour obtenir des aveux involontaires que j?ai été contraint de signer?, a expliqué Bernard Maigrot.

Déjà le 28 mars 2001, a-t-il dit, pendant son interrogatoire dans les locaux de la Major Crime Investigating Team (MCIT) par les surintendants de police (SP) Gyan Unmar et Bala Kamachi, l?inspecteur Monvoisin et le sergent Nookadu, le surintendant Raddhoa avait fait irruption et avait essayé de l?enlever. Selon Bernard Maigrot, le SP Gyan Unmar a alors ordonné à ce dernier de partir.

Une déposition a été consignée dans le Diary Book du poste de police de Grand-Baie et Me Collendavelloo a écrit au commissaire de police pour dénoncer la manière de faire du surintendant Raddhoa et de ses hommes. Il a ajouté que Maurice et Josiane Tostée, beau-père et mère de Vanessa Lagesse, avaient subi le même traitement.

?Ma femme a essayé de savoir où j?étais, a dit Bernard Maigrot, mais la police a fait la sourde oreille. De plus, en voulant intervenir en ma faveur, Me Patrice de Spéville a été arrêté.?

?Variation order? bientôt débattue

Puis il a été emmené par les hommes du surintendant Raddhoa dans un bâtiment vide avant d?être transféré au bureau du CID de Curepipe sans la possibilité de rencontrer ses hommes de loi. Il a ensuite été conduit à la résidence de Vanessa Lagesse. ?Entouré d?une trentaine de policiers et de deux chiens, j?étais sans défense, pieds nus et je tremblais de froid.? Les policiers, a-t-il dit, l?ont forcé avec violence à montrer des endroits qu?ils ont indiqué eux-mêmes avant de les filmer. Mais, a-t-il ajouté, la police ne lui a pas permis d?identifier les endroits où il avait été torturé et tabassé.

De ce fait, Bernard Maigrot a allégué que la police avait porté atteinte à ses droits constitutionnels et à un procès équitable. Il a fustigé aussi la presse qui ?a publié des faussetés sur lui et sa femme, leur portant ainsi de graves préjudices?. Il a demandé ainsi une ?variation order? afin de pouvoir se rendre en France pour voir sa femme, Isabelle, qui est souffrante. La motion sera débattue le 18 novembre 2005.

Me Yves Hein, un des avocats de Bernard Maigrot, informe le magistrat qu?il se réserve le droit de contre-interroger le témoin ultérieurement. Me Ivan Collendavelloo termine avec l?interrogatoire du Police Prosecutor, l?inspecteur Mumtazally Chamroo.

Les prochaines audiences sont fixées aux 25 et 30 novembre et au 1er et 15 décembre 2005. L?accusation est représentée par Me Prameeta Cheetoo, Senior Counsel, assistée de Me Nirupa Narayen, State Counsel.

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