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Prendre l?air aux balcons de Bary Ravalimananda

13 novembre 2005, 20:00

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C?est une respiration. Accoudé au balcon d?une maison en briques rouges, Bary Ravalimananda regarde la ville étalée sous lui. Ses poumons se remplissent. Sans efforts. L?air est chargé des odeurs de la ville et des gens. L?atmosphère est un brin nostalgique, car un jour, ?ces balcons à l?ancienne vont disparaître. Ils seront remplacés par d?autres matières, dont le fer forgé.?

Pour en emporter le souvenir, le porter jusqu?à nous, Bary Ravalimanda a immortalisé, à l?aquarelle sur papier torchon, sa fascination pour les balcons. L?ambiance est malgache à la galerie du Moulin Cassé, à Grand-Baie. Le peintre y expose 25 tableaux jusqu?à demain. Six d?entre eux sont consacrés à un aspect architectural : les balcons au bois ajouré.

Au matin, Bary s?y chauffe le dos au soleil, quand l?astre braque ses projecteurs sur les couleurs des ruelles d?Antsirabé. À midi, il suit des yeux le taxi brousse déversant sa cargaison humaine Sur la route de Morondova. En été, quand le jacaranda laisse des traces mauves dans le ciel, Bary est là pour tout photographier à coups de pinceaux.

Cet air de la Grande-Île, qui nous change de l?habituel marché aux fleurs, ce n?est pas la première fois qu?il souffle chez nous.

Deux fois déjà, Bary a exposé ses ?uvres en terre mauricienne. L?histoire commence en 1993, quand le peintre est invité à représenter Madagascar à Rodrigues, par l?université des Mascareignes. Au deuxième chapitre : le peintre revient en 1999, au sein d?un collectif.

Que de changements depuis, dans l?existence de Barry. Et dire qu?au départ, il se destinait à la gestion. Il étudie même pour cela. Et puis arrête tout. Dessine la faune et la flore endémique de son île pour le compte de l?université de Madagascar. Tâte de la sculpture du bronze. S?essaye au portrait d?enfants, puis à la peinture sur soie. Désormais, il vit de sa peinture, à Antsirabé où il s?est installé.

C?est le quotidien de cette ville des hauts Plateaux que l?on retrouve chez lui. Les ?dodges? ou carcasses de camions et de voitures abandonnées en pleine nature deviennent des natures mortes étrangement rangées. Toujours, à côté de ces monstres aux yeux éteints et aux ventres défoncés, Bary prend le soin diluer des petites fleurs.

Un brin galant ? ?Pour moi, la fleur, c?est comme une femme? ? et avec de beaux restes du temps où il reproduisait la flore de son pays, le peintre pose de part en part des gerbes de Fuschia et d?Amaryllis, ?fleurs nouvelles qui n?ont fait leur apparition à Madagascar que depuis une dizaine d?années.?

Entre les rues et les murs à angles droits, Bary se plaît à introduire un élément de désordre. L??il projette tout de suite celui qui regarde sa peinture, au coin de la ruelle qu?il peint. Pour l?y retenir : un zeste de mouvement, ?pour qu?on n?aime pas juste les couleurs, mais que l?on apprécie aussi la profondeur. Pour que la personne qui regarde soit à côté des personnages.?

Sa maîtrise de la technique est sûre, comme en témoigne le ciel de ses tableaux. Quand on le décortique, les taches de mauve, de rose et même de jaune qui le compose moulent parfaitement son décor. Normal. Barry commence toujours par teinter le ciel avant toute chose.

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