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L?Australie veut sa part du gâteau

11 novembre 2005, 20:00

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La nuit sera très chaude à Montevideo. Ce soir, l?Uruguay du football a rendez-vous avec son destin. Deux fois championne du monde, en 1930 et en 1938, la Céleste dispute à l?Australie, devenue sa plus farouche rivale depuis, une place au Mondial allemand de 2006. C?est dire que l?enjeu est de taille.

Ce barrage, en deux manches, l?Uruguay avait espéré l?éviter. Mais dans une zone Amsud où ils sont, une fois de plus, tombés sur plus forts qu?eux ? le Brésil, l?Argentine, l?Equateur et le Paraguay notamment ? les Recoba, Forlan, Montero et Zalayeta ont dû se contenter d?une pâle cinquième place. Et, inévitablement, c?est l?Australie, souveraine en Océanie, qui leur a été proposée par la FIFA pour une belle empoignade qui sent le déjà-vu. C?était prévu. Ou presque.

Entre les deux pays, qu?on se le dise, ce n?est pas le grand amour. D?ailleurs, la dernière fois qu?ils s?étaient affrontés, en 2001, à Montevideo, toujours en barrage de Coupe du monde, l?enjeu avait fatalement tué le jeu, les Australiens se plaignant d?avoir été insultés, provoqués et accrochés sur le terrain comme en dehors.

Pour éviter d?être débordés par le fanatisme d?un peuple uruguayen réputé pour son penchant excessif pour le football, les Soccoreros ont choisi, cette fois, de poser leurs valises dans l?Argentine voisine, à River Plate, située à quelques kilomètres de Montevideo. Ils ne traverseront la frontière que quelques heures avant le match, ce qui, de l?avis de leur entraîneur néerlandais Guus Hiddink, leur permettra de se préparer plus sereinement.

Bien plus encore que l?Uruguay, qui a connu par deux fois l?ivresse d?un sacre mondial et qui a participé à dix phases finales de Coupe du monde, l?Australie a une obligation de résultat, elle qui n?a eu, dans le passé, qu?une seule fois l?occasion de faire valoir ses droits et ses qualités sur l?échiquier mondial. C?était en 1974, mais, à l?époque, le football se pratiquait de manière anecdotique au pays des Wallabies.

En 2001, les vert et jaune ont entretenu l?espoir d?une renaissance, ayant remporté, à l?usure, le match aller, 1-0, en terre australienne. Au retour, à Montevideo, dans les conditions dantesques que l?on sait, ils se sont littéralement écroulés, s?inclinant 3-0.

Faim de reconnaissance

L?Uruguay sauva ainsi sa peau, obtenant dans des conditions douteuses son billet pour le mondial asiatique, mais son honneur avait été entaché, sa crédibilité sérieusement compromise.

Pour l?Australie, tout était à recommencer. Pour la quatrième fois de suite, les Soccoreros butaient sur la dernière haie, se voyant ainsi refuser l?accès à une Coupe du monde où ils avaient largement mérité leur place. Avant l?Uruguay en 2001, ils avaient, en effet, échoué face à l?Ecosse en 1985, l?Argentine en 1993 et l?Iran en 1997. Insupportable et indigeste pour un pays qui, ces dernières années, a consenti à faire de gros efforts pour que le soccer rattrape son retard sur le rugby et l?Aussie Football, les deux sports les plus populaires de Perth à Sydney, en passant par Melbourne, Brisbane et Adelaide.

Si l?Australie reste indécemment en file d?attente, c?est aussi un peu la faute à une FIFA bornée et obstinée, qui refuse aujourd?hui encore d?admettre l?Océanie dans le grand concert du football.

Le football australien a beaucoup progressé, c?est un fait. Autrefois, affronter les Soccoreros était la garantie de se refaire un moral, de retrouver ses vertus offensives. Depuis, beaucoup d?eau a coulé sous les ponts. Aujourd?hui, à défaut de présenter un palmarès, l?Australie est considérée comme une force tranquille du football, une sélection capable, sur un match, de battre n?importe qui. Son effectif est d?ailleurs bâti autour de piliers de la Premier League. Le gardien Mark Schwarzer et l?attaquant Mark Viduka font les beaux jours de Middlesbrough. Bret Emerton a souvent, à lui seul, fait gagner Blackburn. Quant à Harry Kewell, il attend son heure pour marquer les esprits à Liverpool.

Les Aussies ont faim. Faim de victoire, de reconnaissance. Et ce soir, dans l?enfer de Montevideo, ils vont se serrer les coudes, jouer le match de leur vie. L?avenir du soccer en dépend. L?Uruguay est prévenu.

LES BARRAGES

Amsud-Océanie Uruguay-Australie Europe Norvège-Rép. tchèque Espagne-Slovaquie Suisse-Turquie

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