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?Charlie et la chocolaterie?
La première version de ce film, réalisée par Mel Stuart en 1971, reste considérée comme un classique, bien qu?elle ait été pratiquement désavouée par l?auteur, Roald Dahl (célébrissime auteur de contes pour enfants ? bien avant Harry Potter). En revanche, celle-ci, très fidèle au roman d?origine a reçu l?approbation de la famille de l?écrivain. Pourtant, Charlie et la Chocolaterie porte, sans équivoque possible, la marque d?un Tim Burton dans sa forme des grands jours.
Certains ont même affirmé que le cinéaste s?est réapproprié le roman, c?est que l?univers de Tim Burton et celui de Roald Dahl peuvent être assez proches, notamment dans leur sens de l?anarchie, leur humour ironique et dans leur cruauté. On a donc l?impression en regardant ce film que le cinéaste a retrouvé cette partie de lui-même, égarée en cours de route et qui faisait la particularité de ses premiers films.
Les retrouvailles se font dans l?allégresse, Tim Burton se laissant aller dès le générique. Alors qu?apparaissent les noms, nous voyons l?intérieur de la chocolaterie, où les tickets d?or sont insérés dans les emballages des chocolats par des mains robotisées qui ressemblent à celles que l?on voit dans les dessins animés. Puis, cassure pour faire connaissance avec le jeune Charlie Bucket (Freddie Highmore) brillant, qui vit pauvrement avec ses parents (Helena Bonahm Carter et Noah Taylor) et ses grands-parents dans une petite maison délabrée dont les murs penchent d?un côté.
La misérable petite maison est en face de la gigantesque chocolaterie qui a comme un aspect gothique (sans compter que Christopher Lee est présent dans ce film), les deux se trouvant dans un panorama urbain tout en grisaille. Et on se dit que c?est l?effet recherché par le cinéaste afin de mieux faire ressortir la chaleur, la générosité et l?optimisme à toute épreuve des Bucket ? magnifiques seconds rôles, surtout le grand père Joe (David Kelly).
La chocolaterie ne manquera pas d?émerveiller avec ses cascades de chocolat, ses rochers en sucre d?orge, ses ruisseaux de caramel sur lesquels navigue une barque en sucre, etc. C?est l?univers de Roald Dahl mais l?imagination de Tim Burton y a trouvé un terrain à sa mesure. Celle-ci part donc au grand galop, effets numériques (jamais une fin en eux-mêmes, dans ce film) aidant.
C?est ainsi qu?en plus d?incroyables décors signés Alex McDowell, nous faisons la connaissance de la tribu des ?Umpas-Lumpas?. Tous sont interprétés par un seul acteur, Deep Roy, même dans leurs chorégraphies ?spontanées? dignes des comédies musicales hollywoodiennes et avec des chansons évoquant par moments le groupe Queen au temps de sa splendeur.
Toutefois, ce conte peut aussi se montrer cruel envers ses personnages les plus odieux. La chocolaterie réserve de graves désagréments aux jeunes gloutons, aux arrogantes, aux goujats, etc. L?endroit a un côté inquiétant, tout comme le maître des lieux, Willy Wonka lui-même. Généralement étonnant, Johnny Depp se surpasse dans ce rôle pour lequel il n?est pas impossible que le scénariste John August se soit inspiré du cas Michael Jackson.
Tout cela aurait dû faire fuir les enfants et leurs parents, mais il n?en sera rien. Les premiers s?apercevront assez vite qu?il s?agit d?un conte moral destiné à leur édification, les seconds verront qu?il y a certaines réflexions qui leurs sont destinées ; comme par exemple cette idée que charmants ou abominables, les enfants sont avant tout le reflet de leurs parents.
Finalement, ce film est une confiserie fine aux saveurs aussi riches que variées que l?on recommandera à tous, surtout à ceux et celles qui suivent un régime.
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