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Expulsions des étrangers condamnés pour violences urbaines

10 novembre 2005, 20:00

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Cent vingt étrangers, pas tous en situation irrégulière, ont été condamnés à ce titre, a précisé le ministre de l?Intérieur, Nicholas Sarkozy, lors des questions d?actualité à l?Assemblée nationale. ?J?ai demandé aux préfets que les étrangers, qui sont en situation régulière ou irrégulière, qui ont fait l?objet d?une condamnation, soient expulsés sans délai de notre territoire, y compris ceux qui ont un titre de séjour?, a-t-il poursuivi.

?Quand on a l?honneur d?avoir un titre de séjour, le moins que l?on puisse dire c?est que l?on n?a pas à se faire arrêter en train de provoquer des violences urbaines?, a ajouté le ministre. Près d?une trentaine d?associations et de partis politiques ont dénoncé mercredi la décision du ministre de l?Intérieur d?expulser les étrangers condamnés pour avoir participé aux violences urbaines.

?Au-delà de l?inégalité manifeste de cette démarche, Sarkozy continue à s?en prendre aux étrangers et à en faire des boucs émissaires. Il avoue que, loin d?être abolie, la double peine est toujours d?actualité?, peut-on lire dans un communiqué commun signé par ces partis et associations, dont Attac, la CGT, Droit au logement, le Parti communiste, l?Unef, le Syndicat de la magistrature et les Verts.

?Sous couvert de l?état d?urgence, le ministre de l?Intérieur poursuit sa politique de provocation?, ajoutent les signataires dans ce message intitulé ?Sarkozy et le gouvernement sont dangereux pour les libertés de tous?. Dans un communiqué distinct, le Parti communiste appelle ?l?ensemble des forces démocratiques à résister à cette dérive autoritaire qui met en péril le pacte républicain, fondement de notre démocratie?.

Maintenir leurs actions

Se félicitant par ailleurs d?un bilan ?remarquable? des groupes d?intervention régionaux (GIR), créés il y a trois ans pour lutter notamment contre l?économie souterraine, Nicolas Sarkozy a promis de maintenir leurs actions dans les banlieues sensibles et a annoncé la création d?une ?plate-forme d?identification des avoirs criminels?. Depuis trois ans, quelque 288 fonctionnaires et militaires des GIR ont conduit 1 600 enquêtes qui ont permis l?interpellation de 12 000 personnes avec 3 205 mises sous dépôts, a dit le ministre.

?Que personne ne se trompe, l?action de sécurité dans nos quartiers n?est pas seulement une action qui est liée aux violences urbaines. C?est une action déterminée qui s?installera le temps qu?il faut pour que les habitants des quartiers et des banlieues aient le droit à la même sécurité que tous les autres Français?, a lancé Nicolas Sarkozy.

Les GIR ont permis, a-t-il dit, la saisie de 27 millions d?euros, de 1 500 armes, de cinq tonnes de cannabis, de 100 kg de cocaïne, de 1 300 véhicules achetés avec l?argent de la drogue et des trafics. ?Ces affaires ne seraient pas sorties s?il n?y avait pas eu les GIR qui ne sont pas un service de police judiciaire comme les autres?, a souligné le ministre.

Il a ajouté que 60 enquêtes étaient en cours ?aujourd?hui même? dans un certain nombre de quartiers ?pour démanteler? l?économie souterraine. ?Neuf viennent d?aboutir avec 18 interpellations. Dans les heures qui viennent, plusieurs dizaines d?autres vont sortir avec des interpellations.?

Une information judiciaire a été ouverte mardi après l?arrestation de trois personnes soupçonnées d?avoir appelé à l?émeute sur des ?blogs? internet, apprend-on de source judiciaire. Deux des trois suspects, un Français et un Ghanéen âgés respectivement de 16 et 18 ans, ont été présentés à un juge d?instruction en vue de leur mise en examen pour ?provocation à une dégradation volontaire dangereuse pour les personnes par le biais d?internet?.

Le parquet a requis leur placement en détention provisoire, point sur lequel un juge des libertés devait se prononcer dans la soirée de mardi. Ils avaient été arrêtés lundi à Noisy-le-Sec et Bondy (Seine-Saint-Denis). Ce serait la première information judiciaire à Paris sur le fondement de ce délit inclus dans les textes régissant la presse, qui est passible de cinq ans de prison. Le troisième suspect, âgé de 14 ans, interpellé à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a été remis en liberté à l?issue de sa garde à vue, sans poursuites dans l?immédiat, en raison d?un problème de procédure.

Les trois jeunes sont soupçonnés d?avoir lancé des appels à l?émeute et des menaces contre la police sur des ?blogs?, sites internet personnels hébergés sur le site de la radio Skyrock. Ces blogs, intitulés ?Nique la France? et ?Nique l?Etat? ou encore ?Sarkodead? et ?Hardcore?, incitaient à participer aux violences dans les banlieues et à s?en prendre aux policiers.

Ils ont été désactivés par Skyrock le week-end dernier. ?Unissez-vous, faites cramer les keufs?, lisait-on sur l?un d?entre eux. Une enquête a été jugée nécessaire pour déterminer les éventuelles attaches des suspects et savoir si leur démarche procède ou non d?une entreprise organisée de propagation des émeutes.

QUARTIERS SENSIBLES

Des associations des banlieues appellent à l?arrêt des violences

■ Un collectif d?associations des banlieues, dont le PM Dominique de Villepin a reçu une vingtaine de représentants, a demandé l?arrêt des violences urbaines dans les quartiers sensibles. Sous le titre ?Halte à la violence?, le collectif ?Banlieues Respects?, qui revendique l?adhésion de 155 associations, a lancé un appel à ?toute la population française? à participer, mouchoir blanc à la main, à une ?marche pour la paix? sur les Champs Elysées. ?C?est appel à l?apaisement et à la fin des violences, surtout pour faire comprendre aux jeunes que s?ils n?arrêtent pas immédiatement, ça sera cautionner ceux qui souhaitent avoir une action extrêmement répressive dans les quartiers?, a déclaré Hassan Ben M?Barek, porte-parole du collectif, après plus d?une heure de réunion avec Dominique de Villepin.

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