Publicité
Une trentaine de projets Tic bloquée par la bureaucratie
Par
Partager cet article
Une trentaine de projets Tic bloquée par la bureaucratie
Fait contradictoire. Alors que le gouvernement est à la recherche d?investisseurs pour ériger les Technologies de l?information et de la communication (Tic) en 5e pilier de l?économie, 67 projets n?ont pu démarrer jusqu?ici. Ils ont pourtant déjà eu l?approbation du Board of Investment (BOI).
Parmi ceux-ci, 24 ont été approuvés entre juin et septembre. Ces 67 projets représenteraient 1 852 emplois potentiels et un investissement de Rs 1,6 milliard, alors que le secteur a connu un investissement réel de Rs 726,5 millions ces cinq dernières années.
Un rapport officiel du BOI datant d?octobre et consacré au secteur de l?externalisation (BPO) et aux services basés sur l?informatique, explique les raisons de la mise en attente de ces projets. ?Cela est principalement dû aux obstacles administratifs rencontrés par la plupart des compagnies !? La bureaucratie, au sens large du terme, oblige trop souvent les investisseurs à s?armer de patience pour pouvoir démarrer leurs opérations mauriciennes.
Les problèmes rencontrés par ces entreprises sont divers. L?exemple cité dans le rapport est lié à la mise en place de leur compagnie à Maurice, qui exige toujours de multiples démarches. L?obtention de permis et le dédouanement d?équipements sont d?autres facteurs dépendants de la lenteur bureaucratique.
Le rapport affirme que dans 43 % des cas, la raison pour laquelle ces investisseurs ne sont pas encore opérationnels est directement liée à l?aspect administratif. Mais attention, toutes les causes des retards ne sont pas imputables uniquement à la bureaucratie.
Dans 36 % des cas, le BOI n?a pu mettre la main sur des compagnies intéressées à s?implanter au départ ou n?a plus eu de réaction de leur part malgré les prises de contact.
Contraintes administratives
Pour le reste, le démarrage des activités n?est pas encore devenu réalité car le lieu propice pour abriter la compagnie n?a pas encore été trouvé (dans 12 % des cas) ou les ressources humaines n?ont pas encore été obtenues (9 %).
Malgré cela, l?on peut encore dire que le soleil rayonne toujours sur ce secteur. Aujourd?hui, la famille du BPO et des services basés sur l?informatique est toujours en expansion. ?Depuis 2004, l?industrie a crû significativement et a continué à montrer une croissance positive durant la période de juin à septembre 2005?, constate le BOI.
De 85 entreprises opérationnelles en mai, le chiffre est monté à 90 en septembre. Cela représente une croissance de 6 %. Au niveau de l?emploi, 3 801 personnes travaillaient dans le secteur en septembre contre 3 525 en mai. La barre psychologique des 4 000 emplois n?est plus très loin. Il suffit que quelques-uns des projets en suspens se concrétisent pour qu?elle soit atteinte.
Une autre indication encourageante pour le développement futur de ce secteur a trait au type d?opérations déjà en place. Contrairement aux idées reçues, il ne se construit pas autour des centres d?appels, considérés comme le bas de gamme des services liés à l?informatique. ?Le segment BPO reste le plus large, avec 48 % des parts de l?industrie?, contre 23 % occupées par les centres d?appels.
Les centres d?appels, créateurs d?emplois
Les compagnies multimédia et de développement de logiciels représentent respectivement 10 % et 18 % des activités du secteur. En fait, huit projets sur dix approuvés entre mai et septembre ont trait au développement de logiciels et au BPO. En ce qui concerne ce dernier, c?est principalement l?externalisation dans la filière comptable et financière qui a le vent en poupe.
Les 21 centres d?appels du pays demeurent cependant les plus grands générateurs d?emplois. Ils engloutissent plus de la moitié des postes dans le secteur : plus d?un employé sur deux est télé opérateur. Alors qu?une compagnie BPO compte grosso modo 31 employés, un centre d?appels emploie 99 personnes en moyenne.
Reste à connaître les raisons qui poussent les compagnies étrangères à vouloir se dorer sous les cocotiers mauriciens. Un des atouts qu?offre Maurice pour les Tic est le faible coût de la main-d?oeuvre qualifiée. Cela est même identifié par les rédacteurs du rapport comme l?un des principaux avantages compétitifs du pays. Cependant, plusieurs segments trouvent assez difficilement les professionnels nécessaires. Le développement de logiciels et le multimédia demandent une certaine expertise technique qui est en grande demande.
?L?insuffisance en main-d?oeuvre qualifiée est un problème qui peut être mesuré par l?écart croissant entre l?emploi proposé et actuel?, indique le rapport. En effet, alors que 4 129 emplois sont proposés, 3 801 de ces postes sont remplis. Plus que jamais, la formation doit demeurer une des priorités du gouvernement s?il veut fortifier ce 5e pilier en devenir.
Publicité
Publicité
Les plus récents