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L’Onu recommande aux USA de rembourser l’Irak

6 novembre 2005, 20:00

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Un conseil de surveillance des Nations unies a recommandé samedi que les Etats-Unis remboursent à l’Irak 208 millions de dollars de factures apparemment abusives payées à une filiale de Halliburton Co.

Le Conseil international de surveillance pour le développement de l’Irak a mené un audit sur la fourniture de produits pétroliers et le rétablissement des infrastructures pétrolières de l’Irak par Kellog, Brown and Root, filiale de Halliburton.

Il a contesté des factures d’un montant de 208 millions de dollars, sur lesquelles des auditeurs militaires avaient déjà émis des doutes.

Dans une déclaration publiée samedi sur son site Internet, le Conseil “recommande que les montants payés aux entreprises et dont le bien-fondé ne peut être prouvé soient promptement remboursés”.

Cathy Mann, porte-parole de Halliburton, a fait valoir que l’audit mettait en doute la qualité des documents fournis à l’appui de la facture, pas la facture proprement dite.

“Il serait dès lors totalement faux de dire ou d’insinuer qu’un quelconque de ces coûts encourus par le client sont abusifs”, a-t-elle dit.

Le Conseil de surveillance est habilité à formuler des recommandations mais elles n’ont pas force contraignante.

Le compte pétrolier irakien, appelé Fonds de développement pour l’Irak, a été, tout comme le Conseil de surveillance, instauré par le Conseil de sécurité des Nations unies pour superviser la gestion des ressources naturelles de l’Irak sous le régime d’administration civile du pays par les Etats-Unis.

Le Conseil de surveillance a été prorogé après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement provisoire irakien, le 29 juin 2004.

En mai, le Conseil a noté avec regret que des auditeurs du Pentagone avaient tenté de lui dissimuler plus de 200 millions de dollars de factures apparemment abusives concernant des contrats payés avec l’argent du pétrole irakien et attribué sans appel d’offres à Halliburton, une entreprise dont le vice-président Dick Cheney a autrefois été P.-D.G.

Les auditeurs du Pentagone ont remis au Conseil des documents fortement remaniés en expliquant qu’ils avaient supprimé des passages pour protéger des secrets commerciaux. La divulgation ultérieure d’une version non remaniée a montré que les suppressions avaient été opérées pour dissimuler des factures contestables.

Dans sa récente déclaration, le Conseil de surveillance dit que “le processus de justification de ces dépenses se poursuit”.

John POIRIER

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